Julien Falgas

Formé aux arts plastiques et aux contenus web, je suis un observateur et un acteur assidu de l'évolution de la bande dessinée numérique. Webmestre pour l'Université de Lorraine, j'assure des enseignements devant des étudiants en Sciences de l'information et de la communication. Depuis 2011, je prépare une thèse consacrée aux usages des dispositifs de publication numérique par les auteurs et les publics de bande dessinée.

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2004 nov. 3

La BD en Ligne génère des mouvements...

Par Nico

Je considère la BD comme un art à part entière. La BD en ligne reste toutefois plus difficile à définir.

Internet n'étant qu'un média, différencier la BDEL (BD en ligne) de la BDT (BD Traditionnelle) équivaudrait à différencier la peinture sur toile de la peinture sur bois. J'ai remarqué cependant que la BDEL génère plusieurs mouvements que l'on ne retrouve pas forcément dans la BDT... Internet, par son accès immédiat, permet la publication de travaux de toutes sortes et c'est là que des mouvements nouveaux se créent. Évidemment les styles varient énormément d'un site à l'autre. Plus besoin de plaire à l'ensemble pour être vu, de toute façon il y aura toujours un groupe parmi les internautes qui viendra voir les nouvelles créations. Je me surprend à apprécier des choses que je n'aurais jamais achetées.

Parmi ce que je considère comme mouvement, il y en a un que j'apprécie particulièrement et je suis incapable de me l'expliquer. Sans doute êtes vous déjà tombé sur des sites où le dessin avait un style très enfantin. Les persos sont du style "tête à Toto" et les couleurs sont vives et uniformes. A chaque fois les auteurs ont le don de vous prendre à l'insu de votre plein gré. On commence à lire du bout de l'oeil, on s'attache au perso et le site se retrouve vite fait dans les favoris. Ces auteurs veulent simplement raconter une histoire, en général simple et gentille, et le dessin passe au second plan. Toutefois, au fil des planches, le dessin naïf a créé son propre style et l'histoire devient indissociable au dessin. La BDEL permet ce mouvement, là où la BDT ne pourrait le faire.

La BD en ligne permet donc a chacun de raconter une histoire, quelque soit le dessin qui de toute façon, créera son style propre au fil des planches.

Quelques exemples :

Bill Oranger de Loog donne dans un style plus fouillé mais tout de même avec un dessin très simple.



Dans un autre style, plutôt trash, La BD de Follo où le dessin à été remplacé par des photos détournées. Top délire.

Commentaires

1
A mon avis il y a deux grosses différences entre la bédé papier (traditionnelle) et la bédé en ligne. La première est que, pour publier une bédé papier, il fallait plaire à un éditeur, et surtout être accepté dans le circuit distributeur. Et il y a des bédés très belles et très intéressantes qui n'ont jamais passé toutes ces étapes... Je pense par exemple à Altor, de Marc Bati, qui, malgré sept albums superbes lancés par Moebius (rien que ça), est introuvable dans la grande distribution. En ligne, au contraire, n'importe qui peut publier n'importe quoi sans mise de fond autre que les logiciels et un hébergement. Et, comme le fait remarquer Nico, des gens qui font des histoires intéressantes mais avec un graphisme qui ne serait jamais accepté dans le commerce, peuvent quand même être lus. On peut donc s'attendre à ce que des styles ou des sujets nouveaux apparaissent. L'autre différence est que en ligne on peut avoir du mouvement et du son, et même de l'interactivité. Simples gifs animés, animations flash, ou véritables films en flash ou en AVI... En fait deux genres jusqu'ici disjoints, mais fortement apparentés, le dessin papier et le dessin animé, vont se marier naturellement et avoir de nombreux enfants. Que le Grand Likpa vous likpate!

Likchenpa Le jeudi 4 novembre 2004 à 19:21

2
Y aurait bien une troisième différence. Tu la vends comment ta BD en ligne ?

Le mercredi 18 mai 2005 à 08:43

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