Julien Falgas

Formé aux arts plastiques et aux contenus web, je suis un observateur et un acteur assidu de l'évolution de la bande dessinée numérique. Webmestre pour l'Université de Lorraine, j'assure des enseignements devant des étudiants en Sciences de l'information et de la communication. Depuis 2011, je prépare une thèse consacrée aux usages des dispositifs de publication numérique par les auteurs et les publics de bande dessinée.

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2006 oct. 1

La BD et les nouvelles technologies : mort ou renaissance d’un genre ?

A quoi doit s’attendre le secteur de la bande dessinée en France ? Ce genre à part, à mi-chemin entre l’écrit et l’image, va-t-il disparaître, survivre ou encore évoluer ? Faut-il voir dans les nouvelles technologies un instrument de destruction, ou au contraire de diffusion voire de création ?

Mémoire de Master 2, de Sébastien Prévost, sous la direction de Luc Pinhas. Université Paris 13. UFR des Sciences de la communication - IUP métiers de la communication. Orientation : commercialisation des produits d’édition.

Introduction

D’abord peu connues et mal comprises, celles qu’on a appelées les nouvelles technologies se sont progressivement imposées dans nos vies sous de multiples formes. La téléphonie mobile n’est qu’un exemple parmi d’autres. Ses opérateurs, encore en pleine genèse il y a dix ans, sont aujourd’hui des empires de la télécommunication. Les FAI, ou fournisseurs d’accès à Internet, combinent désormais ce qui constitue leur cœur de métier à de multiples offres, où téléphonie et télévision sont autant d’arguments de vente.

Pourtant, au milieu de ce déchaînement du numérique, on trouve encore un dinosaure, un vestige des temps anciens : le livre. Alors que la mort de celui-ci était annoncée sous l’ère Jean-Marie Messier et l’avènement du e-book proclamé, c’est l’objet-livre qui a survécu à son jeune challenger, en défiant au passage tous ses détracteurs. Cette victoire n’a pas été sans conséquences. Des précurseurs, comme l’éditeur virtuel 00h00.com, ont fait faillite. Pourtant, l’invasion du numérique prend aujourd’hui d’autres formes. Le livre ne lutte plus contre l’écrit, il lutte contre l’omniprésence de l’image.

Au Japon, l’édition de bande dessinée traverse une crise sans précédent. La récession que subit le secteur est imputée par beaucoup aux nouvelles technologies, qui concurrencent sans merci l’univers des bulles sur le terrain du loisir. Mais plus qu’une course aux parts de marché, l’affrontement qui se dessine sonne davantage comme une lutte (à mort ?) entre deux supports, un ancien, le papier, et un nouveau, l’écran.

Une hypothèse pourrait donc être d’avancer, qu’à l’instar du Japon, la France va connaître un raz-de-marée numérique qui portera un coup fatal au secteur de l’édition de bande dessinée et qu’alors, pour survivre, cette dernière devra opérer un transfert du papier à l’écran.

Dans ce contexte incertain, à quoi doit s’attendre le secteur de la bande dessinée en France ? Ce genre à part, à mi-chemin entre l’écrit et l’image, va-t-il disparaître, survivre ou encore évoluer ? Faut-il voir dans les nouvelles technologies un instrument de destruction, ou au contraire de diffusion voire de création ?

Pour répondre à ces questions et prendre la pleine mesure des enjeux en présence, il convient dans un premier temps de faire un état des lieux de la bande dessinée en France. Dans un second temps, nous nous pencherons sur l’impact des nouvelles technologies sur la bande dessinée. Enfin, nous traiterons des nouvelles technologies comme espace de création et d’évolution de la bande dessinée.

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Commentaires

1

Un truc qui m'énerve prodigieusement, ce sont les gens qui confondent blog BD et webcomic.
Et pas un seul webcomic francophone de cité... Pfff...
Surtout quand les gens en question ont fait une recherche "sérieuse" sur le sujet.

Alors forcément, ça pousse à lire d'un oeil très critique.

Sinon, je ne trouve pas que ce mémoire apporte grand-chose de nouveau au sujet,
à part des poncifs sur l'interactivité et des resuccées de Scott Mc Cloud.

(l'interview de Capuron et son point de vue sur internet sont néanmoins intéressants)

Phiip Le dimanche 1 octobre 2006 à 15:06

2

A mon avis un facteur important est de savoir QUELLES bandes dessinées vont avoir du succès.

Pour être présent sur papier, il faut plaire à un éditeur (d'où une certaine sélection, pas toujours dénuée d'idéologie). Et même si on est édité, la fabrication d'un livre coûte cher, il faut gérer des stocks qui s'épuisent, etc. Ainsi même l'un des meilleurs dessinateurs de France, Sergio Macédo, est en rupture de stock sur presque tous ses titres (Voir sur Amazon.fr). Côté lecteur, collectionner des bandes dessinées coûte aussi cher, on se contente le plus souvent de les emprunter ou de les lire en bibliothèque.

En ligne le problème est complètement différent: l'oeuvre est disponible tant que le site est debout (il n'en coûte que quelques dizaines d'euros par an). On peut la relire tant qu'on veut, et autant d'oeuvres qu'on veut. (Même celles qui sont payantes sont bien moins chères que sur papier).

Donc ce qu'apporte l'internet est:
-dématérialisation de l'oeuvre, qui en réduit énormément le coût
-absence de censure éditoriale, qui permet à des bien plus d'artistes de s'exprimer, et dans des styles qui ne seraient jamais passés sur papier.

Comment cela va t-il conditionner le futur de la bande dessinée?
A mon avis ce sera tout bénéfice, en particulier en ce qui concerne la liberté d'expression. Davantages d'artistes, davantage d'idées, davantages de thèmes... les possibilités de l'écran, telles que les animations flash, les sons, l'interactivité, donneront un nouveau genre, la bande dessinée animée, plus proche du dessin animé.

Toutefois il y a des limites qui se dessinent.

Tout d'abord, la lecture d'un livre papier est encore infiniment plus confortable que celle d'un écran. Pour prendre, les livres électroniques devront: -avoir un écran aussi confortable à lire que le papier (par réflection, et non par émission de lumière), une autonomie de plusieurs dizaines d'heures, un contenu d'au moins un millier de livres en mémoire statique, et l'accès à l'ensemble de la production texte ou dessin sous forme numérique. On en est encore loin, mais ces conditions pourraient être réunies d'ici une quinzaine d'années. Pour le moment les "e-books" restent des gadgets, mais ils pourraient être la norme d'ici une ou deux décennies et alors réellement renvoyer le papier au musée.

La seconde limite, plus subtile, est une question de facilité. Il est facile de faire de la bande dessinée, il suffit d'un papier et d'un crayon, un scanner et un ordinateur. La mise de fond est minime et le résultat immédiat. Faire de la bande dessinée animée ou sonorisée demande déjà des connaissances en logiciels, et faire quelque chose comme un jeu vidéo demande une grosse équipe, beaucoup de travail et une mise de fond conséquente. Quant au film, malgré la large disponibilité de caméscopes numériques et d'outils windows de montage, on ne voit toujours pas de blogs vidéo, peu d'histoires en vidéo sur Abdel Inn, et pas du tout sur les répertoires de bande desisnée en ligne. Eh oui, la moindre vidéo edemande une équipe très disciplinée, ce qui éloigne beaucoup d'amateurs. Ces répertoires de bande dessinée offrent aussi très peu ou pas du tout d'animations ou d'histoires interactives. Quat à de l'animation, il faut aller carrément chez Pixar ou chez Disney, des gens qui ont beaucoup d'argent, mais bien peu d'idées pour faire quelque chose avec.

Alors on verra de plus en plus de bandes dessinées en ligne, de mauvaise qualité (quatre pages crayonnées et publiées brut de scan), de qualité moyenne, ou quelquefois de bonne qualité, mais elles "risquent" alors d'être repérées par les éditeurs et de passer au papier. A moins que le contenu reste en travers de la gorge des hommes d'argent, ce qui les condamne à l'auto édition.

Donc, pour faire quelque chose de bien, il faudra toujours être bon scénariste et bon dessinateur, et en plus savoir se servir de logiciels d'animation (flash et compagnie).

Un autre aspect est l'argent. Pour faire quelque chose de bien, il faudra toujours du temps. Et des outils. Pas moyen de dessiner des dizaines d'albums si on doit en même temps travailler pour manger. Un auteur édité sur papier, qui bénéficie de publicité et d'une distribution correcte (présent dans les super-marchés) peut gagner sa vie, et il peut donc consacrer de nombreuses années à écrire et dessiner. Une bande dessinée payante sur Internet aboutirait au même résultat, à condition que l'auteur soit connu et bénéficie de nombreux lecteurs.

Beaucoup de choses vont se jouer là: si les lecteurs ne soutiennent pas activement les auteurs, alors on retombera sur un modèle économique où des éditeurs sélectionneront un petit nombre d'auteurs politiquement corrects, les feront connaître et leur attireront des lecteurs, ce qui leur donnera la possibilité concrète de travailler. Les autres, eh bien les autres formeront une masse anonyme, où les talents, les idées originales ou avancées seront noyées dans une masse de production médiocres, au mieux sympas, mais pas enthousiasmantes. Les autres devront avoir un emploi au lieu de faire leur travail. On peut déjà avoir une idée de ce processus sur les annuaires de bandes dessinées anglo-saxons, où les votes des lecteurs font monter quelques histoires, toujours les mêmes, alors que plusieurs milliers d'autres restent inconnues. Comment trouver les perles dans cette masse?

Richard Trigaux Le dimanche 1 octobre 2006 à 22:42

3

"Un truc qui m'énerve prodigieusement, ce sont les gens qui confondent blog BD et webcomic.
Et pas un seul webcomic francophone de cité... Pfff..." selon Phiip.

Moi, ce qui m'énerve prodigieusement, ce sont les gens qui critiquent et qui n'apportent pas d'argumentation. Je ne connais pas la différence entre blog BD et webcomics, pourrais-tu donner ta définition de ces mots (et donc leur différence). Et peux-tu citer des webcomics francophones ?

Le commentaire de Richard Trigaux est beaucoup plus intéressant. Je le trouve pertinent mais quelques points sont à débattre. Je pense que tu as raison pour l'évolution des pratiques de lecture, mais les limites que tu apportes ne prennent pas en compte certaines réalités.

D'abord pour pinailler sur un de tes exemples, je dirais que tu as tort pour les blogs videos, la réussite de site comme Dailymotion le prouve. Effectivement pour trouver un film intéressant dans cette marée de video amateur, c'est difficile pourtant tu pourras en trouver.

En ce qui concerne la possibilité de BD de mauvaises qualités sur le web dans le futur, cela fera parti de cette liberté d'expression dont tu parles. Et ces blogs seront souvent gérés par des jeunes, tout juste sorti (ou non) de leur lycée et cherchant à montrer leur talent et des encouragements pour la suite. Un artiste, un vrai, aura conscience de la qualité qu'il devra fournir. Je ne pense pas que la BD sur le web amènera un nivellement par le bas. Il y aura une plus grande quantité de BD -et il faudra faire le tri- mais les auteurs pourront s'adresser directement à leur public, sans attendre la validation d'un éditeur.

Ensuite, je ne pense pas que ce soit un défaut de passer au format papier après un succès sur internet. Mais surtout, je pense, que le succès peut être indépendant d'une publication papier donc matériel. Pour cela, il faut que l'artiste lui-même change sa pensée.
C'est un tout autre débat : la richesse de l'artiste est l'oeuvre qui va rester derrière lui, le papier se conservera plus longtemps que des données sur un ordinateur. C'est certain. Pourtant, il me semble qu'un artiste peut trouver son art grâce au web, transmettre au plus grand nombre. Non pas pour l'immortalité de son art par le chuchottement de son nom jusqu'à la nuit des temps mais par la reconnaissance de son vivant d'un génie créatif sur un support innovant. Mais pour atteindre ce stade, il faudra attendre des années que la pensée et les moeurs changent. Je pense que la génération suivante, habitué à internet et à l'immatériel, moins enclin au matérialisme (posséder des CD, DVD ou BD deviendra supperflu, tout tiendra dans un lecteur universel où audio, video et le livre cohabiteront) sera plus réceptive. Pour l'instant, c'est de la science-fiction.
Je nous éloigne du propos.

Pour ce qui est de l'argent, tu as l'air de supposer que les auteurs de bandes dessinées gagnent bien leur vie. A l'heure actuelle, un grand nombre vit sa passion mais en aucun cas la majorité arrivent à gagner correctement leur vie. Surtout à l'heure actuel, où les éditeurs de bande dessinée se sont multipliés et où il n'y a jamais eu autant d'auteurs. Ce ne sera jamais "un métier" où l'on gagne très bien sa vie ; à part ces quelques 15 % d'auteurs qui sont connus et reconnus du public.
Beaucoup sont RMistes, d'autres sont soutenus par leur conjoint(e) (ou leurs parents) ou ont a travail à temps partiel à côté.

De plus, tu parles de bonne distribution en parlant de supermarché, ça me fait mal au coeur. Je parlerais de bonne distribution à partir du moment où toutes les librairies (spécialisées ou non)disposent de l'ouvrage. Et surtout, je rajouterai à ça qu'il faut une bonne communication dans tous les médias.

Donc pour moi, rien n'empêche les auteurs de faire leur blog BD ou leur webcomics. Effectivement, un mode de rémunération peut toujours être trouver par internet, la qualité devra suivre ensuite. A part cet attachement pour le format papier, je pense que le webcomics ou le blog BD (à vous de voir) peut évoluer et apporter beaucoup à la bande dessinée.

Et si la prochaine révolution de la bande dessinée ne se passait pas dans un pays (tout le monde se tourne vers l'Inde comme le futur successeur du manga) mais dans une communauté, celle d'internet ?

Raphaël Le mercredi 4 octobre 2006 à 11:24

4

merci Raphaêl pour ces commentaires, qui complètent ce que je disais.
j'ignorais qu'il y avait des blogs vidéo, c'est fait, tant mieux.
Pour la "bonne" distribution, le supermarché est un minimum indispensable, mais évidemment pas du tout exclusif. Certains grands supermarchés ont un rayon bande dessinée digne d'une librairie, le petit super du coin n'aura évidemment que Astérix Tintin et Titeuf.
Pour ce qui est de la qualité, on en avait déjà débatu dans d'autres articles, il est évident que un gosse ou même un ado est tout à fait excusable de faire quelque chose de simple ou style enfantin; mais a mon avis il y a trop de mauvaise qualité, des gens qui ne savent pas dessiner, ou qui n'ont pas grand chose à dire à part reproduire ce qui est à la mode. C'est dommage, parce que pour une bande dessinée en ligne valable, il faut passer des heures à chercher.
Pour ce qu'on gagne, c'est clair qu'on ne gagne pas grand chose. Une des bandes dessinées en ligne les plus célèbres aux US, Earthsong, a demandé exceptionnellement quelques centaines de dollars pour faire le voyage à un salon. Elle les a obtenus, mais quelques centaines de dollars, c'est à peine de quoi faire vivre une famille pendant un mois. Donc même les plus connus ne peuvent vivre de leur art, et tout le monde n'a pas de riches mécènes ou d'amis généreux. Moi-même si je trouve un boulot, je n'aurai pas d'autre choix que de l'accepter, ce qui arrêterait toute mise à jour de mon site. Le problème est là.

Richard Trigaux Le mercredi 4 octobre 2006 à 17:10

5

Il suffit de demander Raphael.
Les webcomics : fr.wikipedia.org/wiki/Web...
(à noter que dans un article connexe, la même erreur est répétée... comme quoi).

Webcomic : c'est un comic strip, mais sur internet.
Blog BD : un type raconte sa vie en BD.

Enfin, quand tu dis "peux-tu citer des werbcomics francophones" alors que nous sommes dans l'ABDEL-INN !
Tsss...

C'est énervant, parce que le type faisant une sorte de thèse sur la bande dessinée,
il devrait tout de même noter la nuance.

Phiip Le dimanche 8 octobre 2006 à 21:04

6

je voudrais revenir sur la distribution des bandes dessinées en supermarché, comparée à celle en librairie spécialisée. Bien sûr on trouvera (en théorie) de tout dans une (bonne) librairie. Mais beaucoup de gens, surtout les enfants, ont leur premier contact avec la bande dessinée au bac du supermarché (où il est souvent possible de les lire sans se faire réprimander, contrairement à une librairie). Alors c'est un peu (beaucoup) dommage qu'on trouve toujours la même chose, Tintin, Astérix, plus quelques nouveautés plus criticables à la mode.

Il y a en France quelques excellents auteurs, plus de nombreux qui font du travail très intéressant, qu'on ne voit jamais dans la grande distribution, ni même en vitrine des librairies. Au lieu de ça on trouve des histoires "pour jeunes" où la délinquance est montrée comme une chose normale, ou bien des séries "les pompiers" "les CRS" "les motards", où on voit vraiment que certaines maisons d'édition ne savent pas quoi publier, et des séries que je ne nommerai pas, mais qui font vraiment facho ou satano (peut-être pas, mais rien qu'à voir la couverture on hésite à les ouvrir)

Peut-être que si les éditeurs et les commerçants consacraient leurs efforts à promouvoir les bons auteurs, ils vendraient davantage de bande dessinée. Mais si ils préfèrent pédaler à côté du vélo en vendant de l'idéologie du passé, ils en paient le prix, par des ventes à une clientèle bien plus "spécialisée"
Quant à la bande dessinée en ligne, elle souffre du même problème: le visiteur d'un annuaire qui clique sur un lien et qui tombe sur de l'absurde, du grotesque ou de l'apologie de la violence, hésitera à cliquer sur le lien suivant... à moins qu'ils soit spécialement intéressé par ce genre de choses. Ainsi la bande dessinée en ligne façonne son lectorat, sa réputation. Je m'en rend bien compte, car mes éolis n'attirent que peu de visiteurs de la part des annuaires en listes. Mais sur le Cercle BD, où les visiteurs se voient proposer un seul titre au hasard, il est alors visible que "Le monde merveilleux des éolis", bien qu'inconnu, attire davantage de clics que des titres pourtant célèbres comme Leonard, Pif ou Troll de Troy.

Ainsi on ne peut étudier l'évolution d'un genre que en référence à son contenu. "Papier" ou "écran" sont des supports. "Dessin fixe" ou "animation" ou "interactivité" sont des techniques. "Science-fiction" ou "chronique sociale quotidienne" sont des genres. "Réalisme" ou "présentation douce à la Tintin" ou "cynisme «style ado»" sont des styles. "Apologie du racket, du sexisme et de la délinquance" ou "idéal de justice" sont des philosophies. Et dans chacune de ces catégories, un auteur fait forcément un choix, qui attirera les lecteurs ou non. L'avanir de la bande dessinée papier comme de la bande dessinée écran dépendent de tous ces facteurs, et non pas de seulement du support ou de la technique.

Je sais, Jif, que tu ne prendra pas position sur le style ou la philosophie (encore que le niveau moyen plus élevé sur Abdel Inn indique un certain filtrage). Pour ce que tu veux faire, c'est normal. Mais ces facteurs sont, à mon avis, plus importants que le support ou la technique, pour l'avenir de la bande dessinée. Cela choquera peut-être certains, mais, au rayon bédé de mon super marché, je n'ai jamais entendu d'autres clients discuter avec enthousiasme d'une bande dessinée... sauf pour Altor, de Marc Bati. Du moins les quelques semaines qu'il aura été présent dans ce super-marché. Si ces albums sont partis si vite, pourquoi les commerçants ne les ont pas renouvelés?

Richard Trigaux Le lundi 9 octobre 2006 à 13:37

7

En ce qui concerne la distribution, comme quoi le supermarché serait le premier contact des enfants avec la bande dessinée : quels parents indignes êtes-vous donc ?

Pendant que maman achète le thon, va donc lire ton troll ?

Les enfants découvrent la bande dessinée en supermarché
1) parce qu'il y a encore des gens assez irresponsables pour emmener leurs enfants dans les supermarchés
2) Parce qu'il y a encore des gens assez irresponsables pour mettre la bande dessinée dans les supermarchés.
S'ils ne la trouvent pas à Leclerc, je vous rassure tout de suite, les enfants trouveront la bande dessinée ailleurs, et ce serait peut-être mieux.
Crumb, quand il était petit, a découvert la bande dessinée dans les poubelles.
Décidez-vous à la fin : soit vous voulez que l'auteur gagne sa vie, soit vous voulez que l'auteur est une bonne distribution.
Croire que les deux sont possible en même temps, c'est bon seulement pour les pousseurs de caddies.

zafra Le mardi 20 mars 2007 à 08:42

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