2005 fév. 8
Les états généraux de la musique ?
Suite à l'appel des pirates lancé par le Nouvel Obs mercredi dernier, Jack Lang avait appelé de ses voeux des "états généraux de la musique"... Pour l'heure le magazine papier était bien chiche sur le sujet et le "grand débat public" se cantonne à trois forums dont le dernier vient de s'achever. Pas grand chose de neuf sous le soleil...
Lundi matin au réveil, juste avant une journée de partiels (dont un de droit de l'Internet, ô Joie !) je découvre dans le flux RSS du Nouvel Obs que Hervé Rony du SNEP (Syndicat National des Editeurs de Phonogrammes) était l'invité d'un forum pour répondre à nos questions sur la question du téléchargement musical. Ni une ni deux, je sacrifie mes dernières minutes de tranquilité matinale à envoyer quelques questions pas piquées des vers à ce monsieur. Le forum devait se tenir quelques heures plus tard dans la matinée, mais aucune de mes questions n'a été posées : la dernière à avoir reçu une réponse datait de la veille, 17h. Il semble que le pauvre invité n'ait pas supporté certaines attaques assez violentes et autres questions dénuées d'intérêt.
Cet après midi j'apprend que Florent Latrive est passé par le même chemin. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce dernier a écrit un ouvrage intitulé Du bon usage de la piraterie, que vous pouvez découvrir librement et gratuitement en le téléchargeant. Ces réponses ont le mérite de vulgariser la défense du peer 2 peer, mais présentent peut d'intérêt sinon de brosser dans le sens du poil les internautes c'est à dire le public-cible de ces forums.
Suivait un forum avec un avocat spécialisé dans le droit de l'information et membre d'un groupe de recherche en droit des réseaux. J'ai pu lui poser une des questions que j'avais tenté de poser au premier intervenant, et voici le résultat :
question de : Internaute (postée le 08/02/2005 à 15h49)
> Lorsqu’on allume la télévision ou la radio et qu’on enregistre l’émission à titre privé, on ne se pose pas la question de savoir si la chaîne ou la station a bien obtenu les droits de diffusion des oeuvres... On n’a jamais exigé du public qu’il vérifie la légalité de la mise à disposition d’un contenu sur un support de diffusion : c’est totalement impossible. Pourquoi les pousuites sont elles engagées contre des gens qui téléchargent et non contre des gens qui diffusent sans avoir obtenu les droits de le faire ?
> N’exagérons rien, la telévision et la radio font partie de nnotre vie de tous les jours, depuis des dizaines d’années, et sans tout connaitre, nous savons, que nous pouvons faire des cassettes. ceci n’est pas vrai pour internet, et encore moins pour le p2p, qui a fait irruption dans notre vie depuis peu, et pour lequel, le grand public manque cruellement d’information.
Internet fait partie de mon quotidien depuis un quart de ma modeste existence (ok, je suis encore jeune), je crois y avoir passé plus d'heures que je n'en ai passé devant la télévision ou à écouter la radio. Je fais mes études de troisième cycle dans ce domaine... Bref, Internet est loin d'être une terre inexplorée pour moi. Et contrairement à ce que le monsieur voudrait nous faire croire, ce n'est pas un territoire de non-droit... Sauf si on continue d'accepter que l'on traîne devant les tribunaux la personne qui enregistre un contenu diffusé illégalement sur ce support ! Le pirate n'est pas le téléchargeur, le pirate est celui qui consciemment ou non bafoue les droits d'auteur en mettant à disposition de tous une oeuvre sur laquelle il n'a qu'un droit privé.
Les industriels du disque défendent qu'en téléchargeant en peer-to-peer, l'internaute se rend coupable de diffuser le fichier : puisque tout ce qui est en cours de téléchargement est également mis en partage sur ce type de logiciels. Mais alors c'est le procédé technique qui serait en cause ? Que l'image de la télévision vous parvienne en profitant des connexions de tous les téléphages, ou simplement en passant par un câble, qu'est ce que ça peut bien changer ? Le fait est qu'à l'origine il y a une mise en ligne, et que le reste n'est que le moyen de sa diffusion.
Quand bien même on supprimerait le P2P ! En ce moment, je découvre moultes artistes qui diffusent librement et gratuitement leur travail. Mais lorsque je télécharge un morceau sur un site de musique libre, je n'ai pas plus de garantie sur la légalité de sa mise en ligne que lorsque j'enregistre une station de radio. Et si les flics débarquent chez moi et saisissent mon ordinateur bourré de musique libre, qui sera compétent pour déterminer ce qui est libre et ce qui ne l'est pas ? Je n'ai que du libre sur mon ordi, mais je ne peux pas le prouver. Mais qui peut prouver que sa collection d'enregistrement vidéos n'est pas issu de diffusions pirates ?
La chasse aux sorcières à laquelle se livrent les majors et leur utopie du tout contrôlable ne mènera nulle part. Tous les professionnels de l'Internet le savent sans doute, restent quelques vautours qui se sucrent encore sur ces illusions en vendant des solutions de DRM, de filtrage etc. C'est ceux là qu'il faudrait enfermer. Il est temps d'arrêter de télécharger les musiques vendues dans le commerce, et de se mettre à découvrir celles offertes en ligne, c'est la seule vraie manière de consommer qui puisse faire pencher la balance en faveur de nouvelles formes de diffusion. Et si ces nouvelles formes ne font plus vivre l'industrie du disque, les emplois perdus là seront créés ailleurs.
La discussion continue ailleurs
- 1. Le vendredi 20 janvier 2006, 13:26 par Marre de la TV
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Le DRM Weed permet d? d'envisager le P2P seconde g?ration, n'est-ce pas aux industriels de d?ndre cette solution au lieu de promouvoir l'id?que le t?chargement l?l serait forc?nt payant ?
Commentaires
oui, une chose est sure en effet:
quel beau cadeau à la culture musicale qu'est le p2p ! :)
compositeur de musiques de films Le mardi 30 mai 2006 à 19:58