Le Game Design et les contenus narratifs des jeux vidéos
Par JiF le Lundi 21 mars 2005, 18:04 - arts & culture - Lien permanent
Samedi j'ai sacrifié les premières heures d'une partie de jeu de rôles (Magna Veritas pour les connaisseurs) au profit d'une conférence donnée dans le cadre d'une journée d'étude sur le game design organisée à l'Université de Metz. L'intervention d'Aymeric de Guillomont qui prépare actuellement une thèse de sémiotique sur les jeux en général m'a particuliérement intéressé.

Samedi j'ai sacrifié les premières heures d'une partie de jeu de rôles (Magna Veritas pour les connaisseurs) au profit d'une conférence donnée dans le cadre d'une journée d'étude sur le game design organisée à l'Université de Metz. Du programme de cette journée - contrairement à MutantMaker - j'avais écarté la première conférence qui consistait à définir le secteur des jeux vidéos et à discuter de leur potentialité artistique, et la dernière qui tournait autour de l'utilisateur, pour me concentrer sur les interventions à propos des contenus des jeux vidéos et en particulier de leur teneur narrative.
Trois interventions en 1h30 c'est un peu trop synthétique pour vraiment aller au fond des choses (on espère que le recueil qui doit paraître suite aux discussions qui ont précédé cette journée sera plus riche) et ça me conforte à penser que je n'ai rien raté en n'assistant pas au reste, la première session en particulier qui balayait des domaines déjà bien définis dans certains ouvrages. Mais le premier intervenant lancé une piste qui me plait et à laquelle j'adhère. Aymeric de Guillomont (un des acteurs de GameDesign Labo) prépare actuellement une thèse de sémiotique sur les jeux en général intitulée "Jeu et signification : pour une sémiotique générale des univers ludiques", c'est d'autant plus notoire que :
- il n'existe que très peu d'études sur les jeux
- son propos est justement de dire que l'engouement pour le jeu vidéo ne doit pas cacher cette carence théorique qui empêche d'analyser correctement cette nouvelle forme ludique
En effet bien des théoriciens du jeu vidéo ont relié ce dernier à un autre média dont ils étaient experts. Le plus souvent c'est le cinéma et l'audiovisuel qui ont servi de boîte à outil à ces analyses. Or Le jeu vidéo n'est rien d'autre qu'une nouvelle forme ludique, et à ce titre on ne peut l'analyser sans l'inscrire dans le champ ludique en général et sans adopter les outils d'une analyse ludique... Sous peine d'en faire éternellement le parent pauvre d'autres médias, alors que son écrasante réussite économique leur fait de l'ombre à tous depuis quelques années.
On en revient au premier point : il n'y a pas ou très peu d'études "ludologiques" sérieuses... D'où l'importance de celle que mène Aymeric de Guillomont ! Pour moi qui ai consacré un modeste mémoire au potentiel d'un récit qui exploiterait des ressors ludiques c'est plus qu'une évidence. Quel que soit le poid économique du jeu vidéo, il n'est pas venu de nulle part et ses origines sont à chercher bien plus dans les jeux de société, jeux de rôles, jeux sportifs et autres pratiques ludiques, que dans le cinéma.
Les autres éléments de conférences ont essentiellement consisté à raccrocher le jeu vidéo au schéma sémiotique narratif :
- contrat
- acquisition de la compétence
- réalisation de la performance
- sanction positive ou négative
Et au schéma actentiel qui distingue les acteurs suivants du récit :
- le sujet/héros
- l'antisujet/l'adversaire
- les opposants
- les adjuvants
- le responsable des valeurs du récit, le destinateur du contrat
Ce qui est amusant c'est que cette démarche adopte un cheminement inverse du jeu vers le récit pour moi qui suis allé du récit au jeu. Les deux pôles sont extrêmement liés et cette intervention m'a conforté dans l'idée que le récit conçu comme jeu est une forme de retour à la tradition orale... Vers un conte multimédia.


Commentaires
salut c'est tres bien
salut, il y a quelques étued très interessant sur les jeux videos!! mais.. pas en français ;)
si tu est interessé, je suggerai: marie-lare ryan, espen aarseth, jesper juul ou les sites gameology et gamestudies.
ciao!
Dario