• Bien sûr on se bidonne devant le combat épique contre un scarabée en plastique...
  • Bien sûr il y a des accords de basse bien graves pour ponctuer les apparitions du monstre...
  • Et bien sûr tous les codes du film de série Z sont utilisés pour notre plus grande joie.

Mais fort heureusement le film a un petit quelquechose de plus

  • Les scènes fantastiques sont finalement peu présentes face à l'enquête savoureuse des deux grabataires, tout affairés à expliquer les phénomènes qu'ils semblent les seuls à remarquer.
  • Le thème principal se décline aussi dans les sonorités héroïques : sauver les âmes de nos anciens a autant d'importance que de sauver le monde.
  • C'est une fable sur la vieillesse, qui n'épargne personne et qu'on préfère pourtant ignorer dans notre monde moderne où l'on est bien trop occupé.

"Elvis" et "JFK" sont réellement touchants, si l'on accepte de considérer cette production indépendante autrement que comme un film pop-corn un peu niais, qui n'aurait pas les moyens de ses ambitions (divertir).

J'oubliais... Bien sûr il y a des répliques cultes telles que

Ask not what your rest home can do for you.

Ask what you can do for your rest home.

... légère variation sur une citation du vrai JFK, qui résume à merveille ce film dans lequel ce qui compte n'est pas l'ampleur des événements, mais celle des convictions et des actes. Une belle leçon d'humilité, avec l'humour en prime.

Un grand film (dixi Docteur Devo) ? Sans doute, le palmarès des festivals qui l'ont reconnu en atteste.

Edit du 01/03/06 : J'ai percuté ce matin sur une similitude de fond entre ce film et Space Cowboys de (et avec) Clint Eastwood. J'ai beau énormément apprécier Mr Clint (Cf. mon billet sur Million Dollar Baby), j'avais été très déçu de son épopée spatiale. Bubba Ho-Tep m'a fait comprendre pourquoi :

  • Dans les deux films on voit une bande de papys retrouver un semblant de jeunesse face à des événements particuliers, dès lors qu'ils décident de prendre les responsabilités qu'ils sont les seuls à pouvoir prendre.
  • Dans les deux films on a affaire à du cinéma de genre, Space Cowboys s'en prenant ouvertement à des films pop-corn comme Amageddon
  • Pourtant Space Cowboys n'a pas l'humilité de Bubba Ho-Tep, ni l'audace d'éviter le spectaculaire pour plonger dans son sujet (nos anciens et leur place dans notre société sans pitié). A travers un sauvatage dérisoire (une bande de retraités condamnés menacé pâr une momie ridicule), Bubba Ho-Tep s'avère finalement plus convaincant que les quatres vieux astronautes partis empêcher un satellite de s'écraser.