Cet été, les éditions Le Lombard ont expérimenté une offre d’abonnement à leur catalogue BD numérisées. Compte tenu de mes prises de position en faveur du modèle de l’abonnement, on aurait pu s’attendre à ce que je saute de joie. Il n’en est rien : je réprouve l’idée que le bouquet proposé à l’abonnement soit composé par un éditeur. Personne ne versera 7€ chaque mois pour accéder au catalogue de chaque éditeur comme l’esquisse l’expérience menée par Le Lombard. Chacun son métier : la distribution ou l’accès sont le rôle des libraires et des bibliothécaires.

Ma chaine du livre idéale

  1. Découvrir des histoires confortablement chez soi.
  2. Rencontrer les auteurs et les oeuvres chez son libraire.
  3. Acheter des livres pour sa collection ou pour les offrir.

Par acquis de conscience, rappelons que proposer un abonnement à la totalité du catalogue numérique de tous les éditeurs pourrait se révéler tout à fait viable.

  • C’est le meilleur moyen de couper l’herbe sous le pied du piratage.
  • Personne ne peut lire plus d’un certain nombre de BD dans un temps imparti.
  • Plus on découvre de BD et plus on est porté à acheter des livres pour les collectionner, les partager ou les offrir.
  • Même si on n’achète pas toute l’année, on assure un afflux financier fixe pour la bande dessinée.

Mais je conçois qu’on puisse juger plus rassurant de restreindre l’abonnement à un nombre limité de bandes dessinées. Ce devrait être l’occasion de renforcer des acteurs aujourd’hui fragilisés dans la chaîne du livre : les libraires et les bibliothécaires. Pourquoi ne pas permettre aux libraires et bibliothécaires de composer leurs propres bouquets de bandes dessinées numériques et de les proposer sous forme d’abonnement à leurs clients ou leurs abonnés ? Je n’y vois que des avantages :

  • Conforter le rôle de prescripteur des libraires et des bibliothécaires.
  • Les intégrer à l’inévitable révolution numérique.
  • Offrir au lecteur la liberté de choisir son interlocuteur.

J’ai grand mal à prendre le temps de consulter un libraire. Je ne parviens pas non plus à lui accorder une confiance aveugle pour choisir des livres. En revanche, je rêverais de pouvoir consulter librement des bandes dessinées sélectionnées avec soin par un bon libraire. J’aurais ensuite grand plaisir à les acheter chez lui. Si ce libraire est en plus accessible physiquement, il pourrait m’offrir des occasions supplémentaires de me déplacer en adossant sa sélection numérique à des rencontres, des séances de dédicaces ou des expos dans ses locaux.

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