Bande à Part est une oeuvre d'apparence simple, mais tout de même riche d'invention. La réflexion sur le medium est une inhérente à ces deux strips en accordéon, que ce soit dans l'alégorie de la création que représente Casecade ou dans le traitement de l'histoire la plus classique qui soit: l'histoire d'amour avec Amour partagé.

Les mots de l'une portent une poésie que l'autre présente par l'épure muette. Toutes deux traitent de la limite: de la case, du récit, du point de vue. Casecade pose des bornes, Amour Partagé les transgresse. Les deux amants se trouvent-ils dans cette intercase qu'est la juxtaposition du blanc et du noir ? Ou bien cette dernière ne les conduit elle qu'à se perdre ? Se perdent ils l'un en l'autre ou chacun s'égare-t-il dans l'absence de l'autre ?

La forme de l'accordéon derrière ces questions fait plus figure de gadget, mais elle apporte une distraction bienvenue au lecteur qui prend un certain plaisir à voir se dérouler le récit autrement que par vulgaire scrolling horizontal.