Julien Falgas

Formé aux arts plastiques et aux contenus web, je suis un observateur et un acteur assidu de l'évolution de la bande dessinée numérique. Webmestre pour l'Université de Lorraine, j'assure des enseignements devant des étudiants en Sciences de l'information et de la communication. Depuis 2011, je prépare une thèse consacrée aux usages des dispositifs de publication numérique par les auteurs et les publics de bande dessinée.

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2006 avr. 6

face au CPE, la CFDT a des propositions concrètes

La question que beaucoup se posent depuis plusieurs semaines n'a bien souvent pas trouvé de réponse, noyée qu'elle est dans le seul message "retrait du CPE". Que proposent les syndicats en terme de contrats de travail ?

J'ai trouvé une page assez complète sur la position de la CFDT qui prône une sécurisation des parcours professionnels et explique en quoi cela doit progressivement se substituer à la sécurité de l'emploi, en dépis de notre culture française de l'emploi "à vie".

L'idée est d'arriver progressivement à un modèle proche de celui du Danemark dont l'efficacité est démontrée par Emmanuel sur son blog... Ce qui serait tout de même plus positif que le modèle américain qui génère de bien tristes inégalités (les working poors contraints de cumuler deux emplois à temps plein pour subsister difficilement). Et ce qui serait sans doute plus simple à faire passer dans notre culture que la flexibilité libérale à l'américaine.

La question à ce stade, sachant que nos dirigeants parlent aussi de "sécurisation des parcours" : y en a-t-il qui croient que le CPE ressemble en quoique ce soit à une approche du modèle Danois ou à un pas vers cette sécurisation des parcours ?! Le CPE c'est la charue avant les boeufs: soyez flexibles, tant que vous aurez moins de 26 ans vous trouverez bien des patrons pour en profiter... Mais après, direction l'ANPE et l'Unedic, et tant pis si les derniers rapports sont accablant sur leurs capacités à vous accompagner pour trouver un nouvel emploi.

Voilà pourquoi je trouve ridicule de prôner la mise à l'essai. Avant de demander à quelqu'un de sauter dans le vide, on lui accroche son parachute et on lui explique un peu comme ça se passe. Nos dirigeants ont préféré faire mine de nous pousser sans prévenir et sans aucun parachute... Dans ces conditions, proposer de faire un point à mi parcours, alors qu'on n'aura toujours pas de parachute, c'est au mieux une mauvaise blague. Et tergiverser sur l'opportunité de ne pas nous pousser, c'est proprement du sadisme. Ca donne des millions de gens complétement flippés, ce qui n'a rien d'étonnant ni de honteux. Je trouve donc très positif que l'on trouve la force de protester et de se réunir dans la rue pour demander à ce que les choses se passent autrement. Il serait peut être temps que le message passe, qu'on atterrisse et qu'on commence par le commencement.

PS: je n'ai jamais pratiqué le parachutisme.

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