Occasionnellement, il m'arrive encore de regarder la télévision : on l'a bannie de chez nous, mais elle est toujours là chez les parents, les amis... Avant-hier soir au détour d'un "Soir 3", un journal TV tout de même un peu moins bête que celui de TF1, force est de constater que le service public est loin d'assurer sa tâche d'explication et de discussion critique !

On nous parle de la récente baisse phénoménale du chômage (-1,4%) avec, pour l'expliquer, l'exemple d'emplois-solidarités et autres CDD de 2 ans pour lesquels 90% du salaire de l'employé-jetable est payé par l'Etat. Sur cette base d'information, on pourrait rebondir et discuter de l'intérêt de telles mesures sur le long terme, du fait qu'un CDD de deux ans permet tout juste de faire arriver un certain nombre de chômeurs avec un emploi jusqu'en 2007 où se tiendra l'élection présidentielle... Leurs illusions sur l'impact de cette expérience professionnelle précaire sur leur nouvelle carrière peut suffire à faire pencher la balance en faveur de la majorité actuelle. Le Monolecte démontre efficacement que le taux de chômage est manipulé artificiellement par nos dirigeants.

Mais les journalistes de France 3 ont trouvé d'heureux chômeurs-de-longue-durée et appuient sur l'idée que ces derniers voient les avantages des mesures. Bien sûr qu'un premier emploi après plusieurs années de chômage, ça aide à revenir dans la vie active ! Mais il faudrait peut-être être capable d'aller un peu plus loin et de se demander si cela règle réellement le problème. Se demander si ce n'est pas une pierre de plus sur le tas de cailloux sensé empêcher la mauvaise herbe de pousser. Se demander aussi pourquoi des gens se sont retrouvés dans des situations aussi précaires après des années d'expérience professionnelle, comment des jeunes diplômés se retrouvent sans emploi au sortir de leurs formations prestigieuses...

Je n'ai pas de solution toute-cuite, et je critique moins ici les mesures politiques que la façon dont les médias comme la télévision en rendent compte. Il faudrait montrer un peu moins de Sarkozy et traiter un peu plus des problèmes de fond pour en expliquer les tenants et les aboutissants. Ca nous éviterait peut-être de nous laisser rouler dans la farine en 2007 : parce que voter sur une bonne impression, c'est nous laisser rouler dans la farine.