2005 mai 1
Le film d'avril : Locataires | La pas-film d'avril : Man to Man
Désolé du léger retard, j'attendais d'avoir vu "Breaking News" pour être bien sûr de mon film du mois. Le mois dernier donc, j'ai vu coup sur coup deux films qui traitaient de l'humanité. Pas l'espèce humaine, mais cette petite chose qui rend certains de nous plus ou moins humains. Le premier, Man to Man, bien-pensant, poncifiant et lourd. Le second, Locataire, discret, tout en nuances, en silences et en poésie. Des deux vous aurez bien entendu deviné lequel est mon film du mois.
Commençons par Breaking News puisque j'en parle. Si vous aimez les petits films d'actions qui ne mangent pas de pain, sachez que Johnnie To est réputé être l'un des meilleurs artisans du cinéma de Hong Kong. J'ai un meilleur souvenir de The Mission. Time & Tide de Tsui Hark était autrement plus ébourifant grâce à une verve esthétique que Johnnie To atteint rarement. Mais Breaking News montre quelques fusillades bien torchées, quelques gags à la chinoises rigolos d'absurdité... Et son synopsis rappelle une certain actualité nationale bien de chez nous : pour rassurer la populace quant à sa sécurité, invitons les médias sur le terrain de nos opérations policières (un résu plus complet chez sugaryin). Ce genre de raisonnements à vomir n'est malheureusement pas aussi démonté dans le film qu'on l'aurait aimé.
De plus en plus, on prend nos contemporains pour des buses... Mais ça ne date pas d'hier. Par exemple dans Man to Man ces deux pauvres pygmées ramenés par un ethnologue britanique, du temps où les nobles pondaient des théories fumeuses et les mettaient en application histoire de moins s'ennuyer entre deux partie de cricket. Celui là est donc persuadé de ramener le chainon manquant de l'évolution du singe (dont on descend, et qui descend de l'arbre pour sa part). Mais heureusement, comme c'est le gentil, il comprendra vite que les pygmées sont de vrais êtres humains. Il est un peu aidé par une marchande vénale, mais suffisament terre à terre dans cette époque dominée par les mâles, pour faire la différence entre exploiter des bêtes et exploiter des hommes. La galerie de portraits se clôt avec le scientifique sans scrupule qui ferait n'importe quoi pour prouver ses théories (le méchant, avec la tête de l'emploi), et le judas au repentir tardif. Le reste c'est le peuple, la foule, qui -comme on le sait- est toujours plus bête que la somme de ses parties. Un film franco-britanique surfait, qui ne pose pas vraiment de question puisqu'il sert des réponses toutes faites, très loin de la poésie de mon film du mois.
Kim Ki Duk avait déjà créé Printemps, Eté, Automne, Hiver ... et Printemps, à ne pas manquer (si -comme moi- vous l'aviez raté, on le trouve en DVD sur Internet à un prix défiant toute compétition). J'avais donc (contrairement à Oli) un très bon a priori pour ce réalisateur. Dans Locataires, il est question d'un homme qui pour en être un ne vit plus avec ses semblables mais chez eux. Le héros muet (par choix et pas par handicap) de ce film repère les logements dont les habitants sont absents et invariablement :
- y pénètre en crochetant la serrure, aussi perfectionnée soit-elle
- écoute le répondeur téléphonique pour savoir jusqu'à quand sont partis les occupants légitimes des lieux
- se lave dans la salle de bain
- enfile les vêtements de la penderie
- répare un objet cassé mieux que Mac Gyver
- fait la lessive
- se couche
- repart au matin, parfois un peu précipitament
L'humanité lui tombe sur le coin de la figure le jour où il rencontre l'habitante d'une maison, abandonnée là par son mari violent. Elle non plus ne parlera pas. Les seules voix de ce film sont presque restreintes à celles des répondeurs (on aurait d'ailleurs rêvé ne pas en entendre d'autre). La musique, discrète, est toujours diégétique (c'est à dire qu'elle existe dans le récit et pas en surimpression lyrique). De silences en silences, on est bercé par la longue rencontre des deux êtres, on suit leur déboires face au reste de l'humanité plus ou moins compréhensive devant ce qui échappe à ses règles (pourquoi entrer chez les gens si c'est pour ne rien leur voler ?). Il est difficile de dire ce qu'on ressent devant ce film, justement parce qu'il est loin de ce à quoi le cinéma occidental nous a habitué. C'est aussi difficile, parce que ce film échappe aux autres productions du cinéma asiatique, souvent très beaux aussi, mais devant lesquels on oublie rarement que le temps passe. Je l'ai aussi vu avec ma chère et tendre et nous avons été charmés nous aussi. Je ne sais pas si c'est le film le plus abouti de son auteur, mais ne le manquez pas s'il passe encore près de chez vous !

Commentaires
Superbe film les "Locataires" il n'y a pas a dire le cinéma asiatique a la pêche !
kiwi Le lundi 2 mai 2005 à 18:06
Kim Ki-duk a écrit ce poème à propos de son film : « Nous sommes tous des maisons vides, attendant ardemment que quelqu'un vienne ouvrir la porte et nous libère... Et un beau jour, un homme, comme un fantôme, apparaît et ouvre la porte pour m'emmener avec lui. Aujourd'hui, je fais confiance à cet homme pour le suivre sans réserve, vers un destin nouveau »...
Voilà de quoi nous mettre merveilleusement sur la voie, indiquant très bien la personnalité de ce metteur en scène sud-coréen. Un artiste la recherche de lui-même et de l’autre, plutôt angoissé au sein d’une société monocorde. Son travail cinématographique ressemble à sa personnalité, en perpétuelle recherche des sens, pas totalement aboutie. Sûr que Kim Ki-duk possède quelque chose dans le ventre et dans la tête, comme une tornade qui ne demande qu’à exploser à la face du monde. Une tornade avec ses forces et ses faiblesses…
« Locataires », un scénario très original avec cet homme qui change de maison comme d’autres changent de chemises. Il s’introduit, profite de l’espace tout en le nourrissant. Un échange étrange de bons procédés. Coté face, un violeur d’espace, côté pile, une aide gratuite à domicile.
La question qui se pose rapidement est de savoir qui est cet homme. Le réalisateur suggère des réponses diverses sans vraiment se dévoiler. Qui est cet homme ? Est-ce un homme ? Est-ce un symbole ? On pense à un ange, à un fantôme. Dans son poème à propos du film, Kim Ki-duk suggère plutôt un fantôme, alors suivons-le sur cette voie. La structure du récit frôle le surréalisme ou le fantastique, sans jamais y entrer totalement. Le réalisateur cherche à jouer sur les deux possibilités : Un fantôme et/ou un homme. Un personnage extrêmement intéressant donc, puisqu’à multiples facettes qui induit le récit dans une structure entre le réalisme et le fantastique.
Le metteur en scène cherche à surprendre en frôlant l’exercice de style. Les deux personnages principaux vont vivre leur rencontre dans un silence absolu. Pas un seul dialogue entre eux deux, tout étant suggéré uniquement par l’image. Par ce biais, le réalisateur s’invite dans la cour des grands avec de l’inédit, de l’image qui parle et des silences explicites !
Kim Ki-duk utilise énormément la métaphore visuelle, parfois trop, s’embourbant ci et là dans des symboliques brumeuses, qu’il a du mal à contrôler, et qui peuvent induire des interprétations diverses, peut-être loin de ce que le réalisateur aurait voulu suggérer. Par exemple, ce club de golf, qui peut être interprété comme symbole de la bourgeoisie nauséabonde, et qui d’ailleurs finira par tuer. Peut-être que oui, peut-être que non. Impossible d’accréditer complètement cette thèse au regard du film. Une façon de procéder qui me fait penser à un certain cinéma de Greenaway ou de Fellini, parfois devenu illisible, parce que le metteur en scène en a trop dit ou pas assez, dans une utilisation des symboles à outrance.
Et puis, Kim Ki-duk se fait piéger à son propre jeu avec un récit qui semble clairement critiquer une société fade, conformiste, sans surprise, consumériste. Alors pourquoi l’épouse battue reste-t-elle chez elle et ne s’enfuit pas avec son amour fantôme ? Pourquoi si ce n’est pour le réconfort matérialiste ? L’homme fantôme, à la fin du récit, semble lui aussi jouir des bienfaits du monde matérialiste et superficiel alors qu’il en incarne le symbole dénonciateur ??? Pas très clair tout ça, comme si le metteur en scène avait fini par complètement s’embourber dans ses propres ficelles. Un metteur en scène qui ne fait toujours dans la dentelle non plus, avec le mari, crapule, lourdement caricatural, sans aucune humanité, invitant facilement le spectateur à s’unir au couple silencieux. Un peu grossier comme procédé manichéen, avec lequel le cinéma asiatique ne s’associe que très rarement.
Pour résumer, beaucoup de très bon et un peu de moins bon, pour un cinéaste en recherche et en devenir, avec une très grosse personnalité surdouée et intéressante, mais qui doit s’affiner.
Chris Le jeudi 4 août 2005 à 10:05
Merci pour ton analyse Chris !
Le symbolisme, la lutte contre le consumérisme/matérialisme sont des préoccupation peut-être un peu trop occidentales. Peut-être est-ce notre regard d'occidentaux qui cherche ces éléments de sens dans un film qui traite de questions plus universelles, mais dans le cadre de notre société contemporaine ? Et si le matérialisme n'était que le signe de l'humanité contemporaine, en le fuyant ce sont ses semblables que fuit le héros. De la même manière, l'omniprésence du téléphone parle de communication plus que de nouvelles technologies.
JiF Le jeudi 4 août 2005 à 10:36
merci JiF !
tu dis : "Kim Ki Duk avait déjà créé Printemps, Eté, Automne, Hiver ... et Printemps, à ne pas manquer (si -comme moi- vous l'aviez raté (fr), on le trouve en DVD sur Internet à un prix défiant toute compétition)"
je connaissais Kim Ki Duk pour son film merveilleux et sombre, « L'Ile », et effectivement je ne me pardonnais pas d'avoir raté "Printemps, Eté, Automne, Hiver ... et Printemps". Je viens donc d'acquérir mon 1er DVD sur le net, et c'est grâce à toi (ou à cause de toi, c'est selon, LOL). ;-)))
Beautymist Le lundi 22 août 2005 à 09:37
bonjour qq1 pourrét-ilme faire un résumé du film de man to man ?? parce que je dois rendre un résumé pour lundi en classe mais le film ne m'a inspiré merci du fons du coeur pour ceux qui m'aideront dans ce travail !!
tou_kil Le samedi 5 novembre 2005 à 18:21
jvoi ke personne ma rep c tro sympa merci
jvé savoir ma note lundi jvé vou dire çà
tou_kil Le samedi 12 novembre 2005 à 21:45
tou_kil > si personne ne t'a répondu c'est parce que :
1- la moindre des choses serait d'écrire en Français correct et pas en langage SMS. Tu es sur un site, pas sur un chat ou dans une discussion entre portable avec tes potes.
2- l'exercice qu'on t'a donné à faire ne consiste pas à copier/coller le résumé de quelqu'un d'autre mais à faire le tiens. Que le film t'ait inspiré ou non n'a d'ailleurs rien à voir : un résumé n'est pas censé porter de jugement, juste raconter en synthèse ce qui se passe dans le film. Idéalement il faudrait que tu sois capable d'être critique, ce qui n'a rien à voir avec dire que le film ne t'a pas inspiré. Etre critique demande de peser le pour et le contre, de chercher ce que des gens ont pu toruver à ce film pour mieux expliquer ce qui te semble y manquer... Ou l'inverse.
3- qu'est ce que tu dirais si je venais te dire "fé moa mon site web ke mon clien ma demandé, paske sa m'inspire pô. merci du fond du coeur 2 m'aidé" ? Quand on te demande un travail, surtout dans la cadre d'une formation, c'est à toi de le faire et à personne d'autre, surtout que tout le monde a ses obligations. Demander de l'aide ou des conseils ne veut pas dire devenir une sangsue et un parasite incapable de se débrouiller seul. Tu aurais pu essayer de nous dire ce qui ne t"inspirait pas dans le film, peut-être que quelqu'un t'aurait apporté d'autres arguments et d'autres idées, et tu aurais pu étoffer ton résumé en réfléchissant sur cette discussion.
J'espère que cela t'aidera pour la suite, ce qui n'aurait pas été sympa ç'aurait été de te répondre en détail. Ta note ne volera sans doute pas bien haut, mais peut-être que les prochaine seront meilleures si tu comptes un peu plus sur toi à l'avenir.
JiF Le dimanche 13 novembre 2005 à 01:11
ba en fait je me suis debrouillé toute seule et j'ai eu 18/20 donc bon çà calme grave koi ! salut
tou_kil Le vendredi 18 novembre 2005 à 17:44
et ji repense cT mm pa le mm film kon parlai alors voilà koi
bye.....
tou_kil Le dimanche 18 décembre 2005 à 10:40
N'importe où, il faut trouver ces débiles qui ne peuvent pas écrire en français.
Ca fait sans doute ringard pour ces ringards modernes mais surtout incultes.
Et ils font des commentaires. Si c'est ca la libre expression, il y a du souci à se faire.
Car en réalité ca masque beaucoup de choses peu réjouissantes.
PS : je n'avais vu que le dernier post puis j'ai vu que quelqu'un déplorait aussi cela plus haut. Si ce sont des jeunes, ce n'est pas une histoire de génération. Ne pas savoir écrire (comme il y a 20000 ans), ce n'est pas un signe de progrès. Pendant des millénaires, l'homme a évolué avec l'écriture. Ce n'est pas en régressant avec les SMS qu'on se donne des gages de réussite dans la vie. Qu'on discute de l'adaptation du français est une chose qu'on ne le parle ni ne l'écrive plus en est une autre.
Et que nous devions le subir, je ne suis pas d'accord, surtout quand, de plus, on demande quelque chose. C'est aussi une question de correction. Vous pensez qu'un jour votre feuille d'impôt sera rédigée comme cela !?
Et il faut arrêter de voir cela comme un problème de jeunes ou de vieux. Ce n'est pas qu'histoire de goût. Je préfère encore des fautes d'ortographe de quelqu'un qui fait l'effort d'écrire.
camefatigue Le mardi 25 avril 2006 à 16:01
Salut tout le monde! j'aimerai just avoir une petite aide. Je voudrai retrouver la musique, que mets le graçon quand il rentre dans les maisons. Car je la trouve trop jolie cette musique, d'un style oriental hihi!
Je vous en remerci par avance
PS: j'ai adoré le film!
ylies Le dimanche 7 mai 2006 à 17:23
oui s'il vous plait je la cherche depuis longtemps moi ossi cette musique!!!s'il vous plait vous ne savez pas ou je pourai la trouver???
laura Le mardi 9 mai 2006 à 13:36
bon je vien de la trouver : slvian voila bisou!!!!
laura Le mardi 9 mai 2006 à 13:38
Salut,
Je viens juste confirmer que le problème des fautes d'orthographe n'est pas un problème de génération (j'ai 14 ans, presque 15, je passe en Tale en sept. 2006, et j'ai 18 de moyenne en français, d'accord?)
Je crois que le problème c'est que les parents et l''école n'aident plus autant qu'ils le faisaient il y a vingt ans... Ma mère a toujours été derrière moi, m'a toujours aidée, et c'est grâce à elle que j'ai deux ans d'avance! Donc un conseil à tous les "jeunes" qui se plaignent d'être nuls en français: lâchez le SMS, sortez, et nouez le contact avec vos parents! Etre ado n'implique pas de rejeter ses parents, au contraire, ils sont les seuls à qui vous pouvez faire confiance!
Bon, j'arrête...
sammy15
sammy15 Le mercredi 5 juillet 2006 à 09:03
Ce film est magnifique et la musique le personnage principale met à chaque fois et trop belle c'est de la musique arabe et j'aimerai connaitre la chanteuse et le titre de la chanson merci de me répondre!!!!
Cerise Le samedi 5 mai 2007 à 19:27
superbe .atmosphere ,musique ,peu de paroles, quand on sait que ce film a ete realisé en une quinzaine de jours de memoire ,genial ce cinema asiaique
patxi Le mercredi 4 juillet 2007 à 08:35