Marre de la TV

Expert en BD en ligne, webcomics et contenus narratifs ; formé aux arts plastiques et aux contenus web ; webmaster à temps plein, webdesigner à temps perdu ; passionné de jeux de société et de films en tous genres ; j'ai mieux à faire que de regarder la télévision, et vous ?

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Jeudi 22 juillet 2010

The Carrier, feuilleton BD numérique en temps réel et différé

The CarrierJ'ai totalement oublié de chroniquer ici une BD découverte sur iPhone en mars dernier : The Carrier, par Evan Young. Le scénario d'espionnage ne fait pas dans la dentelle, en mixant allègrement terrorisme et pandémie, sur fond de conspiration. Comble du poncif : le personnage principal est amnésique. L'ensemble est servi par des dessins de style "comics" qui manquent cruellement de personnalité... Sauf que cette BD numérique pour iPhone offre 10 jours de lecture en temps réel à partir de l'instant où l'on décide d'entamer (ou de recommencer) sa lecture. Une version iPad est également disponible.

Voilà une expérience encore inédite. Il m'est arrivé de recevoir sur mon téléphone jusqu'à 10 notifications dans la même journée. Chaque notification invite à découvrir ce qui vient de se passer à l'instant même dans le récit, à travers un court épisode de quelques vignettes. En plus de ces notifications, j'ai reçu des emails fictifs avec des coupures de journaux, des bulletins météo, des articles de blog ou de fausses publicités plus ou moins liés aux événements.

On parle beaucoup du feuilleton comme de la voie à suivre pour la BD en ligne. On a en tête des récits au long cours, qu'il faudra bien souvent prendre en route et qui n'auront pas de fin de sitôt. The Carrier propose une alternative : le feuilleton individuel. Une fois l'histoire achevée, il est possible de la réinitialiser pour revivre l'expérience. Par l'immersion que son dispositif suscite, The Carrier n'est pas sans rappeler l'expérience du jeu In Memoriam d'Eric Viennot, tout en restant dans le champ de la bande dessinée.

Plutôt que de chercher à épater le lecteur par des effets interactifs, visuels ou sonores, cette BD numérique s'inscrit humblement dans les usages naturels de son support. Le lecteur a toujours son téléphone mobile à portée de main, il est devenu familier des notifications en "push" de ses amis (par SMS) ou de ses applications, il se sert massivement de son smartphone pour consulter sa messagerie électronique (bien souvent pour suivre l'actualité). Chacun de ces usages devient un Rabbit Hole[1] pour pénétrer dans la BD. C'est une illustration concrète de la posture que je défendais face à une conception de la BD numérique qui place l'interactivité au premier plan au lieu de la rendre invisible.

Notes

[1] Cette expression vient d'Alice au pays des merveilles, où le terrier du lapin constitue un portail vers le pays des merveilles. Les jeux en réalité alternée (ARG) parlent de Rabbit Hole pour qualifier les indices qui permettent d'entrer dans le jeu depuis le monde réel.

Samedi 19 juin 2010

Compte rendu personnel de retour des états généraux de la BD à Lyon

J'étais invité à intervenir aux états généraux de la bande dessinée le 18 juin à Lyon. Un compte rendu officiel sera sans doute publié prochainement. En attendant, voici ce que j'ai retenu des échanges, depuis la tribune des intervenants aux côtés de :

  • Yannick Lejeune, organisateur du Festiblog et éditeur chez Delcourt
  • Grégoire Seguin libraire à Tours et éditeur chez Delcourt
  • Emmanuel de Rengervé, juriste du SNAC
  • Sylvain Ricard, scénariste et membre du comité de pilotage du GABD

Je suis heureux d'avoir pu échanger avec quelques auteurs du public à l'occasion du déjeuner, notamment Jean Dytar (auteur de « Le Sourire des marionnettes ») et Nicolas Bannister, ancien graphonaute de l'Académie Delta (Diablotus).

Rappelons la thématique de cette rencontre : la futurologie. Il s'agissait d'envisager l'avenir de la BD dans 5 ans, lorsque le papier aura définitivement disparu et que les auteurs n'auront plus besoin d'éditeurs... Ou pas ?

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Lundi 14 juin 2010

Izneo affiche des résultats modestes après deux mois d'existence

Dans un article de La Tribune de Genève, Amélie Retorré, directrice du développement d'Izneo révèle ces chiffres : « 1000 inscrits et 25000 visites en deux mois d’existence ». Il y a fort à parier qu'une faible part des inscrits a franchi le pas de la location d'un album de BD numérique, puisque l'inscription est imposée pour accéder aux offres d'essai gratuites. Pas étonnant que certains éditeurs se plaignent du fait que la BD numérique coûte beaucoup et ne rapporte rien. Pourtant avec des moyens modestes, d'autres obtiennent des résultats encourageants.

La BD amateur gratuite attire plus que la BD pro au détail

Avec sensiblement le même nombre de récits hébergés (plus de 900), Webcomics.fr reçoit plus de 100 000 visites en deux mois. Un chiffre quatre fois supérieur à celui d'Izneo dont l'existence a pourtant été abondamment médiatisée. Rappelons qu'Izneo, c'est "un projet de plusieurs centaines de milliers d'euros porté par trois groupes d'édition"... A raison de 1000 euros par an et beaucoup de temps libre, un portail d'hébergement de bande dessinée en ligne amateur fait donc quatre fois mieux qu'un portail de distribution de BD professionnelle numérisée aux moyens 100 fois supérieurs (au moins).

Je concède qu'Izneo n'a que quelques mois d'ancienneté. Le portail a cependant déjà reçu plus de couverture médiatique que Webcomics.fr n'en a reçu en 3 ans et demi d'existence. Or, après une ouverture plutôt confidentielle en février 2007, Webcomics.fr ne s'est effectivement fait connaître qu'en septembre 2007 à l'occasion du Festiblog. A cette date, nous n'hébergions qu'une soixantaine de récits et moins de 1000 planches. Nous avons pourtant reçu 30 000 visites entre septembre et octobre 2007 !

La BD numérique de création attire plus que la BD numérisée

Autre point de comparaison : le feuilleton "Les Autres Gens" a attiré 5000 inscriptions le premier mois. Le deuxième mois, 750 personnes s'étaient abonnées (15%). Avec de la BD numérique originale, de jeunes auteurs professionnels peuvent donc attirer cinq fois plus de lecteurs qu'un catalogue de plusieurs centaines d'albums numérisés.

Deux voies inexplorées : la bibliothèque en ligne et la création originale

L'offre en matière de BD numérisée n'est pas attractive. Elle souffre du manque d'ouverture et de diversité. Comme pour la vidéo en ligne, on tend vers une offre fragmentée entre quelques plateformes ; une offre qui ignore le modèle de l'abonnement. Le public ne peut donc pas choisir où ni comment accéder aux oeuvres. Le lecteur est obligé de s'orienter vers la plateforme qui détient les droits sur l'album désiré. Il est ensuite obligé de l'acheter ou de le louer dans les conditions prévues par ce portail.

L'offre en matière de création professionnelle originale est indigente. Le genre du soap que représente "Les Autres Gens" ne peut à lui seul attirer tout le lectorat potentiel de la BD numérique. Il existe de très larges marges de manoeuvre pour développer une offre de BD en ligne de création. De plus, c'est la seule manière de créer un cercle vertueux dans lequel le lectorat attirera le lectorat. Il est fort probable que "Les Autres Gens" ne puisse subsister seul, sans qu'un véritable écosystème n'émerge pour légitimer la lecture de bande dessinée en ligne parmi les autres pratiques culturelles numériques. Là aussi l'abonnement à des bouquets de feuilletons permettrait d'attirer plus de lecteurs que chaque récit pris isolément.

Vendredi 4 juin 2010

Les revendications du SNAC-BD centrées sur le montant des droits d'auteurs

Dans un article intitulé "Face aux éditeurs, quels sont nos arguments ?", le SNAC BD invite ses sympathisants et ses adhérents à centrer leurs revendications autour d'une seule et unique question : celle du montant des droits d'auteurs dans l'exploitation numérique de leurs oeuvres. Les initiatives actuelles des éditeurs (Iznéo en tête) prennent la BD numérique par le petit bout de la lorgnette. Mais est-ce une raison pour que les auteurs adoptent la même démarche ? Après l'appel à la concertation (Cf l'Appel du numérique), le SNAC-BD installe son action dans le conflit et place les auteurs "face" aux éditeurs dans des négociations réductrices au regard des enjeux initiaux.

Comme je l'ai déjà soulevé, l'enjeu consiste à donner une place à la bande dessinée dans les loisirs numériques. Pour y parvenir, la seule voie pour auteurs et éditeurs consiste à travailler main dans la main dans l'intérêt des lecteurs. Dans cette perspective, l'appel à la concertation était salutaire, tant les propositions actuelles des éditeurs sont décevantes.

Aujourd'hui les discussions sont ouvertes et des rencontres sont organisées. Mais le ton que prennent les échanges s'éloigne de celui de la concertation : on parle maintenant de "négociation" et de "revendications". Certes, c'est le jeu de l'action syndicale. Mais est-ce la meilleure manière de défendre les intérêts des auteurs ?

On l'a vu, les éditeurs ont du pain sur la planche pour rétablir la confiance avec les auteurs. On ne s'improvise pas éditeur numérique sans de sérieuses remises en question : les déboires des industries musicales ou de la presse l'ont démontré. Mais les auteurs ont aussi leur part du chemin à franchir.

Le SNAC-BD s'appuie sur l'hypothèse d'un glissement complet du papier vers le numérique dans le cadre duquel les ventes pourraient ne pas augmenter tandis que le prix de vente aurait été "cassé" et le montant des droits d'auteur avec. Pour qu'une telle hypothèse se réalise, il faudrait :

  1. que le lecteur BD se mette à n'acheter que des fichiers numériques plutôt que des livres dans les conditions de commercialisation actuelles de la BD numérique ;
  2. qu'il réduise drastiquement son budget BD plutôt que d'en profiter pour augmenter le nombre de ses lectures.

Si l'on ne peut rien garantir, on peut douter qu'une telle hypothèse se réalise un jour.

Plutôt que de s'adonner aux suppositions, il m'apparaîtrait plus constructif d'exiger :

  1. la formulation concertée d'offres commerciales attractives pour le lectorat numérique ;
  2. la remise à plat de l'investissement de chacun dans le cadre de ces offres et la répartition des bénéfices escomptés.

Mercredi 26 mai 2010

Rendez-vous aux Etats Généraux de la BD

Etats Généraux de la BD.J'ai été invité par L'épicerie séquentielle (association d'auteurs de BD de Lyon) à intervenir aux Etats Généraux de la bande dessinée qui ouvrent le festival de BD de Lyon le 18 juin prochain. Comme le disent si bien les organisateurs : en compagnie de spécialistes, d’experts et de sommités de toutes sortes, nous allons tenter de nous faire une image la plus précise possible de ce qui pourrait se passer dans les cinq ans à venir…

Pour en savoir plus sur cette journée et pour m'y retrouver, téléchargez vite le programme !

Dimanche 23 mai 2010

Web-only comics : Jeneverito, l'explorateur graphique

La Nuit du Hibou, par Jeneverito.J'ai proposé un petit challenge aux auteurs curieux de tâter de la BD numérique :

Raconter une histoire graphique avec pour seuls outils votre navigateur web et une connexion Internet.

Il n'a pas fallu longtemps à Jeneverito pour réagir : 2 jours après, il publiait La Nuit du Hibou.

Ses outils ?

Rien de révolutionnaire dans le choix de l'outil de publication : Jeneverito opte pour un hébergeur dédié à la BD en ligne. On attendra donc d'autres propositions pour découvrir ce que des auteurs de BD peuvent faire avec des services qui ne sont pas directement dédiés à la bande dessinée.

En revanche, le graphisme ne laisse pas indifférent. Jeneverito s'approprie un outil des plus rudimentaires : Google Docs est plutôt destiné à produire des schémas. Ceux qui connaissent le travail de ce dessinateur Argentin ne seront pas surpris du résultat. L'expérimentation graphique ça le connait, même s'il confesse humblement ;

le graphisme c'est une conséquence des outils : les lignes qui n'acceptent pas de modulation, de couleurs limitées et aussi mon ignorance du logiciel, de fait, c'est la première fois où je l'a utilisé.

Connaissez-vous d'autres outils qui pourraient servir à produire des images directement dans le navigateur web ?

Vendredi 21 mai 2010

Comment rétablir la confiance entre auteurs et éditeurs de BD ?

Dans le troisième volet de son dossier consacré à la situation de la BD numérique en France, ActuaBD décrypte les questions qui animent les auteurs signataires de l'appel du numérique. Ce qui transparait sans jamais être nommé, c'est la perte de confiance des auteurs de bande dessinée envers leurs éditeurs. En filigrane se pose la question de la compétence des éditeurs de BD en matière de supports numériques.

Didier Pasamonik pose l'axiome selon lequel un éditeur est garant de la cohérence dans l'exploitation de l'oeuvre. Tout le reste s'appuie sur cet axiome : de l'acceptation de cessions de droit 70 ans après la mort de l'auteur jusqu'à l'extravagance des exigences du SNAC en termes de rémunération sur l'exploitation numérique. Or, si le SNAC exige avant tout une concertation entre auteurs et éditeurs, c'est parce que les auteurs n'ont plus confiance dans la capacité des éditeurs à exploiter l'oeuvre de manière cohérente sur le support numérique. Pour reprendre les mots de Didier Pasamonik : on les comprends.

Comme lui, on peut déplorer ballet de juristes et autres experts venus faire la roue et l’étalage de leurs compétences supposées, en l'absence des éditeurs, lors de la journée professionnelle qui a eu lieu à la Cité des Sciences en novembre dernier. Comment les auteurs peuvent-ils garder confiance en leurs éditeurs lorsqu'ils abandonnent le terrain à de nouveaux acteurs ? Comment ne pas en déduire que les éditeurs n'ont pas les compétences pour exploiter les oeuvres de manière cohérente sur le support numérique ?

La seule manière de rétablir la confiance et de sortir de l'ornière consiste pour les éditeurs à s'associer les compétences qui leur font défaut. Il ne s'agit pas seulement de savoir accompagner les auteurs dans leurs projets numériques, ou de repenser les contrats de cession de droits. Il s'agit d'élaborer des modèles économiques convaincants. Les auteurs ont toutes les raisons d'être inquiets lorsque la principale offre commerciale en matière de BD numérique tourne en rond autour du modèle de la vente au détail de produit virtuel. Les Autres Gens est l'initiative professionnelle la plus probante en matière de BD numérique française, avec 5000 abonnés gratuits en 1 mois seulement dont 15% d'abonnés payants le mois suivant. On doit cette initiative à des auteurs...

Dimanche 9 mai 2010

Devenir auteur de BD numérique : par où commencer ?

Une bulle de BD en forme de nuage.Il y aura toujours des indécrottables pour penser que c'est au numérique de s'adapter au langage de la bande dessinée... Mais pour tous ceux qui savent qu'on ne découvre pas de nouveaux territoires sans s'intéresser aux langues et aux cultures qui y ont cours, je propose un petit challenge :

Raconter une histoire graphique avec pour seuls outils votre navigateur web et une connexion Internet.

C'est un exercice que vous pouvez pratiquer seul ou à plusieurs. Il est accessible à tous : néophytes ou confirmés. Quel que soit votre degré de maîtrise des outils numériques, cette exercice vous apprendra toujours quelque chose. Si vous tentez l'expérience, je suis prêt à vous accompagner. En tous les cas, je m'efforcerai de recenser le résultat de vos expériences, qui pourront peut-être en inspirer d'autres...

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Jeudi 15 avril 2010

manga + vidéo + son + feuilleton + iPhone + web-documentaires = Séoul District

Séoul DistrictAve!comics et Telfrance lancent aujourd'hui Séoul District. Bodoi présentait le projet comme un hybride entre film et BD numérique. Au départ le scénariste Hervé Martin Delpierre comptait simplement réaliser un documentaire sur la réalisation de la BD par son dessinateur Park Hong Jin (à voir ce soir sur Arte). Au final, il a tourné en vidéo certaines scènes de la fiction. Les séquences filmées font partie intégrante de la BD numérique finale. J'ai pu découvrir le premier épisode. Verdict : de bonnes idées, quelques maladresses et finalement rien de vraiment révolutionnaire. A vouloir trop en faire, Séoul district déçoit.

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Lundi 5 avril 2010

Conflit et perspectives pour la BD numérique

L'appel du numérique a dépassé les 1000 signataires. Forts de cette mobilisation, les représentants du groupe des auteurs de bande dessinée" du SNAC (syndicat national des auteurs compositeurs) ont rencontré le PDG de Média Participations. Le compte-rendu de cette rencontre avec Claude de Saint Vincent a été mis en ligne hier. La voie de la concertation entre auteurs et éditeurs de BD est loin d'être acquise. Ce conflit me semble révélateur de plusieurs éléments importants pour l'avenir :

  • le GABD-SNAC a réussi à mobiliser une profession très individualiste, il se positionne comme un interlocuteur incontournable ;
  • la bande dessinée numérique a généré des attentes de plus en plus fortes ces derniers mois, il faudra surmonter des désillusions tout aussi fortes avant de bâtir un marché durable ;
  • Média Participation mise sur une maîtrise de toute la chaine de production numérique, malgré l'existence de sous-traitants potentiels ;

De manière générale, auteurs et éditeurs méconnaissent le support numérique. Les désillusions à venir n'en seront que plus fortes. Les leçons de ces désillusions seront d'autant plus cruciales. Le conflit actuel entre auteurs et éditeurs ne doit pas masquer un enjeu bien plus large : la place de la bande dessinée et de l'image dessinée dans les loisirs numériques.

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Mardi 23 mars 2010

La bande dessinée en ligne se tourne enfin vers l'abonnement... ou pas

_04/05/2010 à 18h30 :__ l'abonnement est toujours aux abonnés absent sur Iznéo, tandis que l'achat définitif des albums est proposé au tarif de 4.99€.

26/03/2010 à 07h30 : le portail Iznéo a ouvert ses portes hier soir sans formule d'abonnement mensuelle. La location à 1,99€ ne couvre que 10 jours au lieu des 30 annoncés initialement. La vidéo qui présentait ces offres n'est plus visible publiquement, elle était sans doute réservée à des journalistes ou des partenaires pour l'avant-première. Pendant ce temps l'appel du numérique réunit plus de 800 signatures.

Les conditions générales de vente d'Izneo indiquent que l'abonnement sera disponible dans une future version du site. Il offrira l'accès à l'ensemble des BD du catalogue dans la limite de 5 lectures par BD, depuis 3 adresses IP au maximum. Le tarif reste inconnu à l'heure actuelle.

Depuis plusieurs mois, face au développement des offres de vente de bandes dessinées numérisées, j'ai fermement défendu le modèle de l'abonnement. Du projet d'auteurs Les Autres gens au portail d'éditeurs Iznéo (ouverture le 26 mars), la BD numérique semble enfin prendre cette voie.

A l'image des clients de Magnatune dans le domaine musical, il y a fort à parier que les lecteurs de BD préfèrent souscrire un abonnement à un large catalogue numérique qu'acquérir des fichiers à l'unité. C'est une démarche d'autant plus pertinente que la bande dessinée peut compter sur son lectorat numérique pour ajouter à sa collection les livres découverts en version numérique... Lorsque les lecteurs ne décident pas tout simplement d'offrir ces livres. Les trois-quarts des ventes de BD sont destinées à être offertes apprend-on dans un article des Echos du 27 janvier 2010 intitulé Média-Participations : missel et BD numérique.

Voilà sans doute pourquoi le groupe Media Participation mise sur le streaming et l'abonnement. Le premier groupe européen en matière de bande dessinée a décidé d'exploiter lui-même son catalogue sur support numérique à travers le portail Iznéo. La formule médiatisée jusqu'à présent reposait sur l'accès en streaming durant 30 jours à un album pour 1.99€. Moins onéreuse que l'offre de Digibidi (72h pour 2.90€), cette formule n'en est pas moins décevante : à travers la commercialisation à l'unité, elle ne favorise pas la découverte.

Une avant-première vidéo révèle l'existence d'une autre formule bien plus attractive : l'abonnement mensuel pour 9.99€ à l'ensemble du catalogue :

Iznéo : abonnement pour 9.99€/mois à  tout le catalogue.
via Bodoï

Avec des offres de ce type, les lecteurs s'intéresseront peut-être un peu plus à la lecture de bande dessinée sur support numérique. A condition que les auteurs y trouvent leur compte et autorisent l'exploitation de leurs oeuvres sur support numérique. Le groupement bande dessinée du Syndicat national des auteurs compositeurs lance l'appel du numérique face au manque de concertation par les éditeurs sur ces nouveaux modes d'exploitation de leurs oeuvres.

La question d'une création originale de bande dessinée numérique reste également posée. Si la création numérique existe de longue date, sa viabilité économique reste à trouver. Tandis que les éditeurs cherchent à exploiter leur fond "papier, des auteurs lancent un feuilleton sur abonnement : Les Autres gens. Ils posent un jalon que Sébastien Naeco juge probant. Des milliers de lecteurs ont ouvert un compte pour suivre gratuitement cette "bédénovella" chaque jour pendant un mois. Il est encore trop tôt pour savoir combien d'entre eux paieront 2.79€ par mois pour suivre le destin de Mathilde et de son entourage à partir du 1er avril. L'abonnement comme modèle économique d'une création de BD en ligne originale ? Pourquoi pas ! Reste à savoir quel dispositif les auteurs mettront en place pour conquérir de nouveaux lecteurs en dehors du public qui aura profité du premier mois gratuit.

Lundi 22 mars 2010

2010 : le marché balbutiant de la BD numérique

L'article de Wikipedia sur la bande dessinée en ligne avait un peu pris la poussière depuis ma contribution en novembre 2007. Je viens de terminer une mise à jour d'envergure. Il fallait notamment intégrer les évolutions de ces derniers mois autour de ce que l'on nomme "BD numérique". Cette fois encore, par soucis d'objectivité, je me suis appuyé sur un corpus d'articles parus dans la presse française.

Vendredi 29 janvier 2010

Pendant le festival BD d'Angoulême, Bande dessinée et numérique font le bonheur des journalistes

Outre France Culture, ce sont Canal+ (tranche 7h15/8h20 à 53:53); Le Monde, Le Figaro et Le Nouvel Observateur qui relaient l'idée suivante : 2010 sera l'année de la bande dessinée numérique. Plus important encore, tous s'accorde à dire qu'au delà de la numérisation du fond, c'est la création numérique originale qu'ils attendent.

Toutefois, c'est le passage de l'adaptation à la création de BD conçues pour le Net qui signera l'émergence d'un marché.
(Le Monde)

Certes, les éditeurs de BD traditionnelles, qui sont très fébriles, ont fait le pari d'occuper le terrain. Mais ils proposent des contenus déjà existants sans penser que le Net peut aussi servir de vecteur de création BD originale.
(Lewis Trondheim, cité par Le Figaro)

A 28 ans, Ohm fait partie d’une nouvelle génération de dessinateurs qui explore la BD numérique. Pour le moment, les éditeurs se contentent surtout de mettre en ligne des œuvres papier sans les adapter pour internet ou le téléphone. Cela n’a pas de sens artistique. Le numérique offre de nouveaux champs de création qu'il faut saisir.
(Le Nouvel Observateur)

C'est avec un petit pincement au coeur que l'on constate que tous ces articles font l'impasse sur la période d'avant les blogs, comme si la BD numérique n'existait que depuis 2005. Autre déception : malgré la place légitime accordée aux acteurs professionnels qui découvrent cette année le potentiel d'une BD numérique, il aurait été de bon ton de saluer le travail accompli depuis plusieurs années par de nombreux passionnés éclairés. Ces véritables pionniers de la BD en ligne auraient beaucoup à apporter à la réflexion des pieds tendres au poches pleines qui débarquent sur le nouveau continent de la bande dessinée sur écran.

Ceci dit, c'est une excellente nouvelle que les grands médias nationaux se fassent l'écho de la vivacité actuelle du petit monde de la BD numérique. Reste à savoir si les journalistes seront aussi attentifs à l'évolution de l'image narrative électronique tout au long de l'année, en attendant Angoulême 2011...

Mercredi 27 janvier 2010

iPad = iPod touch macro, je l'avais prédit :)

Il y a deux ans, alors que tout le monde prédisait l'annonce imminente d'un "iPhone nano" j'envisageais au contraire la sortie d'une tablette tactile :

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris).

Mieux vaut tard que jamais, ce soir Steve Jobs a enfin daigné réaliser ma prédiction. L'iPad n'est ni plus ni moins qu'un grand iPod touch de 10 pouces. Les implications pour la bande dessinée numérique sont majeures :

  • oubliée la lecture de BD dans un format timbre-poste au moyen d'artifices de mise en scène étrangers au récit original ;
  • place à la possibilité de parcourir confortablement du bout du doigt des planches de BD numérisées ;
  • place surtout à une ergonomie nouvelle du surf sur Internet qui favorise le développement d'une véritable offre de BD en ligne de création.

Lundi 25 janvier 2010

France Culture n'affirme plus que les licences Creative Commons seraient illégales au regard du droit français

EDIT du 1er février 2010 : après avoir prix contact avec France Culture, leurs équipes ont rectifié le contenu du dossier. Je tiens à saluer le sérieux et le professionnalisme de ces journalistes. Voici la phrase aujourd'hui publiée :

Manolosanctis, maison d'édition communautaire, a choisi le modèle des licences Creative Commons . Ce sont des licences libres. Il s'agit de contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser des créations, et permettre à d’autres de les utiliser sous conditions.

Dans un dossier sur la BD numérique, France Culture insinue que les licences Creative Commons seraient illégales au regard du droit français. Cette allégation est apparue initialement dans le compte rendu de la journée professionnelle consacrée à la BD numérique à la Cité internationale de la bande dessinée le 24 novembre 2009 :

Ainsi, l’évocation des licences Creative Commons utilisées par le nouvel éditeur Manolosanctis donne lieu à une levée de boucliers de tous les avocats présents dans la salle sur le problème de la cession du droit moral, illégale en France.

Pourtant, le site français de Creative Commons répond explicitement à cette inquiétude à travers sa FAQ juridique !

France Culture va jusqu'à ajouter dans sa FAQ du numérique : l'auteur abandonne tout droit sur la diffusion numérique de son oeuvre. On frise la désinformation.

Il me semble important de rappeler que :

  • les licences Creative Commons s'appliquent à tous supports (pas seulement au numérique) ;
  • les licences Creative Commons permettent à l'auteur de réaffirmer qu'il se réserve les droits d'exploitation commerciale de son oeuvre.

Avec les licences Creative Commons l'auteur autorise a priori certains usages de son oeuvre sans demande d'autorisation préalable. Il n'abandonne aucun de ses droits moraux. Ces licences sont simplement un outil pour :

  • autoriser le public à diffuser une oeuvre - éventuellement à l'exclusion de l'exploitation commerciale,
  • autoriser ou non d'autres artistes à intégrer une oeuvre dans des oeuvres dérivées,
  • tout en affirmant toujours l'obligation de créditer l'auteur original.

Lundi 18 janvier 2010

Pilmix.org est née pour promouvoir la BD en ligne

Bande dessinée de présentation de l'association Pilmix.org.

Internet est un défi pour la bande dessinée : un nouveau vecteur de publication à apprivoiser. Depuis les débuts du web il y a une quinzaine d'années, des milliers d'auteurs de par le monde se sont lancés dans l'aventure. Les webcomics anglosaxons ou les mangas et manhwa sur mobiles s'appuient sur des marchés grandissants. En revanche, le marché francophone se cherche encore entre blogs BD, expérimentations amateures, prépublications en ligne et numérisation des oeuvres papier.

C'est dans ce contexte stimulant que l'association Pilmix.org voit le jour, dans le but de promouvoir la bande dessinée en ligne. A travers la reprise de deux projets initiés par ses fondateurs, Pilmix.org engage immédiatement son travail de promotion : * auprès du public, grâce à BD-en-ligne.fr (ex- Abdel-inn.com) qui recense depuis bientôt 10 ans les oeuvres à l'intention des lecteurs ; * auprès des auteurs, grâce à Webcomics.fr qui offre aux auteurs depuis près de 3 ans un hébergement et des outils dédiés à la publication de BD en ligne.

En adhérant à l'association, auteurs, lecteurs, passionnés et professionnels de la bande dessinée sont conviés à poursuivre les premiers projets et à en développer de nouveaux. Pilmix.org est un outil pour comprendre et accompagner ensemble le développement de la bande dessinée en ligne.

Jusqu'à l'élection d'un nouveau conseil d'administration, l'adhésion est libre et gratuite depuis le site de l'association. Chacun peut ainsi faire part de sa vision de la bande dessinée en ligne et des missions qui relèvent d'une association dédiée à la promotion de ce nouveau mode de publication.

Ce communiqué a été signé par 16 personnes : auteurs, éditeurs ou passionnés de bande dessinée en ligne dont la liste est disponible sur le site de Pilmix.org.

Et pour tout savoir, une petite bande dessinée d'explications...

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Lundi 11 janvier 2010

The Shakers, le feuilleton BD à lire en ligne

shaker-titre.gifDans le petit monde de la BD en ligne, Fred Boot fait figure de "vieux de la vieille", comme en témoigne sa webographie. Là où nombre de précurseurs de la BD en ligne francophone ont jeté l'éponge face à la nécessité de gagner leur croûte, Fred Boot continue d'explorer sans concession ni compromission le potentiel de la BD numérique. Il inaugurera demain un feuilleton d'espionnage : ''The Shakers''.

Jonglant entre "boulot qui paie" et sa future paternité, ce qui motive Fred à poursuivre la BD c'est la passion et le besoin de raconter. Dans The Shakers, pas d'expérimentation interactive comme Moon ou Tony, mais une approche "rich media au sens où l'entend Alain Joannès". Entendez par là que la bande dessinée est associée à d'autres médias (texte, musique, illustration) sans leur disputer la vedette ni chercher à réaliser leur fusion. L'internaute s'adapte d'autant plus rapidement à cette forme narrative qu'il y retrouve ses marques à travers les codes propres à chaque média. La question pour Fred n'est pas d'inventer un nouveau média au confluent de tous les autres, mais d'imaginer comment raconter dans le passage entre bande dessinée et autres médias. En somme, une démarche humble, empirique et efficace. Si le récit en bande dessinée s'élabore dans l'espace inter-iconique, le récit en BD en ligne chez Fred Boot serait à chercher dans l'espace "intermédiatique".

shaker-ferrari.jpgLe style graphique de Fred Boot est du même tonneau que son style narratif : taillé à la serpe, à la fois lisible, référencé et personnel. Les masses aux couleurs vives prennent le pas sur les lignes, les aplats numériques se dotent d'un grain que la compression JPEG ne parvient pas à ternir, au contraire. On navigue entre l'emphase du cartoon et une iconographie polissée qui semble sortie de quelque affiche des années 1950. Les textes perpétuent cet étrange univers d'apparence désuette dans lequel aurait fait irruption notre langue du XXIe siècle. Rien d'étonnant pour un récit qui ressuscite le feuilleton : un genre populaire un peu oublié des francophones, que les modalités de publication web remettent pleinement au goût du jour.

Comment est né cette série ? Retour sur la carrière d'un auteur français, expatrié à Hong Kong.

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Samedi 2 janvier 2010

La bande dessinée est l'un des secteurs qui est très avancé sur le numérique

Ce n'est pas moi qui le dit, mais Gilles Ratier dans le traditionnel rapport de l'Association des critiques de bande dessinée. Voilà une affirmation qui me laisse profondément perplexe.

Le rapport de l'ACBD s'attache au marché francophone. Or les professionnels de la BD francophone abordent le numérique avec des années de retard par rapport aux anglophones et aux asiatiques. Cette prise de conscience récente prend place dans un contexte marqué par de très fortes particularités par rapport aux marchés étrangers :

  • prédominance du blog BD,
  • bonne santé du secteur traditionnel (le livre),
  • attentisme des auteurs quant aux modèles que proposeront les acteurs traditionnels (éditeurs).

Rappelons qu'un Eisner Award récompense le meilleur webcomic depuis 2005. Chez nous, le blog BD n'est récompensé depuis 2007 que sous l'angle de la "révélation"... Si la BD francophone avait un telle avance en matière de numérique, comment se fait-il que l'ACBD n'en ait jamais fait état avant cette année ?!

Lorsque je relis mon bilan de l'année 2005, je constate qu'en 4 ans nous avons bien peu avancé.

Mercredi 16 décembre 2009

Les terminaux pour lire de la BD importent peu : tout passera par le web

Sébastien Naeco signe un panorama des nouveaux terminaux susceptibles de permettre la lecture de bande dessinée. Force est de constater que cela part dans tous les sens. Faute de standards technologiques, il n'est pas étonnant qu'auteurs et éditeurs se montrent très prudents (d'aucuns diraient timorés). Et pourtant, un standard existe à travers le web en tant que mode de diffusion.

Rappelons que la BD interactive est née sur CD-rom, mais qu'elle s'est empressée de migrer sur le web. Le web qui a donné naissance aux BD en ligne, blogs BD et autres webcomics d'outre-atlantique. Face à cette production, à son histoire et à ses succès, la "BD numérique" (je préfèrerais dire "numérisée") que l'on s'efforce aujourd'hui de nous vendre sur iPhone fait pâle figure en dépits de ses levées de fonds astronomiques. Quand on pense que l'iPhone est l'objet-nomade qui a popularisé le web mobile (33% du trafic web mobile modial, et près de 50% dans les pays occidentaux), on a peine à croire que les acteurs professionnels puisse se tourner vers l'Appstore et sa censure pour diffuser de la bande dessinée. Avant l'iPhone on s'échinait à concevoir des sites pour mobile, aujourd'hui le web tout entier est accessible aux mobiles.

Les terminaux nomades tendent tous vers une connexion à Internet : Wifi, EDGE ou 3G. Certes, les débits sont plus modestes que ceux d'une connexion haut débit domestique. Mais la bande dessinée a l'avantage d'être assez peu gourmande en bande passante par rapport à la vidéo ou la musique. D'ici quelques années la donne aura changé : le très haut débit mobile est synonyme d'une concurrence écrasante de l'image animée et de la musique. J'ai souvent expliqué combien le succès des webcomics anglosaxons avait été favorisé par le marasme économique que traversait le marché traditionnel au moment même où Internet s'est démocratisé aux Etats Unis. Deux autres facteurs doivent être pris en compte : les Américains ont adopté Internet une demi-douzaine d'années plus tôt que les Français, tandis qu'ils ont bénéficié plus tardivement du développement du haut-débit, peu aisé à déployer sur un grand territoire (la France est d'ailleurs toujours en avance). Dans ces conditions, des contenus peu gourmands en bande passante tels que les webcomics ont eu plus de temps pour s'installer dans le paysage avec une rentabilité favorisée par des coûts d'hébergement nettement inférieurs aux autres formes de divertissement en ligne (jeu, musique, vidéo).

Le web mobile fait figure de seconde chance pour la bande dessinée francophone. C'est une chance qu'il ne faudrait pas laisser passer en dilapidant nos efforts et nos moyens dans des solutions timides et éphémères. Baser sa stratégie sur des terminaux dont l'espérance de vie ne dépasse pas quelques années est une terrible erreur. Aujourd'hui, des pages persos vieilles de plus de 10 ans peuvent encore être parcourues par les internautes, quelle application iPhone pourra en dire autant ?

Mercredi 9 décembre 2009

Evolution des terminologies en matière de bande dessinée sur support numérique

Terminologies de la BD sur support numérique dans la presse francophone (base Factiva).Le mémoire de Tony dont je parlais dans mon précédent billet est en ligne : ''Bande dessinée interactive, comment raconter une histoire ?''. Quel plaisir de voir que des étudiants continuent de consacrer leurs travaux universitaires aux rapport entre bande dessinée et support numérique ! Au détour de la première partie de son mémoire, Tony relève la disparité des terminologies employées pour parler du sujet qui nous occupe :

Il n’existe pas de terminologie "officielle" pour parler du médium qui nous préoccupe ici. Par convention, une série de termes est communément utilisés. Edouard Lussan qualifie son Opération Teddy Bear de bande dessinée interactive. Laurène Streiff utilise le terme e-BD , par analogie avec l’e-mail. La bande dessinée en ligne est désignée tel quel, ou par le terme anglais webcomic (le site webcomics.fr et d’ailleurs français), ou encore BD/I par Thierry Smolderen . On trouve encore les termes bande dessinée multimédia et bande dessinée numérique . A ma connaissance, personne ne s’est réellement penché sur le problème de l’usage de ces termes. Ainsi ils sont utilisés de manière assez arbitraire et interchangeable.

Cette disparité a également inspiré Christopher Bihoreau, qui s'efforce de définir les différentes formes de BD sur support numérique à l'intention des néophytes.

En réalité les différentes terminologies peuvent être datées avec précision et ne sont pas interchangeables. L'usage évolue rapidement et se cristallise nettement autour de certaines terminologies à un moment donné. C'est en tous cas l'observation que j'ai pu faire tout au long des 10 dernières années. J'ai pu la confirmer objectivement grâce à une base de données de la presse francophone (Factiva) accessible aux usagers des bibliothèques de l'université Paul Verlaine - Metz.

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