Julien Falgas

Formé aux arts plastiques et aux contenus web, je suis un observateur et un acteur assidu de l'évolution de la bande dessinée numérique. Webmestre pour l'Université de Lorraine, j'assure des enseignements devant des étudiants en Sciences de l'information et de la communication. Depuis 2011, je prépare une thèse consacrée aux usages des dispositifs de publication numérique par les auteurs et les publics de bande dessinée.

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2011 mar. 15

Un magazine "pirate" plaide pour des BD numériques mieux scannées

B.D.Z.L'acronyme "BDz" désigne la "BD numérique", n'en déplaise à tous les pseudo-inventeurs de la BD numérique, qui pensent qu'ils ont refait le monde !

C'est ainsi que les auteurs du webzine B.D.Z. expliquent le choix de leur titre. L'expression découle directement du mot "warez", qui désigne des contenus numériques protégés par les lois du copyright, mais diffusés illégalement sans reverser de droits (Wikipedia). Ce magazine se donne une mission :

Ouvrir les yeux aux lecteurs sur la qualité (ou plutôt la sous-qualité) qu'ils sont habitués à télécharger, acheter, tant que dans l'offre légale que du côté illégal.

On retrouve là le cheval de bataille des adeptes du partage de scans dont j'avais interrogé un représentant et recueilli les usages d'un petit échantillon. Au delà des questions de droits, bien numériser une bande dessinée demande du matériel, du temps et des compétences. Un domaine dans lequel les pionniers du partage semblent avoir beaucoup à apprendre aux jeunes pirates comme aux éditeurs.

Entre deux pin-ups et chroniques de lecture, le magazine revient sur l'étude eBookz 2 du MOTIF, jugée avec moins de sévérité que la précédente étude. On appréciera également la visite commentée des "effets artistiques" qui entachent les BD numérisées tant légales qu'illégales. Saviez-vous qu'une mauvaise retouche pouvait produire une oeuvre impressionniste, abstraite, tachiste ou pointilliste ? Et de conclure, la retouche n'est par un art avant d’exhorter les lecteurs à exiger des retouches de qualité.

Comme l'explique l'article suivant, il faut dire que les authentiques amoureux des BDz lisent sur de grands écrans haute définition de 22, 24 ou 30 pouces et pas sur le minuscules tablettes ardoises telles que l'iPad, qui n'arriveront à maturité que dans 2 ou 3 ans selon B.D.Z. On s'attardera enfin sur un dossier consacré aux logiciels de lecture et de classement de BD numériques. Leur nombre et leur sophistication surprend lorsqu'on sait qu'aucun éditeur ne propose d'accès légal à des fichiers dans les formats communément utilisés sur les réseaux de partage.

En définitive B.D.Z. se révèle un bon moyen de comprendre les motivations et les attentes des pirates les plus endurcis.

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