Marre de la TV

Expert en BD en ligne, webcomics et contenus narratifs ; formé aux arts plastiques et aux contenus web ; webmaster à temps plein, webdesigner à temps perdu ; passionné de jeux de société et de films en tous genres ; j'ai mieux à faire que de regarder la télévision, et vous ?

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Mercredi 17 février 2010

Internet est le nouveau supermarché de la bande dessinée

Dans la droite ligne de sa numérologie 2009, Xavier Guibert (du9) démonte quelques idées reçues sur la bande dessinée , notamment celle de sa popularité. La BD toucherait principalement les jeunes de 7 à 34 ans issus des catégories les plus aisées et les plus instruites. Didier Pasamonik (ActuaBD) réagit assez vivement sur la page Facebook de l'Association des auteurs de bande dessinée. Au delà du débat sur la justesse des chiffres IPSOS qui appuient le raisonnement de Xavier Guibert, c'est la question de la diffusion de la bande dessinée qui se pose. Selon Didier Pasamonik, la BD souffrirait avant tout de sa disparition progressive des rayons des supermarchés.

On peut se demander si la bande dessinée de supermarché est bien celle dont on aimerait qu'elle soit plus populaire ; et surtout si les supermarchés sont encore le meilleur lieu d'interface entre le public et la culture.

Une enquête publiée en 2007 par le magazine Krinein approfondit la question de la diffusion de BD en supermarché. On y découvre le portrait d'une "bédé de supermarché" qualibrée par le marketing. Le public des supérettes y est dépeint comme parfaitement déconnecté de celui qui fréquente les librairies. Mais le plus inquiétant est que la bande dessinée en 2007 était plus souvent lue dans les rayons des supermarchés que dans ceux des médiathèques ! Rien d'étonnant à ce que la BD ait mis si longtemps à trouver une reconnaissance intellectuelle : sa première vitrine étaient les temples de la consommation de masse.

Pourtant Didier Pasamonik déplore que les supermarchés réduisent la quantité de rayons alloués à la BD... C'est à mes yeux un combat d'arrière garde. Le supermarché répond à une nécessité : aller chercher le lecteur là où il se trouve. Ne peut-on obtenir un résultat quantitatif comparable tout en montant en qualité : faire découvrir de la bonne bande dessinée au plus grand nombre ? Nous achetons de moins en moins les produits culturels en supermarchés tandis que le commerce en ligne explose. Les derniers soldes ont été déplorables pour le commerce physique, mais le commerce en ligne a vu son chiffre grimper de 19%. On a beau incriminer la neige, cela fait quelques années que chaque grand moment de consommation est marqué par l'augmentation des chiffres de la vente en ligne.

Internet est le nouveau supermarché des industries culturelles. Or personne n'achète une bande dessinée à l'aune de sa couverture. Hormis la vente, les supermarchés facilitaient surtout la lecture intégrale des oeuvres. La Fnac a adopté l'idée au point d'en faire un argument de vente. Pourtant personne ne se précipite pour offrir au consommateur le même service sur Internet que dans le monde physique : accéder à moindre coût à l'intégralité des catalogues pour une lecture-découverte.

Samedi 13 février 2010

Flattr pour un nouveau modèle de rentabilité de la création artistique

Flattr permettra à chacun de nous de dédier la somme de son choix à la rétribution des artistes. Pas question de redistribuer les sommes sur la base de l'audience des oeuvres comme le fait la SACEM dans le secteur musical. Avec Flattr, nous pourrons identifier les oeuvres que nous avons aimées de la même manière que nous partageons de bonnes adresses sur les réseau sociaux : un simple clic sur un compteur Flattr suffira. Une rétribution qualitative plutôt que quantitative !

Flattr est peut-être la solution de rémunération qui manquait aux auteurs de bande dessinée en ligne. Nos voisins anglosaxons ont développé le marché du webcomics autour du modèle de l'auto-édition, ils seront sans doute les premiers intéressés par cette nouvelle solution de monétisation. Mais les francophones pourraient bien y trouver leur compte, eux qui rechignent à embrasser le modèle publicitaire ou à publier gratuitement durant plusieurs années pour constituer l'audience indispensable à la réussite sur le web.

Quid des éditeurs ? Bien que Flattr s'adresse d'abord aux artistes, rien n'interdit d'envisager que l'éditeur continue de jouer son rôle d'intermédiaire. A lui d'offrir aux auteurs un service convaincant : production, apport technique, promotion, gestion administrative, ... La liste est longue des compétences qu'un auteur peut préférer déléguer. L'éditeur pourrait se saisir d'un outil tel que Flattr, percevoir l'argent et le redistribuer aux auteurs en fonction du contrat qui les lie.

Pour aller plus loin, j'imagine fort bien que des collectifs d'édition en ligne décident de mettre en commun les fruits de leurs publication pour les redistribuer suivant d'autres modalités. Flattr peut permettre de recueillir de l'argent sur une identité éditoriale partagée... Avant de redistribuer cet argent en fonction d'autres critères tels que l'investissement de chacun, le soutien à des projets en démarrage ou même l'audience.

Ce modèle du mécénat devrait également apparaître dans le domaine de l'info en ligne, à l'initiative de Rue89. Kachingle propose un service similaire pour rétribuer les sites web que l'on apprécie.

L'originalité de Flattr, c'est que ce service est lancé par les fondateurs de The Pirate Bay. The Pirate Bay est un célèbre moteur de recherche de fichiers .torrent : des fichiers destinés au téléchargement en P2P et notamment au partage (légal ou non) de films et de musiques. Ses fondateurs ont de la suite dans les idées : après avoir contribué à libérer radicalement la diffusion numérique des oeuvres (quitte à bousculer les lois en place), ils ont décidé de mettre en application la licence globale. Pendant que les gouvernements et leur sordide traité Acta préfèrent servir les industries culturelles que les artistes et leur public, les "pirates" mettent en place une solution pour que les artistes soient rétribués directement par leur public.

Mercredi 27 janvier 2010

iPad = iPod touch macro, je l'avais prédit :)

Il y a deux ans, alors que tout le monde prédisait l'annonce imminente d'un "iPhone nano" j'envisageais au contraire la sortie d'une tablette tactile :

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris).

Mieux vaut tard que jamais, ce soir Steve Jobs a enfin daigné réaliser ma prédiction. L'iPad n'est ni plus ni moins qu'un grand iPod touch de 10 pouces. Les implications pour la bande dessinée numérique sont majeures :

  • oubliée la lecture de BD dans un format timbre-poste au moyen d'artifices de mise en scène étrangers au récit original ;
  • place à la possibilité de parcourir confortablement du bout du doigt des planches de BD numérisées ;
  • place surtout à une ergonomie nouvelle du surf sur Internet qui favorise le développement d'une véritable offre de BD en ligne de création.

Lundi 25 janvier 2010

France Culture n'affirme plus que les licences Creative Commons seraient illégales au regard du droit français

EDIT du 1er février 2010 : après avoir prix contact avec France Culture, leurs équipes ont rectifié le contenu du dossier. Je tiens à saluer le sérieux et le professionnalisme de ces journalistes. Voici la phrase aujourd'hui publiée :

Manolosanctis, maison d'édition communautaire, a choisi le modèle des licences Creative Commons . Ce sont des licences libres. Il s'agit de contrats flexibles de droit d'auteur pour diffuser des créations, et permettre à d’autres de les utiliser sous conditions.

Dans un dossier sur la BD numérique, France Culture insinue que les licences Creative Commons seraient illégales au regard du droit français. Cette allégation est apparue initialement dans le compte rendu de la journée professionnelle consacrée à la BD numérique à la Cité internationale de la bande dessinée le 24 novembre 2009 :

Ainsi, l’évocation des licences Creative Commons utilisées par le nouvel éditeur Manolosanctis donne lieu à une levée de boucliers de tous les avocats présents dans la salle sur le problème de la cession du droit moral, illégale en France.

Pourtant, le site français de Creative Commons répond explicitement à cette inquiétude à travers sa FAQ juridique !

France Culture va jusqu'à ajouter dans sa FAQ du numérique : l'auteur abandonne tout droit sur la diffusion numérique de son oeuvre. On frise la désinformation.

Il me semble important de rappeler que :

  • les licences Creative Commons s'appliquent à tous supports (pas seulement au numérique) ;
  • les licences Creative Commons permettent à l'auteur de réaffirmer qu'il se réserve les droits d'exploitation commerciale de son oeuvre.

Avec les licences Creative Commons l'auteur autorise a priori certains usages de son oeuvre sans demande d'autorisation préalable. Il n'abandonne aucun de ses droits moraux. Ces licences sont simplement un outil pour :

  • autoriser le public à diffuser une oeuvre - éventuellement à l'exclusion de l'exploitation commerciale,
  • autoriser ou non d'autres artistes à intégrer une oeuvre dans des oeuvres dérivées,
  • tout en affirmant toujours l'obligation de créditer l'auteur original.

Samedi 2 janvier 2010

La bande dessinée est l'un des secteurs qui est très avancé sur le numérique

Ce n'est pas moi qui le dit, mais Gilles Ratier dans le traditionnel rapport de l'Association des critiques de bande dessinée. Voilà une affirmation qui me laisse profondément perplexe.

Le rapport de l'ACBD s'attache au marché francophone. Or les professionnels de la BD francophone abordent le numérique avec des années de retard par rapport aux anglophones et aux asiatiques. Cette prise de conscience récente prend place dans un contexte marqué par de très fortes particularités par rapport aux marchés étrangers :

  • prédominance du blog BD,
  • bonne santé du secteur traditionnel (le livre),
  • attentisme des auteurs quant aux modèles que proposeront les acteurs traditionnels (éditeurs).

Rappelons qu'un Eisner Award récompense le meilleur webcomic depuis 2005. Chez nous, le blog BD n'est récompensé depuis 2007 que sous l'angle de la "révélation"... Si la BD francophone avait un telle avance en matière de numérique, comment se fait-il que l'ACBD n'en ait jamais fait état avant cette année ?!

Lorsque je relis mon bilan de l'année 2005, je constate qu'en 4 ans nous avons bien peu avancé.

Mercredi 16 décembre 2009

Les terminaux pour lire de la BD importent peu : tout passera par le web

Sébastien Naeco signe un panorama des nouveaux terminaux susceptibles de permettre la lecture de bande dessinée. Force est de constater que cela part dans tous les sens. Faute de standards technologiques, il n'est pas étonnant qu'auteurs et éditeurs se montrent très prudents (d'aucuns diraient timorés). Et pourtant, un standard existe à travers le web en tant que mode de diffusion.

Rappelons que la BD interactive est née sur CD-rom, mais qu'elle s'est empressée de migrer sur le web. Le web qui a donné naissance aux BD en ligne, blogs BD et autres webcomics d'outre-atlantique. Face à cette production, à son histoire et à ses succès, la "BD numérique" (je préfèrerais dire "numérisée") que l'on s'efforce aujourd'hui de nous vendre sur iPhone fait pâle figure en dépits de ses levées de fonds astronomiques. Quand on pense que l'iPhone est l'objet-nomade qui a popularisé le web mobile (33% du trafic web mobile modial, et près de 50% dans les pays occidentaux), on a peine à croire que les acteurs professionnels puisse se tourner vers l'Appstore et sa censure pour diffuser de la bande dessinée. Avant l'iPhone on s'échinait à concevoir des sites pour mobile, aujourd'hui le web tout entier est accessible aux mobiles.

Les terminaux nomades tendent tous vers une connexion à Internet : Wifi, EDGE ou 3G. Certes, les débits sont plus modestes que ceux d'une connexion haut débit domestique. Mais la bande dessinée a l'avantage d'être assez peu gourmande en bande passante par rapport à la vidéo ou la musique. D'ici quelques années la donne aura changé : le très haut débit mobile est synonyme d'une concurrence écrasante de l'image animée et de la musique. J'ai souvent expliqué combien le succès des webcomics anglosaxons avait été favorisé par le marasme économique que traversait le marché traditionnel au moment même où Internet s'est démocratisé aux Etats Unis. Deux autres facteurs doivent être pris en compte : les Américains ont adopté Internet une demi-douzaine d'années plus tôt que les Français, tandis qu'ils ont bénéficié plus tardivement du développement du haut-débit, peu aisé à déployer sur un grand territoire (la France est d'ailleurs toujours en avance). Dans ces conditions, des contenus peu gourmands en bande passante tels que les webcomics ont eu plus de temps pour s'installer dans le paysage avec une rentabilité favorisée par des coûts d'hébergement nettement inférieurs aux autres formes de divertissement en ligne (jeu, musique, vidéo).

Le web mobile fait figure de seconde chance pour la bande dessinée francophone. C'est une chance qu'il ne faudrait pas laisser passer en dilapidant nos efforts et nos moyens dans des solutions timides et éphémères. Baser sa stratégie sur des terminaux dont l'espérance de vie ne dépasse pas quelques années est une terrible erreur. Aujourd'hui, des pages persos vieilles de plus de 10 ans peuvent encore être parcourues par les internautes, quelle application iPhone pourra en dire autant ?

Mardi 24 novembre 2009

BD numérique – Premier bilan : mon offre idéale

Où en est réellement l’offre de bandes dessinées numériques ? Annoncée pour exploser cette année, elle ne se développe que pas à pas, titre après titre. Plusieurs opérateurs entrent en concurrence, proposant chacun leur vision de cette nouvelle façon de lire de la BD, que ce soit sur téléphones mobiles, sur écrans d’ordinateurs ou sur autres tablettes grand format. Mais, si l’offre n’est pas encore pléthorique, force est de constater qu’elle est dispersée. C’est pourquoi Bodoi a interrogé chacun des acteurs du secteur, avec un questionnaire similaire envoyé par email. Dans une série d’articles consacrés à chacun, Bodoi présente leurs réponses de manière brute, afin que NOUS, lecteurs, puissions nous faire une idée, entre vraies avancées, langue de bois et alléchantes promesses.

Voici ici les réponse que j'attendrais de l'acteur idéal sur ce marché balbutiant. Précisons au passage que Bodoi a centré son étude sur les acteurs qui diffusent de la bande dessinée numérique payante. Ce n'est malheureusement pas très clair à la lecture du texte introductif, je m'en suis donc préalablement assuré auprès de Benjamin Roure. Je vous encourage bien entendu à aller lire les premières réponses réunies par Bodoi de la part d'Ave!comics, Digibidi et BDtouch. Voici les miennes.

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Vendredi 13 novembre 2009

La BD numérique payante : à vendre ou à louer ?

Je déplorais hier les conditions de vente de la version numérique de Lanfeust Odyssey. Je suggérais également la semaine dernière que la bande dessinée avait tout intérêt à se répandre gratuitement sur le support numérique puisque sa bonne santé économique est assurée par un produit physique (l'album) que l'on offre ou collectionne comme un véritable objet d'art, à la fois prestigieux et accessible. Pour autant, si un commerce des bandes dessinées numériques doit être fait je crois que seul l'abonnement (ou la location) se révéle pertinent. On ne peut pas vendre un objet immatériel reproductible à l'infini. On ne peut pas vendre l'accès à un objet s'il risque de disparaitre au gré des évolutions économiques ou technologiques.

Julien Portalier (développeur de Webcomics.fr) ne dit pas autre chose lorsqu'il appelle de ses voeux un Spotify de la bande dessinée en réponse - sur Facebook - à mon billet d'hier. Spotify, est le successeur annoncé de Deezer : une application pour écouter de la musique parmi un immense catalogue, avec un mode d'accès gratuit financé par la pub et des accès sur abonnement (24h ou mensuel) sans pub et enrichis de fonctionnalités avancées. Ce que la musique a fini par réaliser après des années d'efforts aveugles pour contrer la diffusion numérique, la bande dessinée pourrait sans doute le mettre en oeuvre dès maintenant en tirant partie de sa bonne santé.

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Jeudi 12 novembre 2009

L'Odyssey de Lanfeust de Troy englué dans la toile

Sur Direct8 l'an dernier, le créateur des éditons Soleil - Mourad Boudjellal - expliquait quelle concurrence représentaient le DVD et les séries américaines pour la bande dessinée. Depuis Soleil table sur l'exploitation du support numérique pour conserver les faveurs des jeunes lecteurs. Dernière tentative en date : Lanfeust Odyssey... Navrant.

Non content de perpétuer l'utilisation de la BD en ligne comme un vulgaire outil marketing, Soleil en fait un produit bas de gamme destiné aux lecteurs qui n'ont pas les moyens d'être regardants sur leur vie privée et la pérennité d'un accès prétendu "illimité". Le tout en se servant des auteurs comme alibi puisqu'ils ont "piloté eux-mêmes" cette "vision de leur album".

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Jeudi 5 novembre 2009

Le blog de Franquin interdit à l'exploitation papier après 2 ans d'édition sur le web

Marsu Production a demandé le retrait des rayons de l'album qui réunissait deux ans de parution du blog de Franquin sur le web. Révélée hier par Wartmag suivi de Bodoi ou encore le comptoir à BD, l'affaire a fait le tour de la blogosphère. Eric Turalo, auteur de cette oeuvre-hommage au Maître, appelle aujourd'hui à l'appaisement dans les colonnes du blog du Festiblog. Pour autant, il n'est pas interdit de s'interroger sur le constat suivant :

Une bande dessinée en ligne éditée professionnellement sur le web durant près de deux ans sans être jamais inquiétée est aujourd'hui interdite à l'exploitation papier. Foolstrip se présente comme "la première maison d'édition de bande dessinée en ligne", mais n'a jamais reçu aucune injonction de Marsu Production avant que la bande dessinée en question ne soit publiée sur papier en partenariat avec Glénat. Faut-il y voir le poids des a priori ? Le papier serait-il si supérieur au web qu'il faille interdire l'édition physique d'une oeuvre lorsque son édition numérique s'est poursuivie ouvertement depuis près de deux ans ?

Mercredi 4 novembre 2009

La bande dessinée doit-elle craindre le piratage ?

La discussion qui a suivi mon billet sur les modèles économiques de la BD numérique se poursuit très activement sur Facebook où il est surtout question du marché des jeux vidéos. Klaim nous rappelle que le jeu vidéo a sans doute énormément à enseigner sur la gestion du piratage. Je pense que ces enseignements pourraient grandement bénéficier à la bande dessinée.

Il a raison : on n'a pas vu dans le jeu vidéo de chasse aux sorcières ni de messages de mise en garde risibles comme on a voit dans la musique ou le cinéma... Il faut croire que le piratage est complètement intégré dans les business models de ce produit culturel. Klaim ajoute que les meilleures protections contre le piratage sont psychologiques. Je souscris là encore à son point de vue : mieux vaut autoriser le public à découvrir l'oeuvre ou le produit gratuitement et le responsabiliser du même coup sur la nécessité de rétribuer ceux qui en sont à l'origine. On obtient ainsi de bien meilleurs résultats qu'avec des protections logicielles coûteuses, dont le contournement devient un défi pour les pirates en herbe.

Appliqué à la BD, ce raisonnement est riche d'enseignements. La bande dessinée francophone a la chance inespérée de s'est construite autour d'un produit prestigieux : l'album cartonné couleurs. C'est ainsi qu'on achète une BD non seulement pour la lire, mais aussi pour l'ajouter à sa collection (on ne parle même pas de bibliothèque chez les bédéphiles, c'est dire !). Et si on ne l'achète pas pour soi, on l'achète pour l'offrir. Contrairement à nos voisins, nous ne considérons plus la BD comme un objet de consommation jetable. Voilà une chance mal comprise par ceux qui s'efforcent de vendre les droits numériques de lire des BD.

Les adaptations pour mobile ont une cible affichée : l'usager des transports en commun. Ce modèle se calque sur celui des pays asiatiques où la bande dessinée numérique sur mobile se substitue très avantageusement aux épais fascicules imprimés sur du mauvais papier et voués à être jetés une fois dévorés à toute vitesse. Le problème est que nous ne sommes pas du tout dans cette culture d'une BD jetable, même les jeunes lecteurs de manga en font la collection. Ne serait-on pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis en cherchant à vendre la BD sous une forme dépréciée ?

Les initiatives de prépublication gratuite et d'extraits à découvrir sont autrement plus pertinentes... Le public plus encore que les acteurs du marché est très attaché à la forme traditionnelle de la bande dessinée. S'il découvre en ligne des récits qui le touchent, il les achètera volontiers pour sa propre collection ou pour les faire découvrir à l'occasion d'un anniversaire ou d'une fête. Poussons le raisonnement un peu plus loin : la bande dessinée a encore bien moins à craindre le piratage que le jeu vidéo, le cinéma ou la musique car sa forme commerciale physique est reconnue comme une occurrence légitime de l'oeuvre. Pour parler clairement, l'album de BD est l'oeuvre finale, celle que l'on collectionne, là où le CD ou le DVD sont perçus comme de vulgaires reproductions n'ayant pas beaucoup plus de valeur qu'un fichier numérique. Dans ce contexte, si de nombreuses études montrent que les pirates de musique ou de cinéma tendent à consommer plus de produits culturels (CD, DVD, concerts, cinéma, etc), on peut s'attendre à ce que cet effet soit encore plus affirmé pour la bande dessinée.

Je suis poussé à croire qu'en généralisant une publication numérique libre et gratuite des oeuvres vendues en librairie on causerait moins de tort que de bénéfice à l'ensemble du marché. Je n'ai jamais lu autant de BD que lorsque je fréquentais la médiathèque municipale, et je n'en ai jamais autant acheté et offert qu'à cette époque où j'en découvrais abondamment. Une telle démarche conduirait d'ailleurs naturellement les auteurs à prendre en compte le web dans leur manière de créer, comme ils prenaient en compte les magazines BD d'antan. Nous assisterions spontanément au développement d'une création numérique originale, qui prendrait en compte l'aboutissement d'une édition papier. Progressivement les auteurs exploreraient les passages d'un support à l'autre, tirant le meilleur de chacun au lieu de les mettre dos à dos comme aujourd'hui.

Samedi 31 octobre 2009

BD numérique : deux préconisations aux éditeurs et acteurs du marché

En réponse à mon précédent billet sur les modèles économiques de la BD numérique, Fred Boot me fait observer à juste titre :

Les éditeurs de jeux video ne chercheront pas plus à niveler la création vers le haut. La logique de production est celle du plus petit dénominateur commun, bien plus que chez les éditeurs de BD.

Ou alors, il faut une vraie structure "cohérente" comme Ankama, où des créatifs passent parfois d'un domaine à l'autre.

Malheureusement disposer des moyens et des compétences ne préjuge pas de la capacité à encourager la création artistique. Ce qui nous ramène à l'essor du jeu vidéo indépendant que je citais un peu plus tôt. L'innovation en jeu vidéo vient aujourd'hui très fortement de petites structures qui bénéficient enfin d'un accès direct au consommateur par le biais des stores de téléchargement.

Transposons cela à la BD numérique et on abouti à deux préconisations pour les institutions en place.

1- Si l'on veut impulser efficacement l'émergence d'une création francophone, il faut débloquer des fonds dédiés à la production. Afin de donner les moyens aux auteurs de se lancer dans l'aventure. Le jeu vidéo indépendant se fait aujourd'hui très peu au fond d'un garage.

2- Quelle que soit l'évolution du financement de la création, il serait bon que les réseaux de diffusion qui tentent de se constituer aujourd'hui autour de l'adaptation d'oeuvres mainstream (les catalogues des éditeurs) s'ouvrent aux indépendants. En leur confiant éventuellement les outils de production (ex: de quoi zaver ses BD pour Ave!comics). Le seul risque pour eux ? Voir leurs stores s'enrichir de productions originales qui feront peut-être bien plus avancer les choses, y compris dans les méthodes d'adaptation des oeuvres existantes.

La vente des albums ne sera pas remplacée par la vente de fichiers numériques parce que notre bande dessinée n'a pas du tout les mêmes contours que le manga (on ne la lit pas dans les transports et on ne la jette pas après l'avoir lue). Face à une offre numérique redondante à l'offre papier, le public préfèrera nécessairement une production originale. Si l'establishment ne prend pas les initiatives qui s'imposent, tous nos espoirs reposeront sur les rares auteurs qui acceptent de faire ce que leurs pairs anglosaxons ont fait en s'affranchissant des institutions.

Concernant mes deux préconisations :

1- Je doute très fortement que des structures de production n'émergent de la part d'aucun des acteurs actuels. Il faudra peut-être qu'une structure à vocation non lucrative comme notre association se donne cette mission, en allant chercher l'argent ailleurs : auprès du lectorat et de sponsors privés ou publics.

2- Aucun format actuel de diffusion numérique marchande ne parviendra à s'imposer comme standard. Aucun de ces formats n'est suffisamment ouvert pour autoriser la pleine exploitation du support numérique par les auteurs. La page web est le seul standard du monde numérique : son accès est libre, aisé et de plus en plus répandu jusque sur les terminaux mobiles. Nos activités numériques sont de plus en plus basées sur le web : nous lisons nos mails sans client de messagerie afin de pouvoir y accéder de n'importe quel poste, nous composons des documents bureautique en ligne pour les partager plus facilement (il existe même des solutions d'infographie accessibles avec un simple navigateur), nous stockons nos photos et nos données sur le réseau pour les mêmes raisons. Le web remplace progressivement le système d'exploitation. Entre une BD en ligne et une BD accessible depuis un lecteur dédié, le choix du public ne fait pas un pli. Comment se placer sur ce marché d'avenir bien plus prometteur que l'adaptation d'oeuvres existantes ? Cf la première préconisation !

Vendredi 30 octobre 2009

BD numérique : l'argent, mais pour quels modèles économiques ?

Dans la foulée des échanges nourris de ces derniers jours, Sébastien Naeco signe un article fort intéressant autour des problématiques liées au financement et à la rentabilité de la BD numérique. Très intéressant car Sébastien décrit en creux les modèles économiques en présence. Force est de constater que ceux-ci sont loin d'être assez ambitieux, assez inventifs ni assez tournés vers le soutien à la création artistique.

Le métier d'éditeur devient celui d'un gestionnaire de catalogue. Il ne s'agit plus faire découvrir des artistes en leur donnant les moyen d'être publiés. Il faut croire que la BD francophone se porte si bien depuis plusieurs années qu'elle craint de se remettre en question. Quel dommage qu'une position aussi favorable provoque une telle crispation sur ses acquis et un manque de goût pour la prise de risque. Dans bien des secteurs on consacre de l'argent à la recherche et développement, pas en BD. En tous cas pas pour contribuer aux recherches artistiques. On juge aujourd'hui plus prudent de s'en remettre à des développeurs et des revendeurs de solution pour imaginer les nouveaux formats et de tester ces derniers avec le catalogue existant.

Sébastien rappelle qu'il n'existe pas de tête d'affiche en BD numérique dont le nom ferait vendre les oeuvres... Alors pourquoi ne pas innover en mettre en place des modèles ne nécessitant pas de tête d'affiche ? On l'a vu avec la musique et l'essors du jeu vidéo indépendant : le succès et la rentabilité peuvent tout à fait naitre de méthodes radicalement différentes de celles des "têtes de gondole". Les blogs BD ont prouvé qu'un oeuvre diffusée gratuitement et librement par de parfaits inconnus pouvait se forger une telle notoriété et un public si attaché à elle qu'il devient possible de produire de la valeur. Les webcomics US ont eux aussi largement exploré ce modèle. Mais là bas le marché traditionnel ne faisait plus rêver comme ici, il faut croire que c'est dans la nécessité que les artiste savent donner le meilleur d'eux-même.

Peut-être est-ce là notre principal problème : les auteurs francophones font trop confiance aux institutions en place pour décider des formats et des finances. Je lisais hier les premiers chapitres de "How to make webcomics" écrit par Brad Guigar (Evil Inc.), Dave Kellett (Sheldon), Scott Kurtz (PvP) et Kris Straub (Starslip Crisis). Tout commence par une mise au point très simple : l'auteur de BD en ligne doit d'abord compter sur lui-même. Il part pour plusieurs années de pur bénévolat durant lesquelles sa priorité doit être de raconter ce qu'il a décidé de raconter, avec son talent et sa passion pour seuls carburants. Une fois qu'il aura su conquérir son public, il pourra rentabiliser son travail et peut-être même en vivre. On ne devient pas milliardaire ainsi, mais vivre de son art est déjà énorme. Ce sont des artistes qui l'écrivent, et des artistes qui sont passés par là.

La littérature anglosaxonne sur le sujet est très instructive, mais la plupart des acteurs francophone semblent l'ignorer avec autant de désinvolture qu'ils ignorent les rebondissements vécus par la BD en ligne chez nous au cours de ces dernières années. Sébastien a totalement raison d'en appeler à l'embauche de cadres compétents en la matière pour éclairer les décisions qui s'imposent. Mais en prenons-nous vraiment le chemin ?

Pour terminer, Sébastien relève que les compétences et les moyens financiers ne sont peut être pas à chercher du côté des éditeurs de BD mais des éditeurs multimédia tels qu'Ubisoft ou Electronic Arts. Je le pense aussi. D'autant plus que la BD numérique a sans doute besoin de financements un peu différents de ceux pratiqués dans l'édition. Le modèle est peut-être à chercher du côté de la production (comme dans le jeu vidéo ou le cinéma) et pas de l'édition.

PS: mon pseudo prend une majuscule au "F", qui est l'initiale de mon nom de famille. Le "i" est effectivement arrivé là il y a une douzaine d'années de cela par analogie aux fichiers "gif" (animés ou non" ;).

Mercredi 28 octobre 2009

BD numérique : Bodoi est-il vendu à Aquafadas ?

Sur Facebook, l'ami Christopher Bihoreau (alia Random) relève un peu narquois que Bodoi entame une série de questionnaires sur le marché de la BD numérique avec les réponses d'Aquafadas. Aquafadas dont l'une des représentante (Allison Reber) est également collaboratrice de Bodoi. Bien que j'aie également relevé un intérêt un peu trop appuyé de Bodoi pour Ave! Comics, je ne pense pas que cela soit un si gros problème.

L'intérêt de tous les acteurs de ce marché balbutiant est avant tout que le marché se développe. Pour le moment le gâteau est tout juste assez gros pour servir de goûter à la récré. Ca ne va pas nourrir grand monde si chacun se tire dans les pattes pour le partager. Que Bodoi ait ou non des accointances envers l'un ou l'autre acteur, l'intérêt premier de tout le monde - et de Bodoi en premier - est qu'on parle de toute la BD numérique pour montrer qu'elle mérite qu'on s'y intéresse. Le public reste à conquérir, il y a besoin de tout le monde pour y parvenir.

En revanche, un organe un peu plus indépendant serait un plus pour valoriser les efforts de tous. C'est exactement l'objectif de l'association qui s'apprête à voir le jour dans la continuité du travail mené autour de Webcomics.fr et de l'annuaire des BD en ligne.

A titre personnel, je déplore simplement qu'on se concentre de plus en plus sur une "BD numérique" qui est conçue comme un dérivé de la BD originale. Entre la communication autour d'un tarif inférieur à celui d'un album et le choix affirmé qu'il s'agit d'un produit dérivé, on ne rend pas honneur à la BD. On cherche à gagner un nouveau lectorat en lui vendant une sous-BD... Pas très valorisant pour le lecteur non plus en définitive.

La francophonie est le seul territoire où la BD soit devenue avant tout un objet d'art et de collection, plutôt qu'un fascicule bon marché destiné à être vite lu et vite jeté. Cette "BD numérique" qui prétend compléter la BD papier sans entrer en concurrence est sans doute bien plus dangereuse pour elle car elle la déprécie. Des albums de collection deviennent de petites applications pas chères, qu'on ne craint pas de perdre lorsqu'on changera de téléphone. Je n'appelle pas ça un progrès.

Mieux vaudrait inventer de nouveaux modèles qui rendent enfin possible la production professionnelle d'oeuvres numériques à part entière. Loin de faire concurrence à la BD, cela lui ferait honneur. La BD est un medium né grâce au progrès de la reproductibilité du texte et de l'image... Il est naturel pour elle d'évoluer avec l'arrivée d'une technologie comme Internet. Internet est une opportunité de ressusciter une BD populaire, accessible à tous et partout. Voilà une concurrence qui ne ferait pas de tort à la BD papier, parce qu'elle la valoriserait dans sa matérialité, son prestige tout en démontrant que le medium sur lequel elle repose est vivant et capable de s'adapter à des technologies dont ses inventeurs n'auraient jamais imaginé qu'elles existeraient un jour.

Lundi 21 septembre 2009

La BD numérique vue par Geek magazine

COVER-03.jpgLorsque des médias spécialisés BD m'interrogent sur la bande dessinée numérique, je suis souvent assez atterré par le manque de pertinence des questions soulevées. On reste englué dans les idées préconçues sur le manque de confort de la lecture à l'écran ou encore l'eldorado de la "vraie" édition sur papier ma bonne dame. Lorsqu'un journaliste de ''Geek magazine'' s'y colle, c'est autre chose. Il faut croire qu'avant de s'y connaître en BD, il faut déjà s'y connaître en nouvelles technologies pour bien cerner les problématiques que pose la diffusion électronique de bandes dessinées.

Malheureusement, le papier consacré par Geek Magazine aux e-comics ce bimestre ne bénéficie que de deux pages. C'est heureusement assez pour que David Bianic dresse un portrait pertinent de la situation actuelle. Nous vivons une époque formidable, à la charnière entre l'amateurisme des dernières années, et le professionnalisme dans lequel sont entrés les anglosaxons et les asiatiques avant nous. David Bianic m'a sollicité pour apporter mon modeste éclairage. L'ensemble de ses questions et de mes réponses ne pouvaient être reproduites dans le magazine. Voici rien que pour vous l'interview intégrale de laquelle sont extraites les quelques citations de votre serviteur.

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Samedi 9 mai 2009

Le bonus-malus écologique n'est pas un cadeau pour nos poumons

Honda Jazz.Avec l'arrivée de Merlin et face aux longs trajets auxquels Julie est contrainte en tant qu'enseignante au bas de l'échelle, il nous a fallu nous résoudre à remplacer "Titine" (un Clio de 1993) par un véhicule plus sûr, plus spacieux et plus économe. A la recherche d'une sous-compacte, nous pensions profiter pleinement du bonus-malus écologique. Il a fallu nous rendre rapidement à l'évidence : cette mesure concerne de petits véhicules diesel. Or ces gabarits sont très rarement équipés d'un filtre à particules. Or, comme l'explique cet excellent article de NaturaVox :

un diesel émet des doses massives de PM10 et PM2,5 très nocives pour la santé.

Conséquence : depuis le début de l’année 2009, sur les 8 seuils d’information atteint en Ile-de-France, 7 sont dus aux PM10 et le seuil d’alerte a été atteint une fois, toujours à cause des PM10

En septembre prochain doivent entrer en vigueur de nouvelles normes qui obligeront dans une certaine mesure les constructeurs à réduire les émissions de particules de leurs véhicules. Mais ce n'est qu'en 2014 qu'une norme suffisamment sévère limitera les émissions des nano-particules les plus nocives. Le bonus-malus écologique et la prime à la casse (mise en place par le gouvernement sous prétexte de lutte anti-crise) arrivent donc au moment où les constructeurs doivent écouler leur stock de véhicules qui ne seront bientôt plus conformes. En particulier les constructeurs français, très attachés au diesel et qui ne proposent de filtres à particules que sur les modèles les plus sportifs (et donc les moins économes et les plus chers).

De notre côté, nous avons acheté japonais. C'est le volume de coffre (près de 400L dans le gabarit d'une Clio 3) de la Honda Jazz qui a emporté notre décision... Et tant pis si elle rate de peu les 700€ de prime écologique à cause de 9g de CO2 en trop. Elle au moins ne pourrira pas (autant) les poumons de notre bout-de-chou.

Mardi 30 décembre 2008

le buzz autour de l'iPhone nano cache-t-il un iPhone macro ?

Ces derniers jours, mon lecteur RSS ne désemplit pas de nouveaux messages en provenance de la blogosphère iPhone. Tous relaient cette rumeur persistante : l’annonce imminente de sortie de l’iPhone nano. Comme s’il pouvait y avoir un quelconque intérêt à disposer d’un appareil tactile de cette taille !

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas, en revanche, d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris). Exactement le genre d’objet autour duquel Techcrunch lançait le projet il y a quelques mois de cela.

Je peux me tromper, et je ne suis pas dans la confidence des gens du secteur. Mais j’ai du mal à croire un tel buzz autour de cet iPhone nano dont la taille irait à l’encontre du savant équilibre qui a permis de faire entrer l’accès à Internet dans un téléphone au prix d’une innovation ergonomique révolutionnaire. Ergonomie qui trouverait au contraire toute matière à s’exprimer dans un format moins contraint par la nécessité de téléphoner… Je fais donc le pari que cet iPhone nano cache en réalité un iPhone macro.

Gilles Ratier confond comics et webcomics

Une erreur s’est glissée dans le sacro-saint rapport Ratier de l’année 2008 : le site Webcomics.fr ne s’adresse pas aux “aficionados des super héros”. Cet hébergeur de plus de 200 auteurs de BD en ligne à ce jour (plus de 6000 planches publiées à ce jour) mérite sans doute d’être cité dans ce rapport, mais au chapitre consacré à la bande dessinée numérique dont il est un des fers de lance en francophonie.

Le terme “webcomics” n’a pas grand chose à voir avec l’acception courante du mot “comics”. C’est même un contre-sens que de rapprocher les webcomics des BD de super héros, dans la mesure où historiquement les webcomics se sont justement développés comme une soupape économique et artistique face à la crise traversée par la BD mainstream américaine.

Mardi 27 mai 2008

Dédicace de Fred Boot

Fred Boot m'a fait une gentille dédicace en forme de caricature acide. On peut dire qu'il ne m'a pas raté, lui ! Ceux qui suivent ce blog savent combien Nicolas Sarkozy m'est antipathique... Et ceux qui suivent le blog de Webcomics.fr savent aussi combien j'encourage les auteurs de BD en ligne à produire des planches régulièrement pour que leurs lecteurs se passionnent pour leurs BD. Il faut croire que la conjonction des deux a inspiré Fred.

Produisez plus pour gagner plus (de lecteurs).

Ne manquez pas le webcomic de Fred Boot, ''Shaobaibai''. Il a opéré un changement de concept tout récemment : il propose régulièrement une nouvelle énigme (en couleurs) que les lecteurs peuvent essayer de résoudre en intervenant dans les commentaires. Le début des aventures de Shaobaibai avait été créé en collaboration avec les lecteurs : chacun leur tour proposait la description d'une nouvelle vignette. Ce système d'écriture interactive a rapidement atteint ses limites, voilà pourquoi Fred essaie aujourd'hui un concept plus prometteur.

Lundi 31 mars 2008

Dijiko, Webamag, Webcomics.fr... L'hébergement de BD en ligne en plein boom

Après Webcomics.fr et Webamag, un nouveau site se propose d'héberger des bandes dessinées en ligne : Dijiko. Le moins qu'on puisse dire, c'est que depuis l'an dernier la bande dessinée en ligne semble enfin s'éveiller sur le web francophone. Voilà qui fait plaisir lorsque, comme moi, on s'intéresse à la question depuis 8 ans (Abdel-INN.com existe depuis avril 2000[1]) !

Notes

[1] En réalité Abdel-INN.com existe depuis 2002, mais il a succédé à l'annuaire "BD en ligne" ouvert deux ans plus tôt.

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