Julien Falgas

Formé aux arts plastiques et aux contenus web, je suis un observateur et un acteur assidu de l'évolution de la bande dessinée numérique. Webmestre pour l'Université de Lorraine, j'assure des enseignements devant des étudiants en Sciences de l'information et de la communication. Depuis 2011, je prépare une thèse consacrée aux usages des dispositifs de publication numérique par les auteurs et les publics de bande dessinée.

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2005 janv. 26

Le ludique

Le ludique est la condition sine qua non d'existence du conte multimédia. Il est donc indispensable de préciser de quoi il s'agit et de balayer les usages abusifs de ce terme.

Par ludique j'entends l'option de création qui consiste à envisager une dimension participative de la perception. Il est question d'une part de l'effet potentiel de cette dernière sur le récepteur et d'autre part de ce que peut en tirer l'auteur (qui peut fort bien être pluriel) désireux d'exploiter le ludique dans son travail, voire d'en faire son objet.

Je n'entends donc pas ce terme sous le sens actuellement galvaudé en particulier dans le milieu de l'art contemporain. Par exemple la plupart des œuvres exposées au Musée du Québec (2001) puis au Musée d'Art Moderne de Lille (2003) dans l'exposition Le Ludique ne répondent pas à la définition que je propose. En effet, la commissaire d'exposition a porté ses choix sur des productions non pas proprement ludiques, mais issues d'attitudes jugées ludiques. Il ne s'agit pas non plus d'un adjectif qualifiant des pratiques amusantes ou divertissantes, mais d'un nom désignant des pratiques dont le propre est de mêler le spectateur à l'œuvre initiée par l'auteur.

Je considère le ludique comme une acception particulière de l'interactivité et non un équivalent, car il suppose que l'œuvre existe par l'établissement de règles et non d'une simple interface entre l'auteur et le spectateur. Jouer implique un enjeu, or un joueur ne peut mettre en jeu que ce qu'il possède, pour l'auteur c'est son statut d'auteur : en ouvrant l'œuvre à la participation du spectateur, il se met en danger.

L'attitude ludique est à mes yeux celle qui consiste à s'exposer totalement, à baisser sa garde, c'est une feinte de l'auteur pour tromper la méfiance du spectateur et faire mouche. Il est donc question du lien entre l'auteur et son œuvre, et en particulier du statut que ce lien implique pour l'auteur.

Commentaires

1
Bonjour, D'accord et pas d'accord avec ta définition. Tout d'abord le mot «ludique» a un sens beaucoup plus général, d'activité qui ne répond pas à un but utilitaire ou obligé. Le jeu, quoi. Pour moi, envoyer des sondes sur Titan pour voir si il n'y aurait pas des bébêtes est aussi ludique que ce que tu dis. Ceci dit, dans le cas du conte multimédia interactif, mêler le spectateur à la création de l'oeuvre (au moins au stade final, par exemple choisir l'ordre dans laquelle il va la découvrir) introduit effectivement une forme de jeu supplémentaire, que l'on ne trouve pas dans une oeuvre statique (récit, bande dessinée) ou même une animation que l'on regarde dans un ordre imposé (flash, film). Et ce n'est effectivement pas de «l'art moderne» si on entend par art moderne simplement exposer des trucs bizares qui ne sont compréhensibles que pour l'auteur. Avec mes petits likpas, je n'en suis pas encore là, car (pour le moment) il n'y a sur mon site que des récits classiques, bédés pures ou textes illustrés. (j'en ajoute un dans un jour ou deux, soit le 27 ou 28 Janvier). Il y a toutefois une dimention ludique dans ce type d'oeuvre: le lecteur doit accepter l'univers qu'on lui propose, et comprendre son fonctionnement, faute de quoi les gags comme la signification lui échappent. Eh oui, si on lit Tintin en se désolant parce que de telles aventures n'ont qu'une probabilité statistique infime de se réaliser, alors on ne s'amuse plus, on n'est plus dans le jeu de l'auteur. Et si on lit mes likpas sans avoir compris à quoi ils ressemblent mais qu'il ne faut pas dire, alors beaucoup de gags tombent à plat. Les choses sont encore plus difficiles pour un auteur qui essaie de faire passer un message. Nous vivons dans un monde où il y a des guerres, des injustices, des maladies, la mort. Si on fait de la bédé juste pour oublier ça, alors l'intérêt est très limité, on est juste dans le divertissement, dans l'oubli de l'essentiel. Et ça ne nous est pas d'un grand secours le jour où l'un des fléaux précédents nous tombe dessus. Si l'on se contente de dénoncer les horreurs dans le style militant gaucho, ou d'exposer des solutions dans le style prêchi prêcha, le résultat général sera de chasser tous les lecteurs qui ne sont pas déjà convaincus. Tout l'art consiste alors, comme en pharmacie, à envelopper le message dans du ludique, du sentiment, de la beauté, qui le rendent crédible et attachant. Alors le lecteur reste, il rentre dans le jeu, et, peut-être acceptera t-il le message. Cela ne veut pas dire que toute bédé ou conte multimédia doit forcément contenir un message social ou politique; mais que au moins les oeuvres qui n'ont pas pour ambition de faire passer quelque chose ne se présentent pas comme si elles avaient un contenu: juste un amusement. Ou une spéculation gratuite, dans le cas de certains qui se réclament d'une «recherche» ou de «l'art moderne».

Likchenpa Le mercredi 26 janvier 2005 à 10:49

2
Ah Ah! ces likpas! Evidemment mes éolis sont plus poètes, mais ils vivent quand même en couple uni toute leur vie. Pour le moment je n'ai que des romans à proposer sur le monde des Eolis, mais je suis en train de préparer la mise en ligne de leur première bédé. Gif, ce que tu dis à propos du ludique dans un conte multimédia interactif s'applique t-il à des mondes virtuels? Rappelons que un monde virtuel est visible à l'écran sous forme d'un paysage, que l'on peut explorer, dans lequel on peut voyager. Le vrml, langage de description de mondes virtuels, je pense que tu connais. Evidemment, si l'interactivité se limite à ouvrir des portes pour accéder à d'autres parties, on ne peut pas tellement parler du jeu de l'auteur avec le spectateur; mais le visiteur qui explorera un monde virtuel un tant soit peu conséquent le fera forcément dans un ordre qui lui est propre, et, s'il est séduit, il s'y intallera pour y vivre ses propres expériences. Dans mes mondes ce sera surtout des expériences de beauté, mais il y a aussi quelques animations qui peuvent nous faire bouger, par exemple dans la navette dumrienne. Evidemment je m'amuse en pensant à ce que ressentira le visiteur quand il verra le plancher s'incliner... (on peut avoir vraiment le mal de mer en regardant du vrml!!). On peut aussi penser à ce qu'il ressentira en explorant ma forêt virtuelle avec des oiseaux et quelques surprises nichées ça et là. Beaucoup doivent faire des dizaines de kilomètres en voiture pour voir une vraie forêt, alors ma forêt virtuelle risque d'avoir ses visiteurs réguliers.

Richard Trigaux Le mercredi 26 janvier 2005 à 19:08

3
Non mais mes likpas aussi ils sont poètes. Ce n'est pas parce qu'ils sont rigolos qu'ils ne sont pas poètes. Et puis j'en ai mis en ligne qui likpatent: http://www.likpa.com/stories/virus.php?lang=fr avec un simple fichier gif animé. Et défense de rire!

Likchenpa Le jeudi 27 janvier 2005 à 22:01

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Lorsque je parle du ludique comme d'un ressort artistique et narratif, je le considère du point de vue de l'auteur. S'amuser par avance ou a posteriori de l'effet que produit ou produira une oeuvre (monde vrml, récit ou autre) ne relève pas du ludique, mais de l'amusement. Pour décréter, comme beaucoup le font, qu'une oeuvre est ludique il faudrait la considérer dans sa conception même et pas seulement dans la réception qui en est faite par l'auteur ou le spectateur. Si le spectateur joue avec l'oeuvre mais sans que l'auteur ait marqué cette expérience de ses choix et de sa personnalité (c'est le cas de la plupart des jeux, en particulier de ceux de l'industrie vidéo-ludique), alors il ne s'agit pas à proprement d'une oeuvre ludique, mais d'un jeu. Le ludique dont je parle est bien le fait pour l'auteur de convier son public à une partie à laquelle il participe aussi. Son statut est différent, mais il met en jeu quelquechose en participant de la sorte. C'est à cet investissement personnel et à son impact sur le jeu que se mesure la qualité d'une oeuvre de ce genre. Pour te répondre, un monde vrml peut tout à fait relever de cette définition très restrictive... Mais la forme même du monde vrml ne l'y inclus pas d'office, pas plus que toute autre forme d'ailleurs. La question qui m'occupe avec les récits sur support numérique, est de savoir dans quelle mesure l'auteur peut se mettre en jeu avec le spectateur, alors qu'un récit est a priori un objet très balisé.

JiF Le mardi 8 février 2005 à 23:51

5
Ouais... Je comprend mieux ta définition du ludique. Et je comprend pourquoi tu as donné tant de place à la description de l'Académie Delta, malgré certains côtés apparemment insatisfaisants de cette expérience. Dans un récit, l'auteur peut lancer des connivences avec le lecteur, ou jouer du premier-second degré, ce qui peut ressortir du ludique. Mais le retour du lecteur vers l'auteur est forcément très limité ou nul, ce qui fait que l'on rentre difficilement dans ta définition du ludique. {{En fait, pour satisfaire ta définition, il faut que l'auteur lâche prise et ne cherche plus à imposer un déroulement précis à son histoire.}} Alors l'histoire n'est plus celle de l'auteur, mais l'aventure de tout un groupe. Toutefois l'auteur imposera quand même un cadre, un canevas, un storyboarde comme on dit in inglishe, dans lequel se déroulera l'histoire. C'est nécessaire, sinon il n'y a plus de cohérence dans le résultat. Ainsi une personne propose un thème de base, par exemple une planète, avec son histoire et ses décors, et des joueurs vont s'y incarner, jouant tel ou tel personnage. Mais à un moment l'auteur ne maîtrise plus ce que vont faire les personnages. A la limite on se rapproche du jeu de rôle: le créateur d'un tel jeu propose un canevas, mais chaque participant fera ce qu'il veut dans ce canevas. Ce système (des expériences comme l'Académie Delta) est certainnement un jeu pour les personnes qui le vivent, mais ce pourrait aussi être un bon sujet d'émission télévisée, qui remplaceraient avantageusement les séries de «téléréalité». Techniquement le principe serait le même (mettre un petit nombre de personnages ensemble dans un cadre et avec un enjeu donné) mais sans le côté idéologique dégradant des séries de téléréalité. (Il y a beaucoup d'autres jeux possibles, et bien plus intéressants, que de juste humilier ou supprimer ses compagnons). Avec la télé, il n'y aurait alors non plus deux parties (auteur et lecteur) mais trois: auteur, participant, spectateur, la troisième partie rejoignant la seconde ponctuellement. (et pas seulement en aplaudissant sur commande au fond de la salle). En parlant de jeux, je pense que tu as terriblement raison: la quasi totalité des jeux électroniques n'offrent qu'un scénario prédéfini, où les options sont purement tactiques. Bien si c'est ce qu'on cherche, mais nul dès qu'on veut aller plus loin. (sans parler du côté manipulateur d'un jeu qui ne propose que de «descendre les Viets», alors que le refus de la guerre au Viet Nam avait mobilisé toute une génération) Une exception est visible dans le monde des likpas (je ne dis pas à quelle page, j'espère que tout le monde a lu!!!) quand Likpato reçoit son ordilikpateur, on voit un lien vers le jeu Civilikzation de Lik Meier. (jeu de stratégie sur carte, mono ou multi-joueur). Ainsi Civilization II permettait dans une certaine mesure de créer son propre scénario personnalisé, notre propre civilisation, notre carte, nos unités (aspect des véhicules, soldats, ingénieurs, etc), nos progrès scientifiques, etc. Du boulot, mais un moyen de jouer vraiment dans notre propre univers et non pas dans un truc prédéfini. (Civilization III semble encore plus intéressant de ce point de vue, mais plus complexe). Ainsi avec Civ III on devrait pouvoir par exemple recréer les races du Seigneur des Anneaux, avec chacune leur aspect. Je pense que cette façon de jouer est bien plus intéressante que la façon standard, car elle permet un investissement affectif dans ce que nous aimons vraiment, que l'on aura jamais en «cassant du Viet». Ce type de jeu permet donc de proposer notre propre vision, et quand l'auteur d'un tel scénario propose des parties multi-joueur à ses amis ou sur Internet, alors on est, je pense, dans ta définition du ludique. Et une telle partie peut générer une véritable histoire, et même devenir après un souvenir émouvant. Les choses se compliquent quand l'auteur veut faire passer un message. Car les joueurs n'auront pas forcément la même façon de voir les choses, ils peuvent ne pas comprendre le message, voire le refuser ouvertement. Le faire passer quand même dans ces conditions est alors du grand art...

likchenpa Le vendredi 11 février 2005 à 12:42

6
Le prochains articles devraient te permettre de mieux comprendre encore cette définition qui introduisait mon mémoire de maîtrise. Puisque tu parles de la TV et de ses dérives, j'en profite pour signaler l'existence de mon blog ( http://blog.abdel-inn.com/ ) dont la ligne éditoriale est la suivante : ma copine et moi avons décidé de nous séparer de la télévision, mais on continue de vivre, de se tenir informés, de découvrir des oeuvres musicales, cinématographiques, graphiques ou littéraires sans subir la pollution du mass-media. A propos de Civilization, les quelques théoriciens du jeu vidéo dont j'ai pu lire la prose s'accordent à penser que les jeux de stratégie de cette veine ne sont en fait pas si ouverts qu'on le pense souvent. Il y a un vrai travail d'auteur dans la manière d'orienter certains types de développements plutôt que d'autres. Mine de rien Civilization base son système sur le modèle de l'Histoire à l'américaine, et l'impose en philigrane dans son fonctionnement. Mais tu as raison: de nombreux jeux permettent aujourd'hui une appropriation de leur public, avec la vogue des mods. L'industrie musicale assimilerait ça à du piratage, mais celle du jeu vidéo, plus proche des réalités de notre époque, a bien compris qu'accepter ces appropriations c'était répondre à un besoin. Aux auteurs de s'adapter, peut-être en ne se contentant plus de livrer un logiciel fini, mais en continuant d'intervenir dessus. Richard Garriot, l'auteur de la saga Ultima, l'applique à merveille dans la mesure où il dispose depuis le début d'un alter-ego dans le jeu en la personne du roi Lord British.

JiF Le vendredi 11 février 2005 à 13:18

7
Marre de la TV? Heureusement que tu n'as pas le télécran des phallos, il est pire. Vraiment beaucoup pire que notre télé? Civilization II et encore plus civilization III sentent effectivement beaucoup le Far West. Cela se voit sur des détails précis, par exemple quand on colonise un territoire vierge, ou presque, car il est peuplé de «barbares» qui ont pour nom Cheyennes, Cherokees, Inuits... Pas qu'un peu gros comme propagande!! Plus subtilement, les scénarios eux-mêmes reposent sur un modèle de colonisation et de conquête, qui est bien si on veut faire de la stratégie, mais qui n'est pas du tout la manière dont les grandes idées ou la civilisation en général se sont réellement répandus: que ce soient le Bouddhisme, la science, l'écriture, Internet, aucun ne s'est propagé par la violence, même pas par une forme subtile de violence morale; ils se sont offerts à tous les peuples qui les acceptaient, simplement parce que c'était utile et bénéfique. Même les régimes politiques de CivII sont imprégnés de culture américaine: dans quel autre pays est-on capable de faire la différence entre démocratie et république? De toutes façons ces régimes sont prédéfinis, on ne peut les paramétrer. Sur Civ II, on peut paramétrer chaque culture avec un style architectural, mais une fois obtenu les «temps modernes» toutes les civilisations se retrouvent avec le même style, des buildings par défaut!! Et on ne peut pas débrayer ce mécanisme ouvertement impérialiste. Je n'ai pas encore testé CivIII de ce point de vue, mais ce point de philosophie fondamental semble avoir été également éludé: il n'est pas si facile de faire notre rêve ou notre utopie avec Civilization. Dommage. Alors pour moi, il ne reste que deux façons de jouer: ou bien je suis la seule civilisation et je ne m'intéresse qu'à aménager la nature (c'est vite limité) ou bien je joue à éliminer des civilisations foncièrement méchantes, genre les fafs, les pollueurs, etc. C'est un peu dommage, car un jeu comme Civ peut être une bonne occasion de faire une histoire interactive, sur un thème de nos rêves, en compagnie d'amis, ou avec des inconnus sur le net. Qui peut être assez riche d'émotions, quand notre belle civilisation est menacée, quand il faut s'allier, ou quand il faut embarquer une armada de deux cent cinquante unités...

likchenpa Le samedi 12 février 2005 à 16:10

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Bonjour ! Le ludique touche à l'artistique, à l'esthétique, à l'expérimental, à l'interactivité. Je crois que dès qu'il y a interactivité et ce à un degré avancé et non pas juste avec des clics de souris ici et là, il y a du ludique. Je m'intéresse au conte multimédia interactif et à tous ses aspects. Si vous êtes intéressés et vous voulez avoir une idée de mon projet, allez vous ballader sur mon site à l'adresse : http://www3.sympatico.ca/louboisclair/ Vous y trouverez une version infographique interactive de mon projet et aussi plusieurs liens intéressants dans le domaine de l'art numérique. Je m'intéresse aussi au conte visuel. Si tu en connais, j'aimerais que tu m'envoies un courriel. Moi aussi, il me semble qu'il y a des liens à faire entre la bd et le CMMI. IL y a aussi des liens à faire avec les jeux vidéos et les jeux de röles, bien que ce soit des genres passablement différents. J'ai accumulé plusieurs autres liens qui ne figurent pas encore sur mon site et de nombreux articles qui traitent de l'interactivité, de l'espace du conte etc. Au plaisir d'en discuter.
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Ludique, ça veut dire jouer. Dans ce cas, dès que tu es captivé, tu joues, et si tu ne l'es plus, tu quittes. Visite ce site : www3@sympatico/louboisclair! Vas te promener et tu verras plein de sites intéressants et de définitions. Si ça t'intéresse, fais-mois signe Lou

Passionnée du conte visuel et animé Le samedi 19 février 2005 à 00:05

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uip chui d'accord :)

flote Le vendredi 30 décembre 2005 à 15:04

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