2008 mar. 31
Dijiko, Webamag, Webcomics.fr... L'hébergement de BD en ligne en plein boom
Après Webcomics.fr et Webamag, un nouveau site se propose d'héberger des bandes dessinées en ligne : Dijiko. Le moins qu'on puisse dire, c'est que depuis l'an dernier la bande dessinée en ligne semble enfin s'éveiller sur le web francophone. Voilà qui fait plaisir lorsque, comme moi, on s'intéresse à la question depuis 8 ans (Abdel-INN.com existe depuis avril 2000[1]) !
Notes
[1] En réalité Abdel-INN.com existe depuis 2002, mais il a succédé à l'annuaire "BD en ligne" ouvert deux ans plus tôt.
En avril 2005, lorsque naissait l'idée qui a débouché sur Webcomics.fr, le paysage de la BD en ligne francophone était encore en friche. Le phénomène des blogs BD avait labouré le terrain, dans le sillage de l'affaire Frantico. Plusieurs initiatives de webzine regroupant des auteurs avaient déjà vu le jour. L'idée de nous lancer dans une démarche éditoriale nous a effleuré quelques temps avant de nous rendre à l'évidence : il était encore trop tôt pour tout miser sur quelques séries[1]. Et puis surtout, mieux valait créer un appel d'air en offrant aux auteurs un outil aussi simple que ceux qu'ils utilisaient pour publier leurs blogs BD, mais conçu pour publier des BD. Aujourd'hui les faits sont là : de plus en plus d'auteurs (plus de 100 à ce jour) se tournent vers la publication de "webcomics" en parallèle (ou non) d'un blog BD dédié à leur quotidien personnel ou professionnel (nous hébergeons plus de 2500 planches !). Si cette dynamique se poursuit et que le lectorat est au rendez-vous, un véritable marché pourrait bien émerger.
Ces derniers mois, nous eu le plaisir de voir grandir Webamag qui est progressivement devenu lui aussi un site d'hébergement, nourri de la passion de son webmaster pour la BD en ligne. Aujourd'hui Techcrunch annonce l'ouverture prochaine de Dijiko, qui se lance d'emblée avec un statut professionnel. C'est encourageant de voir que d'autres partagent notre analyse et se lancent à leur tour ! Qu'en pensez-vous ?
Commentaires
oui, tout cela est bien. Mais je voudrais faire deux remarques.
Tout d'abord l'édition mutualisée que tu proposes n'est pas la seule solution. Pour 20 à 50 euros par ans, on peut faire son site, sans avoir forcément à connaître le PHP (dreamweaver 2 marche très bien, et c'est un "abandonware", c'est à dire c'est un ancien logiciel pro maintenant gratuit). En cherchant un peu sur les portails de bédé francophone, on trouve plusieurs dizaines de sites d'auteur en France, et certains sont là depuis cinq ans ou plus. Ainsi mes likpas ont commencé à likpater en ligne il y a bientôt quatre ans, sans attendre les "outils simples", et il y a maintenant dans les 700 pages en ligne. Sans compter que tout le monde n'est pas forcément intéressé par la license Créative Commons. Pourquoi ne pas aussi proposer un copyright classique?
Ensuite se pose le problème de la qualité. Si on n'y prend pas garde, on risque de se retrouver dans une situation à l'américaine, où des portails listent ou hébergent jusqu'à 10 000 séries (oui, dix mille). Mais dans le lot, seules quelques-unes sont accessibles sur la page d'accueil, les autres sont noyées dans des centaines de pages dont la consultation est rapidement déprimante, tant la qualité est régulièrement basse voire franchement mauvaise. Une série intéressante est rapidement introuvable, quand elle n'est pas laminée par ces exécrables systèmes de vote.
Je sais que peu de gens se risqueront à faire le tri et sélectionner les travaux d'un tant soi peu de valeur. Mais je ne vois malheureusement pas d'autres solutions que de se mouiller et de prendre position. Webcomic.fr a un avantage sur le système américain: toutes les histoires ont les mêmes chances, grâce au système qui les fait toutes apparaître au hasard sur la page d'accueil. Mais ces chances équitablement réparties deviendront très minces, quand il y aura des centaines d'histoires. Aussi ce n'est pas suffisant. J'attend encore le portail qui indiquera les bédés intéressantes (que ce soit sur le plan graphique, récit, philosophie...) sans "ignorer" ce qui dérange le système. Ainsi la page d'accueil des likpas est un tel portail de séries sélectionnées. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'y en a pas des centaines de pages...
Et on parle de créer un marché. Mais personne ne paiera jamais pour voir des planches brutes de scan montrant quelques grimaces cyniques. Un commerce de la bédé en ligne ne prendra que quand il y aura une offre substantielle de qualité graphique au moins comparable à des séries sur papier comme Tintin, Spirou, etc. et avec un contenu plus intéressant que le monde des geeks (qui de toutes façons ne voudront jamais payer, c'est connu)
likchenpa Le lundi 31 mars 2008 à 23:39
Ça tombe bien, Webcomics.fr n'a pas de système de vote ;)
JMG Le mardi 1 avril 2008 à 10:51
Ce n'est pas parce qu'on parle d'un mode de publication que les autres n'existent pas. La mutualisation offre bien des avantages pour les auteurs qui souhaitent se consacrer avant tout à créer leurs BD, mais cela n'ôte rien au mérite de ceux qui créent eux-même leur site !
Le choix de licences libres ou ouvertes est non négociable. Nous nous en expliquons dans la FAQ de Webcomics.fr : www.webcomics.fr/html/faq...
Concernant la qualité, comme je l'ai déjà dit ici, j'estime qu'il n'est pas du ressors d'un hébergeur de procéder à une sélection éditoriale. C'est sur des sites comme Abdel-INN.com, dans les blogs de chacun, les sites d'information, à travers des labels, des éditeurs, des regroupements d'auteurs que la sélection s'opère. Je mesure bien tout l'enjeu que cela représente et je m'emploie à ce qu'on avance aussi sur ces questions. Mais encore une fois : Webcomics.fr n'est pas le lieu d'une sélection. Webcomics.fr peut accueillir librement et gratuitement une multitude d'initiatives isolées ou collectives, c'est déjà pas mal :).
A ce sujet, nous nous autorisons toutefois une sélection de ce qui peut apparaitre sur notre page d'accueil (aussi bien dans l'espace aléatoire qu'en dessous). Cette sélection devient de plus en plus drastique à mesure que nous hébergeons plus de BD. Sa seule vocation est de valoriser ce que Webcomics.fr permet de meilleurs. Cela n'empêche pas chaque lecteur de trouver ceci ou cela "naze", "merdique" ou "insipide" : je constate simplement que chaque lecteur a sa propre conviction de ce qui mériterait d'être mis en avant... Notre sélection est ouverte, aux lecteurs de montrer autant d'ouverture que nous ;).
JiF Le mardi 1 avril 2008 à 17:13
Il est évident qu'une évaluation de la qualité doit se faire selon des critères objectifs. Dans la plupart des critiques de littérature, de bédé, ou simplement sur amazon.com, on trouve toujours quelqu'un qui dit "c'est super" et juste après un autre qui dit "c'est excécrable". Ceci n'est pas de la critique, c'est simplement des gens qui confondent leur attirance/repulsion personnelle avec une qualité ou un défaut intrinsèque de ce qu'ils évaluent. Ce qui tue actuellement la bédé (francophone comme anglophone) est que justement certains défauts objectifs (cynisme, traits malhabiles, poncifs obligatoires) sont considérés comme des qualités supérieures, alors que de la bédé au trait net et au contenu moralisant, à la Tintin, est considérée comme ringarde, voire mauvaise. Et cette opinion est le fait de gens qui ne voudront pas payer de toutes façons. Cette situation, je l'ai déjà dit il me semble, fait que les lecteurs potentiels (ceux qui seraient prêts à payer) referment rapidement les portails de bande dessinée, et qu'ils risquent de le faire aussi pour webcomic.fr.
Donc tout l'avenir de la bande dessinée en ligne repose sur notre capacité à sélectionner les récits qui en valent la peine, mais aussi à le faire de manière objective. Bien sûr, si on conteste la notion même d'objectivité, alors on rentre dans le n'importe quoi, dans le sadomazo.
En ce qui concerne la license Créative Common, tout d'abord la page de ta faq semble avoir changé de place, et je ne l'ai pas trouvée, je ne connais donc pas les raisons du choix de la license créative commons.
Par contre je peut m'expliquer du choix d'un copyright classique pour le site des likpas (et toutes mes autres créations). Ce n'est pas une question d'argent (je ne me fais aucune illusion à ce sujet, d'ailleurs les likpas ont interdit l'argent dans leur pays). C'est une question de RESPECT de mon travail. Tu as du remarquer que mon travail a pour but de faire passer un message, et un message positif, utile dans le monde actuel. Je suis prêt à autoriser toute autre personne qui a aussi un message positif, à utiliser mon travail pour aider le leur (comme ont pu le faire Crumb ou Reiser). L'ennui c'est qu'un accord donné a priori permettrait à tout un tas de gens de détourner mon travail pour cautionner des opinions qu'ils prétendraient positives, mais qui ne le seraient objectivement pas. J'évite l'apparition de telles situations avec un copyright classique, quitte à autoriser au cas par cas des personnes à utiliser (au besoin gratuitement) mon travail pour illustrer d'autres démarches positives. Les licenses Créative Common ne permettent pas ce genre de contrôle. Elles seraient bien dans un monde où tout le monde aurait les mêmes opinions politiques ou religieuses, où tous les désaccords auraient été résolus. Mais ce monde n'est pas le nôtre. Au contraire les licenses Créative Commons semblent plutôt supposer un nivellement par le bas, ou impliquer que nous devrions tous accepter l'idéologie de ces pirates qui ont tant fait de mal à la musique.
Dans ces conditions, il est clair qu'avoir accepté une licence créative commons pour mon travail, même la plus restrictive, est une concession extrême, et que c'est à titre, en quelque sorte, expérimental, ou promotionnel. Vu d'ailleurs l'absence de retour réel de la part de lecteurs, pour un travail qui est objectivement dans les meilleurs, j'envisage sérieusement de retirer ma participation.
Bon, tu fais ce que tu veux sur ton site, mais c'est la première fois que je vois un "simple hébergeur" qui impose un certain usage de ce qu'il héberge. Reconnais que ce n'est pas neutre.
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likchenpa Le mercredi 2 avril 2008 à 10:12
ceci dit, je suis curieux de voir ta "selection de plus en plus drastique". Même si tu t'en défends, cette idée semble rejoindre en finale ce que je disais, à savoir de mettre en avant les travaux qui en valent la peine, qui pourront intéresser les lecteurs. Cela n'empêche personne de publier ce qu'il veut, mais au moins les lecteurs pourront trouver ce qu'ils cherchent, des histoires intéressantes, qu'elles contiennent un message utile, ou qu'elles soient simplement agréables à lire.
Un détail avec lequel je ne suis pas d'accord, est de favoriser les histoires qui font des mises à jour. Les histoires terminées sont alors injustement désavantagées. J'ai eu le coup avec des sites américains.
likchenpa Le mercredi 2 avril 2008 à 11:00
J'ai corrigé le lien, il se trouve qu'un "point" s'y était malencontreusement collé : www.webcomics.fr/html/faq... . C'est un choix engagé de notre part, nous ne sommes pas les seuls à défendre un tel choix. Dans le domaine de la musique, plusieurs sites de pur hébergement (Jamendo, Dogmazic) ont fait le même, pour les mêmes raisons. Je ne crois plus à la vertu protectrice du copyright, je crois qu'il est préférable d'autoriser explicitement les utilisations non commerciales pour responsabiliser le public dans l'exercice de son droit à la copie privée et améliorer la diffusion de son oeuvre auprès de ceux qui ne peuvent pas payer pour la voir. Je suis favorable à l'ouverture des droits à créer des oeuvres dérivées (facultatif avec Creative Commons), parce que l'Histoire de l'art n'est faite que de ça et qu'il est aberrant de croire qu'on puisse créer ex-nihilo des choses neuves (ou - pire - qu'il faille être riche pour pouvoir se payer des droits à s'inspirer d'une oeuvre).
La sélection en page d'accueil de Webcomics.fr permet aux histoires achevées d'être visibles dans l'espace d'affichage aléatoire, si elles sont sélectionnées. Mais il est certain que publier pour le web c'est aussi accepter que ce qui n'est plus mis à jour tombe dans l'oubli. Ce n'est pas nous qui l'avons inventé, ce sont les faits. Or nous cherchons à encourager les auteurs à créer des BD pour le web, ce qui suppose de prendre aussi en compte les "inconvénients".
Le fait que tu considères que ton travail fait "objectivement" partie des meilleurs à être hébergés sur Webcomics.fr prouve bien tout le caractère subjectif de ces appels répétés à une sélection éditoriale. Chacun voit - comme toi - midi à sa porte. Ce que les lecteurs attendent, c'est qu'on les aide à choisir, qu'on les guide vers ce qui devrait leur plaire (ou plutôt qu'on leur évite de voir ce qui ne leur plait pas). On va s'y employer, mais cela prend du temps. Et ce n'est pas Webcomics.fr qui le fera de manière aboutie : notre sélection n'est là que pour être représentative de ce que permet notre outil de publication.
JiF Le mercredi 2 avril 2008 à 17:24
Merci de tes explications.
Sélection éditoriale: Une sélection doit être objective, sinon on retombe dans le problème de l'édition traditionnelle. Mais si tu penses que être objectif c'est être subjectif, alors effectivement il vaut mieux ne plus parler de ça du tout.
Les mises à jour: Tintin n'est plus "Mis à Jour" depuis des années déjà. Pourtant il ne tombe pas dans l'oubli. Il existe même des musées et des institutions pour sauvegarder les oeuvres d'art du passé. Pourquoi ce qui est sur papier resterait-il pérenne, et ce qui est sur Internet devrait-il disparaître? Pourquoi une telle ségrégation contre internet? Je ne suis pas du tout d'accord. Une des meilleures séries sur internet, Inverloch, n'a pris toute sa valeur que quand elle a été terminée, et que la chute émouvante a été connue. Elle commence seulement sa vie.
Oeuvres dérivées: En tout premier, c'est, dans tous les cas, à celui qui accomplit un travail de décider à quoi servira ce travail. Vouloir prendre le travail qui n'a pas été donné, c'est de l'exploitation, en bédé comme ailleurs, sur Internet comme ailleurs. Et, dans mon cas, je ne suis pas d'accord que d'autres "récupèrent" des parties de mon travail pour faire n'importe quoi d'autre avec. C'est trop facile. Je n'ai, pour ma part, rien pris à personne (sauf bien sûr les légitimes pastiches et clins d'oeil à d'autres séries, comme par exemple les likschtroumpfs ou Dark Phallo. Mais même eux, je les ai dessinés et adaptés de manière originale). L'art c'est essentiellement de la création, et la création c'est du travail, du temps, des idées. Pas du copier-coller. Bon, je ne te donne pas tort sur toute la ligne, et plusieurs séries papier célèbres (Spirou, les schtroumpfs, le marsupilami, Sylvain et Sylvette) sont passées entre les mains de plusieurs auteurs différents, qui y ont mis chacun leur touche. Mais la règle du jeu était claire dès le départ: il ne fallait pas déformer l'esprit de l'histoire. Des schtroumpfs violents ou cyniques, personne ne l'aurait accepté, ni les ayant-droit, ni les éditeurs, ni surtout les lecteurs. La même règle vaut pour mon travail: Si d'autres veulent reprendre mes créations pour les continuer, et pour en faire ce qui était prévu, alors ok, je suis d'accord, et je veux même bien céder tous mes droits, copyright et compagnie.
likchenpa Le mercredi 2 avril 2008 à 21:42
1) On pourrait débattre une vie entière de l'objectivité et de la subjectivité du jugement de goût. On appelle ça l'esthétique et c'est une discipline philosophique qui a fait couler beaucoup d'encre de la part de bien des grands penseurs. Je constate une seule chose : que tu puisses croire que ton travail soit "objectivement pari les meilleurs" me semble couper court à toute discussion autour des questions liées au jugement de goût. Je note autre chose : comme l'a théorisé Yves Michaud, l'art est aujourd'hui "à l'état gazeux", il y a une infinité de groupes qui portent des jugements de goût qui leur sont propres et suivent des canons "objectifs" que ne partagent pas d'autres groupes. Ce n'est pas tout à fait de la subjectivité, amis ce n'est pas non plus de l'objectivité. Concrètement cela se traduit par les affirmations gratuites qu'on trouve de plus en plus à propos de la BD en ligne : la majorité de la production serait médiocre... Or chaque personne porte aux nues des BD que les autres jugent médiocres. Je comprends qu'on puisse aduler les likpas, mais ils ne valent "objectivement" pas mieux que bien des BD hébergées par Webcomics.fr.
2) Tintin s'est inscrit dans la durée, la série a vécu des dizaines d'années avant de s'arrêter. Elle a eu tout le temps de laisser sa marque dans l'esprit de milliers de lecteurs. C'est la même chose à moindre échelle pour Inverloch. Favoriser les séries qui se poursuivent, c'est favoriser la nouveauté afin de lui laisser une chance contre ce qui a préexisté et s'est largement donné l'occasion de marquer les mémoires. Ça ne veut pas dire qu'il ne faille pas donner un coup de rétroviseur de temps en temps... Seulement que toute bonne série doit durer à ses débuts pour capitaliser sur son avenir. Internet ne fait qu'accentuer cet état de faits.
3) Toute l'Histoire de l'Art est là pour témoigner de l'importance de la dérive, de l'emprunt, la citation, l'hommage, le pastiche... Je te suggère de te (re)pencher là dessus avant d'affirmer que quelqu'un qui utiliserait les likpas dans son travail te porterait un préjudice inacceptable dont il faudrait absolument que tu te protèges en recourant à la loi. Les licences Creative Commons présentent un grand avantage dans ce contexte : chaque auteur auquel on emprunte doit être cité, et les œuvres dérivées doivent être diffusées dans les mêmes termes que celles auxquelles elles empruntent.
JiF Le mercredi 2 avril 2008 à 22:39
De l'art à l'état gazeux, allons bon. Je reconnais que là, je suis dépassé. Sais-tu si il peut aussi exister à l'état liquide ou solide? En tous cas, si on ne fait pas de différence entre un gribouillage brut de scan et une planche en ligne claire et dégradés de couleurs qui a nécessité une journée de travail, entre quatre pages de réflexions d'ados cyniques et une histoire structurée dans un monde immersif, alors effectivement il ne faut pas tenter une sélection. Quant à aller chercher une comparaison entre les différentes écoles artistiques, n'y pensons même pas.
Je ne pense pas que quelqu'un qui détournerait mon travail me lèserait. Tu n'as pas compris, ce n'est pas une affaire personnelle. (et, encore une fois, pas une histoire d'argent). Mais, dans la mesure où ce travail est conçu pour apporter une aide au lecteur pour clarifier certaine choses, alors effectivement le lecteur serait lésé (ce à quoi tu répliquera sans doute qu'il n'y a pas non plus de bonne ou de mauvaise philosophie ou façon de vivre). C'est comme si quelqu'un déformait l'Histoire. Les acteurs de l'Histoire ne seraient pas lésés, mais ceux qui liraient la version déformée seraient, eux, lésés, car leur compréhension du monde serait faussée. Alors oui, pour cette raison, si quelqu'un utilisait mon travail pour illustrer des idées néfastes, je ferai immédiatement jouer la loi (en théorie celle sur la diffamation, mais comme elle n'est pas toujours suffisante, celle sur le copyright).
Abdel-inn diffère des autres sites de bédé en ce sens qu'il est le lieu d'une réflexion (contrairement à certains autres sites qui ont des a priori philosophique très visibles et très ancrés). C'est pour cela que j'y poste régulièrement. Aussi je suis déçu que tu ne reçoives pas ce que j'essayais d'offrir pour aider la bédé en ligne, et résoudre le problème dont elle souffre. Mais bon, fais ton expérience, maintenant.
likchenpa Le mercredi 2 avril 2008 à 23:30
Le problème est que bien peu des BD hébergées sur Webcomics.fr sont des "gribouillages brut de scan", et pourtant ton impression semble tout de même être que l'essentiel serait de piètre qualité. C'est bien la preuve que tu émets un jugement moins objectif que ce que tu veux bien le croire. Juger, c'est chercher à atteindre l'objectivité... Mais lorsqu'on s'imagine qu'on peut la détenir, alors on coupe court à tout jugement, car on coupe court à toute discussion.
Dès lors qu'il y a une attribution de la part de chaque auteur d'une oeuvre dérivée, je ne vois pas où est le préjudice. C'est comme si tu voulais m'attaquer en justice lorsqu'au court d'une discussion je dénature ton propos en cherchant à te répondre. La bande dessinée, l'art en général, sont des outils de communication, de dialogue. Interdire à autrui d'utiliser son travail a aussi peu de sens que de m'interdire de répondre à ce que tu avances. Vouloir mettre son art sous verre, à l'abri de tout détournement c'est aussi grave que de croire qu'il serait "objectivement" meilleur que les autres.
Je n'adhère pas au champ lexical que tu utilises pour parler des thèses et des idées que tu énonces : "recevoir", "offrir", "souffre"... On se croirait face à une prêche, une parole divine dont on ne serait pas digne. J'espère que c'est à ton corps défendant. En tous cas, non, je n'ai pas à "recevoir" ce que tu as à "offrir" : je te lis, je prends la peine d'y penser, d'y réfléchir et d'y répondre pour établir un dialogue constructif et faire avancer ta réflexion comme tu fais avancer la mienne.
JiF Le jeudi 3 avril 2008 à 00:10
Je viens de terminer mon premier album, 60 planches. Malgré un budget assez maigre qui m'obligeait à travailler très rapidement, je ne crois pas que j'aurais pu donner quelque chose d'aussi abouti sur le web. Je ne pense pas que je retrouverais la chance d'avoir pu travailler avec un éditeur qui croit en un projet, qui se donne tous les moyens (pas seulement financiers) en sa possession pour le réaliser car les portails Webcomics and co sont avant tout des hébergeurs (comme le dit très bien JIF). La différence est notable, et d'ailleurs je ne la critique pas: encore une fois ce sont de formidables outils de diffusion et de publication. Mais qui va oser faire un vrai travail d'éditeur sur internet ? Un bon éditeur est justement tout sauf objectif et accompagne un auteur. La qualité n'est pas une question de rapidité de trait ou de mode d'execution, ni même de style graphique ou de type d'histoire: la qualité vient de la cohérence et de l'ambition d'un projet. On demande aujourd'hui aux auteurs web de porter plusieurs casquettes. Pour le coups, objectivement, ce n'est pas possible de se concentrer sur la qualité intraseque de la bd qu'on réalise. Sur le web tout le monde est auteur, mais on manque d'éditeurs, d'attachés de presse, de graphistes, de relecteurs, d'agents et j'en passe. Comment un auteur seul peut-il trouver le temps et l'espace d'approfondir les choses lorsqu'il lui faut passer de la production à la promotion, de la création à la communication, et tout cela à côté de la nécessité de croûter (ce que ne propose pas encore la diffusion sur le web) ? Honnêtement c'est impossible. C'est en cela qu'il y a une faiblesse de la création sur le web pour l'instant, il ne faut pas se voiler la face.
Fred Boot Le jeudi 3 avril 2008 à 05:50
"... on se croirait face à une parole divine... " merci de ce fantastique compliment, Jif. Mais je me serais contenté qu'on entende ma parole humaine.
"...lorsqu'au court d'une discussion je dénature ton propos..." Merci de le reconnaître. C'est effectivement un procédé déloyal, qui discrédite son auteur, pas la victime. Et effectivement dans des cas sérieux cela a pu être puni en justice. Tremble... :-D
Concernant les différents écoles artistiques, ta vision semble aussi assez étonnante. Je ne vois nulle part d'artistes qui voient chacun midi à leur porte, et se considèrent parfaits et tous les autres nuls. Si tu considères par exemple l'art chrétien (paléochrétien, classique, icônes, Sulpicien...) l'art musulman (miniatures persannes, arabesque, calligraphie...) ou l'art bouddhiste (Ajanta, Inde, Thangkas, Tunhuang...) il ne vient à personne l'idée de les opposer, ni même de les classer. A personne, sauf bien sûr aux sectaires ou aux intégristes, c'est à dire aux idéologues. Même le niveau technique n'est pas un critère. Par exemple, l'art chrétien classique est mille fois plus complexe que les thèmes des aborigènes d'Australie. Pourtant personne ne déprécie les thèmes des abos, et quiconque le ferait se ferait traiter de raciste, avec raison. Car même pour faire un dessin abo "simple", il faut être initié, afin de pouvoir leur donner cette force d'évocation unique, inimitable. (Et inimitée, et les abos ne sont pas du tout content que leurs thèmes sacrés aient été pillés sans vergogne. Mais ils ne connaissaient pas le copyright...).
J'explique cela, parce que cette vision que tu donnes d'écoles qui se disputeraient et se jugerais chacune parfaite et les autres nulles, ce n'est pas du tout la vision des artistes. C'est la vision des idéologues, dont certains s'emparent de l'art, mais qu'aucun ne comprend. Les artistes se respectent mutuellement, on le voit par exemple en comparant les miniatures persannes et les miniatures européennes de la même époque. Il est clair que les artistes des deux cultures si différents étaient maîtres et disciples les uns des autres. Je dit bien maître et disciples, pas copieur-coleur. Même dans l'imitation, il y avait travail et création propre. Emulation, pas pillage. Inspiration, pas détournement. Mais c'est là le champ lexical des artistes...
Fred, merci de tes remarques, auxquelles je souscris.
likchenpa Le jeudi 3 avril 2008 à 07:32
Fred, merci de tes remarques, auxquelles je souscris.
Si je suis si présent sur Internet, c'est parce que je suis au chomage (avec, vu ma situation, peu de chances d'en sortir). Cela me donne beaucoup de temps, mais peu de moyens. (acheter un nouveau logiciel, un nouvel ordi...). Et si je trouvais du boulot, j'aurais l'argent, mais plus le temps. Je cite cela pour répondre à ta remarque sur la "nécessité de croûter". Aujourd'hui je n'ose même pas y penser (j'ai mis le site des likpas en "paiement libre" à la Radiohead. Mais même ainsi, je ne gagne rien. Et les pubs Google m'ont rapporté... 10 dollars en un an).
Si on veut sortir de cette situation, il est clair qu'il faut:
-davantage d'offre en quantité
-davantage de styles, de thèmes
-des offres de qualité suffisante
-un moyen de faire connaître les contenus intéressants.
-sortir de l'idée comme quoi tout doit être gratuit. On ne peut à la fois demander à lire gratuit et demander à être payé pour ce qu'on écrit. L'un ou l'autre est correct, mais les deux ensemble c'est impossible.
-et surtout davantage de lecteurs. Aujourd'hui j'ai quelques dizaines de lecteurs par mois qui m'arrivent par Google avec des mots-clé tels que "bande dessinée". Ce résultat est absolument ridicule, il est clair que très peu de gens pensent à chercher des bandes dessinées sur le net. C'est comme si il n'y avait que 50 spectateurs à la coupe du monde de foot, dont 45 sortiraient avant la fin du match. Les types se poseraient des questions. Ne nous voilons pas la face, il y a un énorme problème d'image de la bédé en ligne, de relais d'information.
likchenpa Le jeudi 3 avril 2008 à 07:59
Pourtant, blogs et bd en lignes n'ont jamais eu autant le vent en poupe. Attention de ne pas généraliser un problème qui n'est peut-être qu'individuel: le manque de fréquentation de votre site peut s'expliquer par un défaut de référencement et un faible nombre de liens issus de sites très fréquentés vers le votre, et non d'un problème d'image de la bd en ligne en général.
Fred Boot Le jeudi 3 avril 2008 à 14:47
> sortir de l'idée comme quoi tout doit être gratuit. On ne peut à la fois demander à lire gratuit et demander à être payé pour ce qu'on écrit.
En effet, c'est pour ça que les modèles économiques qui se développeront sur le web doivent vendre AUTRE chose, la publication gratuit servant à attirer des lecteurs. Ainsi, la diffusion de billets gratuits sur un blog peut être rentabilisée de bien des manières (publicité, travail de commande, performance, produits dérivés physiques,...), mais pas par la publication des billets eux-même. Il n'est pas possible (ni rentable) d'interdire la diffusion gratuite de médias sur le web. C'est là qu'est l'illusion.
Permettre les œuvres dérivées sans contrôle est une manière de faire parler de soi (en bien ou en mal, peu importe. Les stars de cinémas et les politiques l'ont bien compris depuis longtemps, non ?), de prolonger l'existence de l'œuvre. Il est aberrant d'avoir besoin d'un musée pour faire exister encore tintin (ce qui fait vivre une bd, ce sont ses lecteurs, pas ses collectionneurs). Le GROS, GROS avantage du web, c'est la diffusion énorme pour presque rien, à condition d'être visible ! Une grande œuvre artistique, quels que soient les critère "objectifs", qui n'est pas trouvable restera inconnue. Autoriser la diffusion par d'autres, autoriser des produits dérivés, c'est un moyen de faire parler d'elle. Pour l'heure, webcomics.fr offre l'hébergement, mais c'est aux auteurs à faire connaitre leur boulot, à se "faire des copains", et de rentabiliser —s'il le veulent— leur production.
Sinon, ben, je ne crois pas à une objectivité universelle, mais plutôt à l'intersubjectivité. Si je ne me plante pas, c'est une objectivité valable au sein d'un groupe (ex: l'objectivité scientifique vaut pour les sciences. Dire qu'un tableau est beau n'intéresse pas la science, même si c'est "vrai" que le tableau est beau pour moi ou mon groupe). Sur le net, on s'adresse à toute sorte de personnes. Il est normal d'avoir une partie du public qui aime notre travail, et une partie du public qui ne l'aime pas. Peu importe "l'objectivité" dans ce cas, peu importe les valeurs qui sont véhiculées par la bd: elle trouvera un public. À ce titre, aucune bd ne mérite "objectivement" plus qu'une autre d'être visible.
Dr_Folaweb Le jeudi 3 avril 2008 à 16:40
Fred, je suis plutôt bien référencé sur Google , 62eme position pour "bande dessinée en ligne", et un autre de mes sites est encore mieux placé, on ne peut demander mieux pour un mot-clé aussi courant et un site non-généraliste. Le problème est donc bien qu'il ya peu de gens qui cherchent sur ce thème.
Dr Folaweb, le problème de la rémunération des activités sur internet (en général, pas seulement la publication) est encore loin d'être résolu. J'ai donc mis une histoire de likpas sur webcomics.fr, en licence créative common, à des fins promotionelles, comme tu le suggère, ou comme l'avait fait Crumb. Mais j'ai pris la license la plus restrictive, car, tu le comprendras aisément, aucun auteur d'oeuvre à message ne pourra jamais accepter le détournement de son travail à des fins contradictoires avec le message.
Bon, pour contourner ce problème de rémunération, il y a bien une solution, ça serait que tous ceux qui veulent tout gratuit sur internet se retrouvent aussi dans le monde matériel pour faire une société où tout serait gratuit, la musique gratuite, les ordis gratuits, la nourriture serait gratuite, les maisons gratuites, etc. Il y en a qui ont essayé... et ça n'a pas marché: Il y avait plein de gens pour recevoir gratuitement, et très peu pour bosser gratuitement, cultiver gratuitement, construire gratuitement, sourire gratuitement. L'économie de la bédé sur Internet souffrerait-elle du même genre de problème? Dans ce cas ce n'est pas avec des trucs de promotion ou de référencement qu'on le résoudra.
Pour que ça puisse marcher sans contrainte, sans loi DADVSI ou Oliviennes, il faudrait un lectorat plus responsable. Cela existe t-il? Avec quel type de création l'attirer? Voilà, à mon avis, les vraies questions.
likchenpa Le jeudi 3 avril 2008 à 19:43
« aucun auteur d'œuvre à message ne pourra jamais accepter le détournement de son travail à des fins contradictoires avec le message »
...sauf si le message est "détournez-moi !". Mais je ne crois pas non plus au "message" :-D (mais c'est un autre débat)
Le monde physique et le monde numérique sont deux choses distinctes. Tu commets une grossière erreur en pensant que tout gratuit numérique et tout gratuit physique, c'est la même chose. La même erreur, à l'inverse, qu'on commise les maisons de disques en tentant vainement de protéger les fichiers musicaux et d'en limiter l'usage. Une copie numérique n'est pas la même chose qu'une copie physique, elles obéissent à des lois différentes. Si la création d'une planche a un coût (l'artiste qui vit dans le monde réel doit manger, payer son électricité, son crédit pour l'ordinateur s'il en a un, éventuellement ses crayons, son papier si ce n'est sa tablette graphique,...) la duplication à l'infini de ses planches n'a pas de coût, elle. C'est en ce sens qu'on parle de gratuité. Tu peux diffuser des planches, des albums entiers partout dans le monde et indéfiniment pour 0.00€ ! Mais dans ce cas, pourquoi payer pour obtenir une copie quand elles sont si facile à obtenir pour rien ?
La création du contenu gratuit doit être rentabilisée par d'autres moyens qui eux, ne sont pas duplicables, et ce sont ces moyens qui sont le véritable produit. Le contenu gratuit est un investissement pour vendre ces moyens non duplicables.
Les logiciels libres par exemple, sont gratuits. Mais des manuels, des cours, des installations personnalisées, ou des modifications de programmes faites à la demande peuvent être facturées.
Pour la musique, pareil: si les mp3 sont gratuits, une version collector de l'album, un concert, une prestation en live dans ton salon peuvent être facturés !
Pour un dessinateur de bd, pareil: si les planches sont gratuites, une bd publicitaire pour une assurance, des illustrations dans un album pour enfant, une bd pour illustrer un livre interne à une entreprise,... peuvent être facturés ! Sans compter les productions de l'auteur lui-même: badges, t-shirt, livres, cds,... Regarde ce qui se passe sur les blogs-bds, C'est sous tes yeux !
...évidemment, comme pour tout, beaucoup d'appelés, peu d'élus: avoir un blog ou un webcomic n'est pas une assurance d'avoir un revenu.
Dr_Folaweb Le jeudi 3 avril 2008 à 22:00
J'ai oublié de dire: tu choisis la licence que tu veux. C'est pas pour rien qu'existe une licence cc aussi restrictive ;-) Vaut mieux en prendre une plus restrictive quitte à changer d'avis plus tard, que l'inverse, puisqu'un choix de licence n'a pas d'effet rétroactif.
Dr_Folaweb Le jeudi 3 avril 2008 à 22:15
"Mais je ne crois pas non plus au message" ça c'est ta philosophie, tout le monde n'a pas forcément la même.
Il est vrai que certaines lois du monde physique ne sont pas applicables dans le monde virtuel ou sur Internet. Tu cites justement le fait qu'un mp3 est d'un coût virtuellement nul, contrairement à un CD. Donc la distribution est forcément entièrement différente.
Par contre l'erreur fondamentale que commettent les pirates est de penser que TOUTES les lois seraient abolies sur Internet. je suis désolé, mais nous somems toujours des êtres humains sur Internet, et de ce simple fait toutes les lois protégeant la personne ou garantissant nos drois restent 100% valables. En particulier le droit d'auteur est conservé tel quel, au nom de certains grands principes:
-protection de l'art contre les dénaturations
-protection de la personne contre l'exploitation de son travail (droits de l'homme)
-libre exercice de l'activité d'artiste, ce qui implique forcément une rémunération ou un soutient d'une façon ou d'une autre.
qui sont des principes que personne ne peut contester, à moins de vouloir retourner au Moyen Age.
L'état actuel de la technique fait que la protection du droit d'auteur est maintenant difficile. D'où mes appels répétés à la responsabilité de tous. Mais si il n'y a pas de responsabilité (comme dans l'exemple des communautés soixante huitardes que je cite au dessus), ou pas de solution technique, alors il faudra des lois, et des flics pour les appliquer. Et, en tant que auteur et artiste, et en tant que lecteur et amateur d'art, dans ce cas je serai du côté des flics (Pour une fois, ça me changera). Merci donc messieurs les pirates d'avoir fourni aux autorités un si bon prétexte pour installer des instruments de censure sur le net, nul doute que ces instruments serviront...
Cette collusion de fait entre les pirates "libres" et la répression n'étonnera que les naïfs: il est très visible que le fond idéologique des pirates est lié à certains mouvements politiques, qui paraissent folkloriques en Occident, mais qui, dans le Tiers Monde, soutiennent ouvertement de nombreux groupes terroristes. En tous cas, il est très clair que vouloir dénier aux artistes et aux créateurs le droit de contrôler leur travail, ou de vouloir exploiter ce travail sans contrepartie, est une atteinte (naïve ou délibérée?) aux droits de l'homme, une sorte de retour à l'esclavage, une négation de l'art lui-même. Et que cela va tout à fait à l'encontre des véritables propositions sociales progressistes et avancées, telles que l'autogestion, l'économie solidaire, l'économie distributive, le droit de la personne à disposer de son travail et temps de vie, etc.
likchenpa Le vendredi 4 avril 2008 à 09:58
Les vrais pirates, ceux dont tu parles, ceux qui exploitent le boulot d'autrui à leur profit, sont coupables de contrefaçon (quand l'exploitation commerciale n'est pas explicitement autorisé), et cette contrefaçon est nuisible à l'artiste (dénaturation, manque à gagner,...) on est d'accord. Mais ils n'ont pas attendu internet pour s'y mettre !
Les faux pirates (monsieur tout le monde) ignore peut-être l'existence du droit d'auteur, ou le détail (et en cela, il faut effectivement l'éduquer, le responsabiliser), mais il n'est pas fondamentalement "mauvais". Les dénaturations qu'il produit ne sont pas toujours nuisible au travail de l'artiste.
Les "artistes" qui exigent un contrôle absolu sont parfois aussi trop rigides et extrémistes et abusent du droit d'auteur. Ils oublient que le public a aussi des droits !! Exemple: normalement, Mickey aurait du passer dans le domaine public en 2003. Mais non, on a prolongé de 20 ans la durée du copyright, pour protéger l'industrie. Dans ce cas, c'est eux qui privent les artistes et le public d'une matière première à recycler, alors qu'eux-même ne se privent pas d'utiliser des personnages issus du domaine public !
Par contre, je ne vois pas de quoi tu parles quand tu soutiens que pirates et terrorismes sont liés.
Dr_Folaweb Le vendredi 4 avril 2008 à 10:55
Concernant les licences Creative Commons, j'ai obtenu confirmation de ce que je pensais :
1- en dehors des termes de la licence, le droit d'auteur s'applique toujours, notamment le droit moral (et inaliénable) au respect de l'oeuvre.
2- rien n'interdit d'ajouter une précision pour stipuler (par exemple) que tout usage non-commercial à des fins politiques ou religieuse doit être précédé d'une autorisation de la part de l'auteur.
Cela me conforte dans l'idée qu'il plus constructif d'employer une licence Creative Commons (éventuellement la plus restrictive) afin d'autoriser assez largement le public à diffuser son travail dans la mesure où on le met à disposition gratuitement. La mention d'une telle licence est l'occasion de rappeler que si elle autorise certains usages, brandi par certains auteurs dans le vain espoir d'empêcher le piratage de leur oeuvre... Et dont la conséquence et de rendre coupable tout lecteur qui aurait le malheur de diffuser cette oeuvre autour de lui pour la faire découvrir.
D'ailleurs, je viens d'enrichir la FAQ de Webcomics.fr pour préciser ce point.
JiF Le vendredi 4 avril 2008 à 21:49
plusieurs choses à dire :
-je représente webamag.fr et je suis content de voir que tu parles de nous ... l'arrivée de cette nouvelle plateforme (djiko) nous pousse à modifier plus rapidement que prévu le design et quelque volonté éditorial ... pour arriver au niveau de webcomics.fr (d'un point de vue fonctionnel) et de djiko (joli graphique) mais on va essayer d'avoir notre particularité ... en tout cas, pas de guerre à l'horizon puisque l'on compte encourager "nos" auteurs à venir voir tes conseils (pourquoi les refaire alors que tu les as si bien faits ?) et même à venir lire sur webcomics.fr : il faut continuer à développer l'envie de lire sur internet ...
- je rejoins tout a fait l'avis de JiF sur utiliser la gratuité pour obliger a acheter des choses impossibles de pirater (dit comme ca , j'ai l'impression de dire du TF1 "faire du gratuit et amusant pour prédisposer le cerveau à acheter du coca cola" ... mais ce n'est pas tout à fait ça ...)
- vu tous les piratages de films, c'est sur que c'est pas une copyright qui va gêner ... pas plus que CC, je l'accorde ... mais au moins cette dernière ne coute rien et à le mérite de respecter les visiteurs honnêtes.
- enfin, si on parle des likpas, voila une BD, qui, POUR MOI, m'insupporte et ne présente aucun intérêt mais qui objectivement est réalisé avec soin et passion par son auteur. Voila ce à quoi correspond le subjectif et l'objectif à mon sens. Notion donc bcp trop compliqué. Il y autant d'avis que de lecteurs ... d'où la proposition de piste de reflexion suivante :
à propos du choix éditorial, il serait intéressant de laisser faire chaque lecteur : il faudrait un système qui permettent à chacun d'ajouter sur sa page d'accueil personnalisé les nouvelles BD qui intéressent le lecteur de telle façon qu'il soit au courant de leur rythme de parution pour les suivres ... pour choisir ces nouvelles BD, il va chercher les liens dans différentes pages comme "nouveautés", "histoires complètes" ... je citerai en exemple BlogBD.fr qui propose les liens rss mais aussi la possibilité de retirer ce lien avec le petit bouton en haut à gauche ...
Mog Le vendredi 4 avril 2008 à 23:00
Bon, ce débat a repris un peu de tenue, on n'en est plus comme un peu plus haut, aux insultes du style présentateur de télé en train de commenter une manif anti-nucléaire.
Mog, je te remercie de ton commentaire "objectif" positif sur mon travail. Par contre ton impression personnelle n'importe effectivement pas dans une critique d'art, mais puisque tu la donnes, permets moi de me sentir désolé que mon travail ne te plaises pas. Je t'invites à m'expliquer pourquoi, en privé, parce que je ne pense pas qu'un ressentit personnel ait sa place sur ce forum en particulier, ni sur un forum d'art en général. Je ne m'attendais pas à ce que tout le monde adore mon travail (surtout avec ma critique féroce des phallos, racistes, colonialistes, scientistes, pollueurs, etc) mais c'est la toute première fois que je rencontre quelqu'un qui ne l'aime pas. (D'habitude j'entends plutôt Joey manley "it has its own strange charm" et quelques autres critiques d'auteurs sur Comicspace, la récurrente comparaison avec Crumb, sans compter la franche rigolade des gens de "Portal of Evil", dont on se doute pourtant, à voir leur nom, qu'ils ne font pas dans l'angélisme) aussi je suis intéressé de ton opinion personnelle, même subjective. Les avis exprimés ici ne me semblent d'ailleurs pas très importants, dans la mesure où je n'ai reçu durant le mois de Mars aucun commentaire réel sur mon travail, et une seule visite venant de webcomic.fr, trois de abdel-inn, à comparer aux 13 de developpez.net (site d'informatique qui n'a pourtant rien à voir avec la bédé) et aux centaines depuis les sites anglophones.
Par contre je ne suis pas d'accord avec l'idée que tu explicites (après que les autres l'aient implicitée) a savoir ton appel délibéré à désobéir aux lois sur le copyright (et même sur les Creative Common, bien que ces dernières n'aient aucune valeur légale). On n'appelle pas à désobéir à une loi sans motif sérieux, et n'on n'appelle pas DU TOUT à désobéir à une loi de protection du droit des gens, en l'occurence de protéger les auteurs (les auteurs sérieux, qui font un travail réel, donc coûteux) et indirectement de protéger la création artistique en général, qui ne serai pas possible sans finances et sans respect des oeuvres.
Et l'argument comme quoi ces lois seraient "impossibles à appliquer" ne tient pas. Le même argument a été brandi à toutes les époques, par exemple contre l'abolition de l'esclavage dans l'antiquité (ce qui nous a retardé la révolution industrielle de 2000 ans). Et ces lois ne sont, de toutes manières, pas impossibles à appliquer, seulement difficiles et coûteuses à appliquer. Cette problématique est tout à fait similaire à celle sur le respect du code de la route, où les tueurs (ceux qui ne veulent pas respecter le code au nom de leur liberté individuelle) ont finalement contraint les pouvoirs publics à investir dans un coûteux système de radars et de voitures banalisées rapportant automatiquement les infractions. Un système tout à fait similaire est en train de se monter avec les films, la musique, et bientôt la littérature et la bédé. Ce n'est pas moi que cela dérange.
Non pas que cela me plaise, je ne suis pas légaliste et je suis allergique aux uniformes et autres robes noires. Je serai même plutôt anar, ou plus précisément cynique dans le vrai sens du mot, tel que l'entendait Diogène. Mais je ne me fais pas d'illusions, toutes les tentatives pour bâtir une société sans lois ont régulièrement buté sur l'incapacité de la plupart à se mouiller, à faire un effort pour rendre la vie des autres plus agréable. Cette incapacité est même très organisée chez certains "leaders" de telles tentatives. Le résultat de cette situation est qu'il est finalement bien plus intéressant de vivre dans nos sociétés grises mais policées, que dans une anarchie où chacun serait "libre" de marcher sur la figure des autres. Je suis très triste de cette situation, mais crois-moi cela ne m'empêchera pas une seconde de faire un procès à quiconque utiliserait mon travail sans autorisation, ou dans des conditions qui le dégraderaient.
Jif, le post ci dessus est un appel ouvert à désobéir à la loi, et qui plus est à une loi juste, corollaire des droits de l'homme. Je te mets au défit de retirer ce passage.
likchenpa Le samedi 5 avril 2008 à 10:48
oulala on s'emporte vite fait ici !
je n'ai jamais incité à violer les lois ! jamais ! c'est juste une forme de fatalité ... des pirates il en existera toujours ! et puis soyons un minimum réaliste : tu avoues toi même recevoir peu d'argent avec ce que tu fais alors quel serait l'intérêt pour quelqu'un de pirater ton travail ? sérieusement ? On propose en libre service et gratuit sur internet notre oeuvre ... si jamais une firme multinationale te prend ton projet pour ce faire bcp d'argent (ce qui m'étonnerais dans l'actuel état des choses), ce sera facilement visible et alors la licence CC te permettra de fair ejouer de ton droit à la création.
Internet est un merveilleux outils de diffusion ... n'est pas géniale d'autoriser tout le monde à se servir de ce que l'on a fait (sous condition qu'il précise qui est l'auteur et ou trouver le reste du travail) ... ca participe à faire connaitre ton travail !!!
enfin en ce qui concerne ta BD, je n'aime pas tout simplement parce que j'aime la BD pour me distraire et la tienne est trop brulôt contre la société et je trouve le dessin trop rigide et ancien ... mais il s'gait là bien de mon avis strictement personnel car ce que je recherhce moi c'est la distraction ! (j'ai nénamoins reconnu la passion de ton projet ce qui prouve que je suis capable de faire laprt des choses)
enfin en ce qui concerne le fameux scannage de brouillon ... mais arretons d'avancer ce argument ! des études sérieuses disent que la majorité des lecteurs ne s'intéressent qu'au dessin de la couverture et des premières pages pour entrer dans l'histoire et ensuite c'est le scénario qui prend la relève ... donc le dessin, du moment qu'il est compréhensible, peu importe sa qualité ! et puis laissons les lecteurs se faire leur opinion, devenir leur propre éditeur (comme je le disais dans mon post précédent).
Dans l'espoir d'avoir répondu à tes pseudos-inquiétude provoqués sans doute par le fait que tout le monde est contre toi dans cet échange d'avis !
Mog Le samedi 5 avril 2008 à 11:33
Lickchenpa,
Jif a eu la politesse de se renseigner sur les droits moraux vis à vis des licences ouvertes au public histoire d'informer et de faire avancer le schmilblick. Il n'a de plus jamais insulter personne. Et Mog n'a jamais appelé à contourner la loi. Buvons un verre d'eau frais et tâchons de continuer sur le mode de la discussion, non ?
Fred Boot Le samedi 5 avril 2008 à 13:56
En fait, le vieux fond de communiste en moi est malgrè tout moins enjoué que la plupart des intervenants de ce post (alors ça c'est que j'appelle une phrase d'ouverture !). D'un côté, je ne critiquerai pas les licences ouvertes vues qu'elles répondent à une alternative en terme de diffusion sur un médium qui a ses spécificités (notamment la duplication à l'identique). Mais cet aspect ne doit pas pour autant nous faire tomber dans le "c'est normal parce que c'est normal" et nous faire perdre de vue un petit détail: la création artistique est en passe de devenir l'un des seuls métiers où celui qui produit ne va pas percevoir le fruit de son labeur de manière plus ou moins directe, voire allez soyons fous de manière un minimum régulée. Devenir un support à pub ou à goodies qui engraisseront des entrepreneurs ou des actionnaires n'est pas une super victoire de la liberté individuelle, sociale, civile et artistique. Il n'y a sincèrement aucune raison de voir la situation avec légereté: d'un côté il va être demandé à l'auteur de se comporter en véritable petit chef d'entreprise voire en marque, de l'autre les possibilités de toucher les dividendes, les droits et j'en passe deviennent aussi fines qu'une peau de zob.
Y a un 'bleme. Je n'arrive pas à partager l'euphorie ambiante, vous savez celle qui fait sauter de joie les orgas des festiblogs et j'en passe. Je dis cela parce que la création graphique est mon métier et ma passion. Hier, même mes anciens soixante-huitards de prof confortablement payés par l'éducation nationale me disaient "On fait pas de la créa pour l'argent". Ben tiens. Aujourd'hui, il faut ajouter qu'on est juste bon à appâter les lecteurs et les annonceurs.
Fred Boot Le samedi 5 avril 2008 à 16:00
C'est bien de garder les pieds sur terre :)
Cela dit, n'oublions pas qu'on parle du monde numérique. Dans le monde réel, il y aura toujours du boulot: livres revues, publicités,... tout le monde analogique ne va pas soudain disparaitre, si ? Les auteurs de bds pourront toujours vivre chichement d'une édition papier, toucher leurs droits, ou des commissions, etc. De ce côté, peu de choses changeront.
Numérique et analogiques ne sont pas forcément concurrents. Il n'a par exemple jamais été prouvé clairement que la disponibilité des mp3 sur le net ait nuit d'une manière ou d'une autre à la vente de cds. L'erreur est de croire qu'un album téléchargé, c'est un album qui ne se vend pas. Pareil avec la bd: un album téléchargé n'est pas forcément un album qui ne se vend pas. Les objets sur le web ne se comportent pas comme des objets réels, il leur manquent une caractéristique: leur unicité. Les modèles économiques analogiques sont basés sur cette unicité de l'objet. Vouloir les transposer au net, c'est s'assurer de se casser les dents puisque c'est construire quelque chose sur une base faussée.
Il faut de nouveaux modèles, qui fonctionnent autrement, qui tirent parti de la copie disponible partout, tout le temps, pour rien, et de tout ce que le numérique peut apporter d'autre.
...et ils arrivent, ces modèles ! Le fait est que pour l'instant, le nombre d'éditeur de bd sur le net qui tentent l'expérience est très restreint. Mais ça va changer, et très vite: là où il y a de l'argent à se faire...
La majorité des auteurs qui publient sur le web hors-éditeur ne gagnent rien, et n'ont donc rien à perdre de leur édition actuelle, et tout à y gagner: on les repère sur leur blog et les commandes leur permettent de gagner quelques sous, voir, d'en vivre.
Peu à peu, les éditeurs émergents sur la toile trouveront une façon de fonctionner qui leur permette de payer leurs auteurs (les autres couleront, tout simplement, faute d'auteurs et/ou de revenus), que ce soit par l'affichage de publicité, ou d'autres moyens. L'auteur pourra alors confier ses planches à un éditeur, et toucher des droits ou avances sur droit comme c'est le cas maintenant dans le monde réel, non ? Il ne sera pas obligé de faire lui-même tout le boulot (cela dit, il peut).
Dr_Folaweb Le samedi 5 avril 2008 à 18:02
Je pense que cette euphorie apparente tient plus à une forme d'enthousiasme face à une situation fortement mouvante, où tout est possible... Le pire comme le meilleur. Participer à cette évolution est quelque chose d'unique et d'enthousiasmant. Cela ne veut pas dire pour autant que l'on néglige les risques et les écueils. C'est juste une manière optimiste d'aborder des évolutions qu'on ne pourra pas empêcher.
Ceci étant dit, j'ai vu plusieurs auteurs de grande qualité arrêter de créer de la BD parce que rien ne les retenait. Des séries et des projets vraiment prometteurs sont restés embryonnaires parce que leurs auteurs ne pouvaient assumer une création désintéressée. C'est quelquechose contre lequel il faut se battre. La seule manière c'est de trouver les modes de rentabilité qui permettent une rétribution régulière et juste des auteurs que l'on veut soutenir. Ce n'est pas parce que les modèles économiques sont différents de ceux de l'édition traditionnelle qu'il n'y aura pas pour autant une édition en ligne capable de rémunérer des auteurs.
JiF Le samedi 5 avril 2008 à 20:00
merci messieurs d'avoir relevé ce débat qui avait pas mal dérapé.
Ce n'est pas par hasard, je pense, que le sujet du droit des auteurs et de leur rémunération soit si sensible.
Fred me semble bien résumer la situation à laquelle nous sommes confrontés: "Il n'y a sincèrement aucune raison de voir la situation avec légereté: d'un côté il va être demandé à l'auteur de se comporter en véritable petit chef d'entreprise voire en marque, de l'autre les possibilités de toucher les dividendes, les droits et j'en passe deviennent aussi fines qu'une peau de zob."
C'est bien à ça que convergent les différentes attaque contre l'art en général et contre la bédé en particulier, entre les intellos "de gauche" qui veulent que n'importe quoi soit de l'art, et les "libéraux" qui voudraient que l'art serve à n'importe quoi, et que Internet ne soit plus qu'un immense support de pub, vide de tout contenu réel. N'oublions jamais qu'une des premières exactions des bolchéviques a été de défenestrer... un piano, une poussière par rapport à tout ce qui a suivi, mais un geste hautement symbolique pour nous artistes: Aucune idéologie matérialiste ne peut comprendre l'art, et aucune idéologie d'aucune sorte ne le laissera jamais libre.
Des gribouillages mis à pied d'égalité avec des oeuvres qui ont demandé des années de travail? Du travail rémunéré uniquement par de la pub? Le résultat net, dans un sens comme dans l'autre, est que ceux qui font quelque chose d'intéressant ne peuvent plus le faire. les gribouillages cassent notre réputation, font fuir les lecteur, et jamais aucune agence de pub n'utilisera un travail qui a un contenu social ou positif, ou qui est simplement autre chose que égo-pognon-béton. Ce qui explique le constat de Jif: "Ceci étant dit, j'ai vu plusieurs auteurs de grande qualité arrêter de créer de la BD parce que rien ne les retenait. Des séries et des projets vraiment prometteurs sont restés embryonnaires parce que leurs auteurs ne pouvaient assumer une création désintéressée." C'est ce qui attend aussi mes likpas si jamais je trouvais un boulot, ou, pire, si je perdais mes (maigres) droits.
En fait, si on pose le problème en termes très terre à terre, ça se résume à un problème de droit du travail: un maçon aurait droit à un salaire régulier, à la sécu et à la retraite, et un artiste juste à mendier une maigre alloc chômage dont on lui fait chaque mois sentir qu'il ne la mérite pas? Je ne suis pas d'accord.
Les mineurs, les cheminots, les ouvriers, les fonctionnaires, les profs, ont chacun des conventions collectives lourdes, et de puissants syndicats qui les défendent. Nous, la seule convention collective que nous ayons, c'est le DROIT D'AUTEUR, et le seul syndicat, c'est le COPYRIGHT, et les associations d'auteur. Une protection secondaire, souvent très illusoire, est la notion de diffamation si quelqu'un dénature notre travail. Alors toute attaque contre ces maigres garanties est fort malvenue.
C'est effectivement ce qui se passe avec la licence Créative Common: même la plus restrictive n'empêcherait pas un présentateur de télé, voire un parti politique, une secte ou un site porno d'utiliser notre travail d'une manière qui le dénaturerait. Alors, tout bien réfléchi, j'ai donc décidé de retirer les likpas de webcomic.fr, tant que je ne n'y dispose pas d'une protection complète. Ainsi je gère mon travail. Et rien n'empêche de toutes façon un fanzine de publier mon travail, de manière amicale ou commerciale, rien n'empêche un autre artiste de faire vivre mes personnages d'une autre façon, tant qu'il ne les dénature pas. Mais ainsi c'est moi le créateur, moi le travailleur, moi le "petit chef d'entreprise", qui gère, qui donne ou refuse l'autorisation. Pas quelqu'un d'autre qui vient m'imposer une situation qui ne me convient pas. Que ceux qui venlent des dessins pour illustrer leu travail les dessinent eux-mêmes, ou qu'ils paient.
Et que ceux qui sont contents avec une licence Creative Common s'y sentent bien. Ce genre de licence est parfait pour une création collaborative, que ce soit en art ou en logiciel libre, mieux en tout cas que les copyrights et brevets classiques, qui, dans ces domaines, sont effectivement sources de gros problèmes. Que chaque système soit donc utilisé là où il est utile, efficace et non nuisible.
Dans toutes les périodes fastes de l'humanité, les artistes ont été sponsorisés par l'état, par les religions, ou par de riches mécènes (patrons, commerçants). Aujourd'hui il est clair que nous ne sommes pas dans une de ces périodes fastes.
Quelques remarques en vrac:
Mog: " je trouve le dessin (des likpas) trop rigide" C'est un gag ingénu, ou tu l'as fait exprès? :D
Mon style est bien connu sous le nom de "ligne claire", ou "école belge", mise au point dans les années 1930 autour de Hergé. Il est toujours très utilisé et apprécié des lecteurs. Je m'étais d'abord intéressé à un style beaucoup plus simple, à la Reiser. Mais ce n'est facile qu'en apparence: ce type avait un don, que je n'ai pas, et je n'y suis pas arrivé. On ne peut pas être naïf exprès. J'avais aussi envisagé un trait dit "réaliste" (qui va si bien à Blueberry, par Giraud) mais j'ai finalement préféré utiliser des dégradés de couleur pour faire les reliefs, plutôt que des hachures. Le résultat est plus gai, plus vivant, je pense. J'aurais aimé aussi faire des dessins sans trait, à l'aéro, style Macédo (ça a un nom, mais je ne me rappelle plus lequel). Mais il ya 10 à 20 fois plus de boulot pour une planche style Macédo que pour la même planche en ligne claire. Aussi je les réserve pour certaines scènes particulièrement belles (ou particulièrement simples...) et je m'incline quand je vois passer Macédo ou la nana qui a fait "Inverloch".
Mog encore: "... (la bédé des likpas) est trop brulôt contre la société ". Ah, où t'as vu ça? Dans l'histoire des likschtroumpfs? Ou celle avec les likelfes? Ah oui je vois de quoi tu parles: j'envoie effectivement régulièrement des piques (et même des pals) contre les racistes, fachos, colonialistes, etc. Que veux-tu, c'est une bédé à message. Mais je te rassures, il n'y a pas que des racistes, fachos, colonialistes, etc dans la société, ils ne définissent pas la société à eux tous seuls. Et même une bédé à message peut être fort divertissante, si on n'est pas dérangé par un message positif et généreux. J'ai même fait exprès de brouiller les catégories: les likpas sont-ils sérieux, ou une comédie? Sont-ils de l'aventure, ou de la science fiction? Sont-ils une bédé engagée, ou un divertissement? Sont ils réalistes ou un monde loufoque? Ne te poses pas de questions de ce genre, lit.
likchenpa Le dimanche 6 avril 2008 à 17:39
Effectivement, comme leur nom l'indique, les licences Creative Common sont faites pour un travail commun, par exemple la création de systèmes complexes comme un OS (Linux) ou un navigateur (Firefox). Le but alors est que un participant ne puisse pas bloquer l'ensemble en prenant un brevet ou un copyright sur une partie du travail.
Elles peuvent aussi convenir pour une communauté de créateurs sur un thème donné, par exemple les auteurs qui ont bâti des romans et bédés dans le monde de Star Wars, ou bien un groupe religieux ou politique. Il y a une nécessité de cohérence là dedans, par exemple un auteur a besoin de citer des évènnements qui se passent au même moment dans un roman d'un autre auteur, ou de faire évoluer un personnage créé par un autre auteur, ce qui ne marcherait pas si chacun retenait ses créations. La solution retenue dans ce cas est un copyright classique de chaque texte, avec probalement une licence commune pour les personnages et le cadre.
Par contre il n'y a rien de "commun" au travail d'un seul auteur, a moins qu'il n'arrive à s'entourer lui aussi d'une communauté de créateurs sur son thème.
Et encore, même dans le cas d'un travail de groupe comme Linux, les licences Créative Common ne garantissent pas la cohérence du travail commun. En effet, n'importe qui peut introduire une participation problématique (bugguée, mal conçue), qui se répandrait, et qui, plus tard, forcerait les autres participants à modifier l'ensemble pour tenir compte des erreurs qui ont été introduites. La qualité générale du travail en serait très réduite.
On n'échappe donc jamais vraiment au besoin d'une quelconque autorité centrale qui contrôle la cohérence des différentes participations, et qui peut donc être amenée à refuser des participations.
Richard Trigaux Le dimanche 6 avril 2008 à 20:11
likchenpa a dit "C'est effectivement ce qui se passe avec la licence Créative Common: même la plus restrictive n'empêcherait pas un présentateur de télé, voire un parti politique, une secte ou un site porno d'utiliser notre travail d'une manière qui le dénaturerait."
C'est totalement faux :
1- la licence la plus restrictive interdit l'utilisation commerciale, donc l'usage sur un site porno (commercial) ou à la TV (commerciale) est toujours encadré par la code de la propriété intellectuelle ;
2- aucune licence, quelle qu'elle soit, ne peut remettre en cause les droits moraux de l'auteur : ils sont inaliénables. Toute utilisation de l'œuvre - fût-elle non commerciale - qui ne la respecterait pas (elle ou son auteur) reste clairement protégée par le code de la propriété intellectuelle. Les usages politiques ou religieux tombent clairement sous le coup de la loi, de même qu'un usage sur un site pornographique.
Fais l'effort de lire le code de la propriété intellectuelle et de lire les versions intégrales des licences que tu critiques... Cela t'évitera de commettre des approximations aussi graves que d'insinuer qu'une licence libre ou ouverte autoriserait l'infraction à des droits inaliéanbles de l'auteur ! La loi prévaut toujours sur la licence. La licence n'est qu'une manière d'ouvrir certains droits pour certains usages de manière générique au lieu de devoir traiter chaque session de manière individuelle.
PS: le copyright n'existe pas en France. Nous sommes sous le régime du code de la propriété intellectuelle. Le Copyright est un système anglosaxon fort différent, et bien moins protecteur pour les auteurs des œuvres. C'est notamment grâce à lui que des éditeurs de comics peuvent posséder et exploiter des personnages au mépris des droits auxquels leur créateur pourrait prétendre.
PPS: seules les licences Creative Commons "share-alike" autorisent la productions d'oeuvres dérivées. Il est donc totalement faux de prétendre que toutes les licences Creative Commons ne seraient conçues que pour permettre des créations collaboratives. C'est un de leurs usages, mais ça n'est pas le seul.
JiF Le lundi 7 avril 2008 à 00:07
Désolé, Jif, que nous ne soyons pas arrivés à nous entendre. Peur-être comprendras-tu un jour que, pour faire un site sur l'art, tu as besoin des artistes.
Enfin, tu as au moins apris une chose, dans ton dernier post, à ne pas psychanaliser les gens, comme tu l'avais fait plus haut.
likchenpa Le lundi 7 avril 2008 à 08:31
ah oui, j'oubliais quelque chose:
Lik
likchenpa Le lundi 7 avril 2008 à 08:32
« C'est effectivement ce qui se passe avec la licence Créative Common: même la plus restrictive n'empêcherait pas un présentateur de télé, voire un parti politique, une secte ou un site porno d'utiliser notre travail d'une manière qui le dénaturerait. »
C'est n'importe quoi ! Les licences ne sont pas en causes: même ton saint-graal copyright ne permet pas ça. Il n'existe AUCUNE protection qui permette d'empêcher a priori un usage abusif ou une dénaturation. Le seul moyen, c'est de ne pas diffuser l'œuvre du tout.
Note: les œuvres collaboratives étaient déjà encadrées par la loi (mais peut-être pas de façon assez libre?) avant l'apparition des licences CC.
Dr_Folaweb Le lundi 7 avril 2008 à 20:20
Je précise, parce que je voudrais être clair: en pratique, n'importe qui peut violer tes droits et reproduire tes likpas sans ton consentement. Tu peux difficilement l'empêcher. Le copyright, le code de la propriété intellectuelle, te protègent en cas de délit (a postiori donc) dans la mesure ou tu peux prouver que tu es bien le détenteur des droits sur tes œuvres. Le droit d'auteur t'es acquis dès la création de l'œuvre: il n'y a pas de démarche à entreprendre, rien à payer. MAIS tu dois pouvoir prouver ta paternité, et pour ça il faut pouvoir prouver l'antériorité de tes droits sur l'œuvre (enveloppe Soleau, dépôt chez huissier,...).
Les licences CC n'interviennent pas là dedans. Elles informent le public que tu autorises ou pas l'utilisation de ton œuvre. Elles ne servent pas de "protection".
Dr_Folaweb Le lundi 7 avril 2008 à 20:32
...cela dit, on s'acharne, mais... Tu as tout à fait le droit (droit de divulgation pour être précis) de retirer tes œuvres de webcomics.fr. Il ne faudrait simplement pas le faire pour de mauvaises raisons :-)
Dr_Folaweb Le lundi 7 avril 2008 à 20:41
ah zut, docteur, j'avais fait une belle chute pour finir cette page en beauté, et il a fallu que tu y rajoutes une tartine de prose juridique. Pour un site de bédé, vous manquez plutôt d'humour!
Inutile de mettre ici toute la législation sur le droit d'auteur: je ne veux pas donner d'autorisation a priori. Point barre.
Si quelqu'un est intéressé pour faire quelque chose avec les likpas, qu'il me contacte, qu'il me présente son projet, qu'on fasse connaissance, qu'on apprenne à se faire confiance, et on verra. Je suis pour une collaboration constructive. Mais c'est mon travail, alors c'est moi qui donne le la.
Et si quelqu'un veut me piquer mon travail, je préviens qu'il aura quelques surprises très désagréables.
Ne te mets pas en colère quand tu vois que quelqu'un n'est pas du même avis que toi
Dirige ta barque sans chercher à diriger celle des autres
et tu verras, ta vie sera beaucoup plus facile.
Pour moi, c'est plus délicat, car j'ai prétention de faire passer un message. Mais même ainsi, je n'ai rien trouvé de mieux que d'obéir aux deux règles ci-dessus.
gros lik
likchenpa Le mardi 8 avril 2008 à 09:28
Je n'avais pas compris que c'était un article sur vous et votre bédé, nonobstant.
Fred Boot Le mardi 8 avril 2008 à 10:12
Connaître la loi et avoir de l'humour n'est pas incompatibles. Je ne me mets pas en colère parce que tu n'es pas du même avis. Je suis même tout à fait d'accord avec l'idée de ne pas vouloir d'une dénaturation/plagiat de son travail. Mais je ne peux pas te laisser dire n'importe quoi non plus.
Et je te ferais remarquer que ma "tartine" à l'air d'un amuse-gueule à côté de tes propres proses.
Dr_Folaweb Le mardi 8 avril 2008 à 11:27
encore une fois les statistiques tranchent: je n'ai reçu que 4 visites depuis cette page, à peine plus que de posteurs. Alors continuez à discuter si vous voulez, moi j'ai mieux à faire qe de parler dans le vide. Si jamais un jour quelqu'un lit la prose au dessus, il verra que l'incivilité commence au post 6, quand on commence à parler d'objectivité. Il pourra voir aussi que "tout le monde est contre moi" (ouiiiiinnnn snif snif snif) c'est à dire deux ou trois personnes. Ce genre d'unanimité me rappelle la fois où j'avais, par inadvertance, mis un post contre les sectes dans un site de la sciento, ah, c'était rigolo, ils étaient tous furax et "unanimes contre moi", mais eux au moins sont plus malins, aucun n'a avoué qu'il était sciento. Que voulez-vous, c'est mon karma, il faut toujours que je mette les pieds dans le plat, hihihi!
Alors il y a longtemps que je me doutais qu'il y avait aussi "quelque chose" ici. Mais ce qui a commencé à vraiment m'alerter, c'est quand, fin mars, sans explications, on a retiré les codes CSS d'accès aux handicapés visuels, que j'avais mis sur mes pages de webcomic.fr. Ça jette un froid, et je ressens d'autant plus ce froid que je viens moi-même d'être handicapé pendant un mois par une maladie douloureuse. N'attendez pas de recevoir vous-mêmes de telles leçons pour réfléchir.
Bon, la conclusion de tout ça est très intéressante. On voit mieux qui est utile ou pas. Certains liens vont disparaître de mes sites, d'autres vont apparaître. Et je trouve très intéressante l'idée de faire moi-même mon petit portail, où les critères d'admissions seraient:
-d'avoir une valeur artistique objective (ouiiiiiii, héhéhéhé)
-d'apporter quelque chose de positif à notre monde, au lieu de l'enfoncer davantage.
-ne pas enfoncer les autres qui font aussi un travail positif.
likchenpa Le mercredi 9 avril 2008 à 12:25
La gestion graphique des pages Webcomics devrait permettre la mise en place de CSS adapté aux lecteurs mal-voyant pourtant: c'est un choix de l'auteur lors de la conception de ses pages. Je ne vois pas dans la version actuelle du site quelque chose qui empêcherait cela et si c'est le cas, c'est un problème qui peut être signalé dans la partie "bugs" du forum.
Sinon, merci de comparer les intervenants à une secte, la plupart ayant répondu très patiemment et de manière exhaustive et polie. Comme vous dites, les lecteurs qui passeront ici jugeront par eux-mêmes.
Au revoir.
Fred Boot Le jeudi 10 avril 2008 à 01:18
les CSS: Fred, pour info, voir ce qui s'est passé ici: www.webcomics.fr/forum/to...
je mets même la copie des très instructives remarques du forum de webcomic.fr:
"likchenpa a dit :"
"bonjour, j'avais mis quelques CSS dans mon code, afin d'améliorer la présentation: lettres plus grandes, meilleur alignement… En effet je pense toujours aux handicapés en créant des page, et même les gens avec une bonne vue apprécieront de ne pas avoir à se fatiguer les yeux à lire des lettres minuscules. l'ennui c'est que, avec la nouvelle version, les CSS ont disparu, laissant une page déséquilibrée… merci de voir :)"
"JMG a dit :"
"Likchenpa : je n'ai rien supprimé, juste transformé. J'applique cependant un filtre sur le rendu, et comme l'ajout de CSS dans la page est interdit sur le Web (note1), ils ne sont pas affichés dans la page HTML finale."
"note 1: Tidy n'aime pas, il supprime, point."
Quant à faire de l'interprétation psychologique ou traiter quelqu'un de subjectif parce qu'on a une autre opinion, tu peut penser que c'est "patient et poli", mais pour l'immense majorité des gens (ici absents) ça ressemble effectivement aux méthodes de la sciento, saches-le avant de tomber un jour sur quelqu'un qui te le fasse comprendre de manière moins humoristique que moi.
Que nous ne soyons pas d'accord sur la licence CC de nos travaux, c'est une chose, mais cela ne justifiait pas ces posts manipulateurs et injurieux. Et des posts manipulateurs et injurieux, c'est un problème beaucoup plus grave que notre petit désaccord sur les licences CC. Et c'est ce problème bien plus grave qui m'a fait retirer mon ma confiance en vous, et donc retirer mon travail de ce système.
De toutes manières, je suis aussi allé voir sur les sites de musique gratuite en licence CC. C'est comme pour la bédé, après avoir essayé quatre ou cinq "musiciens", on a les oreilles si endolories qu'on n'ose plus cliquer sur le suivant pour voir si il n'y aurait pas des bons dans le tas.
Finalement j'en arrive à faire bien plus confiance aux pouvoirs publics dans ce domaine, qu'à ceux qui prétendent défendre la liberté. Ainsi la France vient de signer les accords de l'OMPI, une avancée de plus vers la protection des artistes contre ceux qui veulent casser l'art. Pour reprendre l'expression de Rika Zaraï (à propos de tout autre chose) ces lois seront "à la fois notre carcan et notre liberté".
et toujours:
lik lik lik, hihihi
likchenpa Le jeudi 10 avril 2008 à 10:10
Vous avez fait preuve de dogmatisme que vous le vouliez ou non (car il s'agit de cela, et non d'objectivité ou de subjectivité en effet), ce que je peux respecter venant d'un artiste qui parle de son travail car je sais que la création demande rarement de la demi-mesure. Mais cela ne devrait pas vous empêcher d'être à l'écoute et ouvert à la discussion lorsque vous intervenez ici. J'ai de mon côté des gros points de désaccord avec Jif, mais jamais je ne m'abaisserai à le traiter de manipulateur et j'en passe.
J'espère que vous léverez votre nez du guidon, comme on dit par chez moi.
Fred Boot Le jeudi 10 avril 2008 à 13:39
A toutes fins utiles, je précise que la remarque qu'a faite likchenpa a bien été prise en compte par JMG qui envisage d'intégrer une option pour la taille des textes dans l'interface de personnalisation graphique des webcomics. En tous les cas, cette interface permettra une saisie des CSS sans assistance visuelle, pour les utilisateurs avancés (en fait c'est déjà possible, suffit de demander). Mais il n'est en effet plus possible d'intégrer du CSS dans les contenus, car cela irait justement à l'encontre des principes élémentaires de l'accessibilité web. Cela n'a pas été fait sans prévenir : c'est le fait d'une refonte approfondie du site, dont les auteurs ont informés et qu'ils ont très largement accueillies avec enthousiasme tant elle apporte d'avancées positives dans bien des domaines.
Il faut aussi noter qu'une personne déficiente visuelle dispose d'outils intégrés à tous les navigateurs, pour agrandir à volonté la taille des polices de caractère d'un site. Nous prenons cet élément en compte dans nos développements.
Pour travailler sur un site universitaire, je connais très bien ces enjeux. Le site de l'université Paul Verlaine - Metz est en effet l'un des rares (sinon le seul) site universitaire qui soit entièrement agrandissable (pas seulement la taille des caractères), justement pour les déficients visuels. Je suis très sensible à ces questions depuis que le papa d'un enfant atteint du syndrome de Stargardt m'a félicité parce qu'Abdel-INN lui permettait de trouver des animations flash (en vectoriel donc) dont son enfant pouvait profiter.
JiF Le jeudi 10 avril 2008 à 18:37
Mais a-t-il vu les Likpas ? Parce que c'est ça le plus important dans l'histoire...
(Ha ha ha
Snif)
Fred Boot Le vendredi 11 avril 2008 à 08:57