Webcomic.fr - comme bien d'autres sites - base une partie de son modèle de rentabilité futur sur la diffusion de contenus gratuits associé à des affichages publicitaires. Or il faut s'attendre à ce que l'État vienne nous réclamer une taxe sur les revenus tirés de l'affichage de publicités autour des vidéos de nos painchats.

C'est l'association des services Internet communautaires qui a révélé l'affaire. Selon ses termes :

l'amendement au projet de loi de finances rectificatives pour 2007 voté le 6 décembre dernier par l'Assemblée Nationale et institue une taxe sur les recettes publicitaires de tout site internet diffusant des « œuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels ». (...)

Je suis allé rechercher pour vous l'amendement en question, ce qu'aucun canal d'information que j'ai pu consulter n'avait pris la peine de faire. Il s'agit de l'amendement 91, présenté par Mme des Esgaulx (UMP) et M. Chartier (UMP), daté du 4 décembre. Cet amendement a été adopté.

Grâce à lui, l'État percevra une taxe de 2% sur les revenus publicitaire perçus par "toute personne établie en France qui met à disposition du public un service offrant l'accès à titre onéreux ou gratuit à des œuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels sur demande individuelle formulée par un procédé de communication électronique.". Cette taxe fonctionnera comme la TVA, un peu à l'image de ce qui existe vis-à-vis de la télévision pour financer le cinéma.

Autrement dit la priorité des députés UMP (majoritaires à l'Assemblée Nationale) est de faire vivre le cinéma aux crochets de la création économique ou artistique en ligne, aussi fragile soit-elle. Non content d'hypothéquer la réussite des quelques sociétés françaises qui ont su rivaliser avec des mastodontes tels que Youtube, nos élus semblent ignorer totalement l'impact que cela aura sur les nouvelles formes de création artistique qui balbutient encore sur Internet. La guerre des génération semble trouver là un nouvel exemple inattendu. Plutôt que de soutenir des activités nouvelles et prometteuses, on va une fois encore favoriser des ancêtres qui ont pourtant toute la maturité nécessaire (y compris financière) pour aborder la révolution numérique. Si les industries musicale ou cinématographique ne sont pas capables d'évoluer avec leur temps, qu'on laisse au moins les industries de demain prendre leur envol. Ras le bol de ces combats d'arrière-garde !