Marre de la TV

Expert en BD en ligne, webcomics et contenus narratifs ; formé aux arts plastiques et aux contenus web ; webmaster à temps plein, webdesigner à temps perdu ; passionné de jeux de société et de films en tous genres ; j'ai mieux à faire que de regarder la télévision, et vous ?

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Vendredi 13 novembre 2009

La BD numérique payante : à vendre ou à louer ?

Je déplorais hier les conditions de vente de la version numérique de Lanfeust Odyssey. Je suggérais également la semaine dernière que la bande dessinée avait tout intérêt à se répandre gratuitement sur le support numérique puisque sa bonne santé économique est assurée par un produit physique (l'album) que l'on offre ou collectionne comme un véritable objet d'art, à la fois prestigieux et accessible. Pour autant, si un commerce des bandes dessinées numériques doit être fait je crois que seul l'abonnement (ou la location) se révéle pertinent. On ne peut pas vendre un objet immatériel reproductible à l'infini. On ne peut pas vendre l'accès à un objet s'il risque de disparaitre au gré des évolutions économiques ou technologiques.

Julien Portalier (développeur de Webcomics.fr) ne dit pas autre chose lorsqu'il appelle de ses voeux un Spotify de la bande dessinée en réponse - sur Facebook - à mon billet d'hier. Spotify, est le successeur annoncé de Deezer : une application pour écouter de la musique parmi un immense catalogue, avec un mode d'accès gratuit financé par la pub et des accès sur abonnement (24h ou mensuel) sans pub et enrichis de fonctionnalités avancées. Ce que la musique a fini par réaliser après des années d'efforts aveugles pour contrer la diffusion numérique, la bande dessinée pourrait sans doute le mettre en oeuvre dès maintenant en tirant partie de sa bonne santé.

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Jeudi 12 novembre 2009

L'Odyssey de Lanfeust de Troy englué dans la toile

Sur Direct8 l'an dernier, le créateur des éditons Soleil - Mourad Boudjellal - expliquait quelle concurrence représentaient le DVD et les séries américaines pour la bande dessinée. Depuis Soleil table sur l'exploitation du support numérique pour conserver les faveurs des jeunes lecteurs. Dernière tentative en date : Lanfeust Odyssey... Navrant.

Non content de perpétuer l'utilisation de la BD en ligne comme un vulgaire outil marketing, Soleil en fait un produit bas de gamme destiné aux lecteurs qui n'ont pas les moyens d'être regardants sur leur vie privée et la pérennité d'un accès prétendu "illimité". Le tout en se servant des auteurs comme alibi puisqu'ils ont "piloté eux-mêmes" cette "vision de leur album".

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Jeudi 5 novembre 2009

Le blog de Franquin interdit à l'exploitation papier après 2 ans d'édition sur le web

Marsu Production a demandé le retrait des rayons de l'album qui réunissait deux ans de parution du blog de Franquin sur le web. Révélée hier par Wartmag suivi de Bodoi ou encore le comptoir à BD, l'affaire a fait le tour de la blogosphère. Eric Turalo, auteur de cette oeuvre-hommage au Maître, appelle aujourd'hui à l'appaisement dans les colonnes du blog du Festiblog. Pour autant, il n'est pas interdit de s'interroger sur le constat suivant :

Une bande dessinée en ligne éditée professionnellement sur le web durant près de deux ans sans être jamais inquiétée est aujourd'hui interdite à l'exploitation papier. Foolstrip se présente comme "la première maison d'édition de bande dessinée en ligne", mais n'a jamais reçu aucune injonction de Marsu Production avant que la bande dessinée en question ne soit publiée sur papier en partenariat avec Glénat. Faut-il y voir le poids des a priori ? Le papier serait-il si supérieur au web qu'il faille interdire l'édition physique d'une oeuvre lorsque son édition numérique s'est poursuivie ouvertement depuis près de deux ans ?

Mercredi 4 novembre 2009

La bande dessinée doit-elle craindre le piratage ?

La discussion qui a suivi mon billet sur les modèles économiques de la BD numérique se poursuit très activement sur Facebook où il est surtout question du marché des jeux vidéos. Klaim nous rappelle que le jeu vidéo a sans doute énormément à enseigner sur la gestion du piratage. Je pense que ces enseignements pourraient grandement bénéficier à la bande dessinée.

Il a raison : on n'a pas vu dans le jeu vidéo de chasse aux sorcières ni de messages de mise en garde risibles comme on a voit dans la musique ou le cinéma... Il faut croire que le piratage est complètement intégré dans les business models de ce produit culturel. Klaim ajoute que les meilleures protections contre le piratage sont psychologiques. Je souscris là encore à son point de vue : mieux vaut autoriser le public à découvrir l'oeuvre ou le produit gratuitement et le responsabiliser du même coup sur la nécessité de rétribuer ceux qui en sont à l'origine. On obtient ainsi de bien meilleurs résultats qu'avec des protections logicielles coûteuses, dont le contournement devient un défi pour les pirates en herbe.

Appliqué à la BD, ce raisonnement est riche d'enseignements. La bande dessinée francophone a la chance inespérée de s'est construite autour d'un produit prestigieux : l'album cartonné couleurs. C'est ainsi qu'on achète une BD non seulement pour la lire, mais aussi pour l'ajouter à sa collection (on ne parle même pas de bibliothèque chez les bédéphiles, c'est dire !). Et si on ne l'achète pas pour soi, on l'achète pour l'offrir. Contrairement à nos voisins, nous ne considérons plus la BD comme un objet de consommation jetable. Voilà une chance mal comprise par ceux qui s'efforcent de vendre les droits numériques de lire des BD.

Les adaptations pour mobile ont une cible affichée : l'usager des transports en commun. Ce modèle se calque sur celui des pays asiatiques où la bande dessinée numérique sur mobile se substitue très avantageusement aux épais fascicules imprimés sur du mauvais papier et voués à être jetés une fois dévorés à toute vitesse. Le problème est que nous ne sommes pas du tout dans cette culture d'une BD jetable, même les jeunes lecteurs de manga en font la collection. Ne serait-on pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis en cherchant à vendre la BD sous une forme dépréciée ?

Les initiatives de prépublication gratuite et d'extraits à découvrir sont autrement plus pertinentes... Le public plus encore que les acteurs du marché est très attaché à la forme traditionnelle de la bande dessinée. S'il découvre en ligne des récits qui le touchent, il les achètera volontiers pour sa propre collection ou pour les faire découvrir à l'occasion d'un anniversaire ou d'une fête. Poussons le raisonnement un peu plus loin : la bande dessinée a encore bien moins à craindre le piratage que le jeu vidéo, le cinéma ou la musique car sa forme commerciale physique est reconnue comme une occurrence légitime de l'oeuvre. Pour parler clairement, l'album de BD est l'oeuvre finale, celle que l'on collectionne, là où le CD ou le DVD sont perçus comme de vulgaires reproductions n'ayant pas beaucoup plus de valeur qu'un fichier numérique. Dans ce contexte, si de nombreuses études montrent que les pirates de musique ou de cinéma tendent à consommer plus de produits culturels (CD, DVD, concerts, cinéma, etc), on peut s'attendre à ce que cet effet soit encore plus affirmé pour la bande dessinée.

Je suis poussé à croire qu'en généralisant une publication numérique libre et gratuite des oeuvres vendues en librairie on causerait moins de tort que de bénéfice à l'ensemble du marché. Je n'ai jamais lu autant de BD que lorsque je fréquentais la médiathèque municipale, et je n'en ai jamais autant acheté et offert qu'à cette époque où j'en découvrais abondamment. Une telle démarche conduirait d'ailleurs naturellement les auteurs à prendre en compte le web dans leur manière de créer, comme ils prenaient en compte les magazines BD d'antan. Nous assisterions spontanément au développement d'une création numérique originale, qui prendrait en compte l'aboutissement d'une édition papier. Progressivement les auteurs exploreraient les passages d'un support à l'autre, tirant le meilleur de chacun au lieu de les mettre dos à dos comme aujourd'hui.

Samedi 31 octobre 2009

BD numérique : deux préconisations aux éditeurs et acteurs du marché

En réponse à mon précédent billet sur les modèles économiques de la BD numérique, Fred Boot me fait observer à juste titre :

Les éditeurs de jeux video ne chercheront pas plus à niveler la création vers le haut. La logique de production est celle du plus petit dénominateur commun, bien plus que chez les éditeurs de BD.

Ou alors, il faut une vraie structure "cohérente" comme Ankama, où des créatifs passent parfois d'un domaine à l'autre.

Malheureusement disposer des moyens et des compétences ne préjuge pas de la capacité à encourager la création artistique. Ce qui nous ramène à l'essor du jeu vidéo indépendant que je citais un peu plus tôt. L'innovation en jeu vidéo vient aujourd'hui très fortement de petites structures qui bénéficient enfin d'un accès direct au consommateur par le biais des stores de téléchargement.

Transposons cela à la BD numérique et on abouti à deux préconisations pour les institutions en place.

1- Si l'on veut impulser efficacement l'émergence d'une création francophone, il faut débloquer des fonds dédiés à la production. Afin de donner les moyens aux auteurs de se lancer dans l'aventure. Le jeu vidéo indépendant se fait aujourd'hui très peu au fond d'un garage.

2- Quelle que soit l'évolution du financement de la création, il serait bon que les réseaux de diffusion qui tentent de se constituer aujourd'hui autour de l'adaptation d'oeuvres mainstream (les catalogues des éditeurs) s'ouvrent aux indépendants. En leur confiant éventuellement les outils de production (ex: de quoi zaver ses BD pour Ave!comics). Le seul risque pour eux ? Voir leurs stores s'enrichir de productions originales qui feront peut-être bien plus avancer les choses, y compris dans les méthodes d'adaptation des oeuvres existantes.

La vente des albums ne sera pas remplacée par la vente de fichiers numériques parce que notre bande dessinée n'a pas du tout les mêmes contours que le manga (on ne la lit pas dans les transports et on ne la jette pas après l'avoir lue). Face à une offre numérique redondante à l'offre papier, le public préfèrera nécessairement une production originale. Si l'establishment ne prend pas les initiatives qui s'imposent, tous nos espoirs reposeront sur les rares auteurs qui acceptent de faire ce que leurs pairs anglosaxons ont fait en s'affranchissant des institutions.

Concernant mes deux préconisations :

1- Je doute très fortement que des structures de production n'émergent de la part d'aucun des acteurs actuels. Il faudra peut-être qu'une structure à vocation non lucrative comme notre association se donne cette mission, en allant chercher l'argent ailleurs : auprès du lectorat et de sponsors privés ou publics.

2- Aucun format actuel de diffusion numérique marchande ne parviendra à s'imposer comme standard. Aucun de ces formats n'est suffisamment ouvert pour autoriser la pleine exploitation du support numérique par les auteurs. La page web est le seul standard du monde numérique : son accès est libre, aisé et de plus en plus répandu jusque sur les terminaux mobiles. Nos activités numériques sont de plus en plus basées sur le web : nous lisons nos mails sans client de messagerie afin de pouvoir y accéder de n'importe quel poste, nous composons des documents bureautique en ligne pour les partager plus facilement (il existe même des solutions d'infographie accessibles avec un simple navigateur), nous stockons nos photos et nos données sur le réseau pour les mêmes raisons. Le web remplace progressivement le système d'exploitation. Entre une BD en ligne et une BD accessible depuis un lecteur dédié, le choix du public ne fait pas un pli. Comment se placer sur ce marché d'avenir bien plus prometteur que l'adaptation d'oeuvres existantes ? Cf la première préconisation !

Vendredi 30 octobre 2009

BD numérique : l'argent, mais pour quels modèles économiques ?

Dans la foulée des échanges nourris de ces derniers jours, Sébastien Naeco signe un article fort intéressant autour des problématiques liées au financement et à la rentabilité de la BD numérique. Très intéressant car Sébastien décrit en creux les modèles économiques en présence. Force est de constater que ceux-ci sont loin d'être assez ambitieux, assez inventifs ni assez tournés vers le soutien à la création artistique.

Le métier d'éditeur devient celui d'un gestionnaire de catalogue. Il ne s'agit plus faire découvrir des artistes en leur donnant les moyen d'être publiés. Il faut croire que la BD francophone se porte si bien depuis plusieurs années qu'elle craint de se remettre en question. Quel dommage qu'une position aussi favorable provoque une telle crispation sur ses acquis et un manque de goût pour la prise de risque. Dans bien des secteurs on consacre de l'argent à la recherche et développement, pas en BD. En tous cas pas pour contribuer aux recherches artistiques. On juge aujourd'hui plus prudent de s'en remettre à des développeurs et des revendeurs de solution pour imaginer les nouveaux formats et de tester ces derniers avec le catalogue existant.

Sébastien rappelle qu'il n'existe pas de tête d'affiche en BD numérique dont le nom ferait vendre les oeuvres... Alors pourquoi ne pas innover en mettre en place des modèles ne nécessitant pas de tête d'affiche ? On l'a vu avec la musique et l'essors du jeu vidéo indépendant : le succès et la rentabilité peuvent tout à fait naitre de méthodes radicalement différentes de celles des "têtes de gondole". Les blogs BD ont prouvé qu'un oeuvre diffusée gratuitement et librement par de parfaits inconnus pouvait se forger une telle notoriété et un public si attaché à elle qu'il devient possible de produire de la valeur. Les webcomics US ont eux aussi largement exploré ce modèle. Mais là bas le marché traditionnel ne faisait plus rêver comme ici, il faut croire que c'est dans la nécessité que les artiste savent donner le meilleur d'eux-même.

Peut-être est-ce là notre principal problème : les auteurs francophones font trop confiance aux institutions en place pour décider des formats et des finances. Je lisais hier les premiers chapitres de "How to make webcomics" écrit par Brad Guigar (Evil Inc.), Dave Kellett (Sheldon), Scott Kurtz (PvP) et Kris Straub (Starslip Crisis). Tout commence par une mise au point très simple : l'auteur de BD en ligne doit d'abord compter sur lui-même. Il part pour plusieurs années de pur bénévolat durant lesquelles sa priorité doit être de raconter ce qu'il a décidé de raconter, avec son talent et sa passion pour seuls carburants. Une fois qu'il aura su conquérir son public, il pourra rentabiliser son travail et peut-être même en vivre. On ne devient pas milliardaire ainsi, mais vivre de son art est déjà énorme. Ce sont des artistes qui l'écrivent, et des artistes qui sont passés par là.

La littérature anglosaxonne sur le sujet est très instructive, mais la plupart des acteurs francophone semblent l'ignorer avec autant de désinvolture qu'ils ignorent les rebondissements vécus par la BD en ligne chez nous au cours de ces dernières années. Sébastien a totalement raison d'en appeler à l'embauche de cadres compétents en la matière pour éclairer les décisions qui s'imposent. Mais en prenons-nous vraiment le chemin ?

Pour terminer, Sébastien relève que les compétences et les moyens financiers ne sont peut être pas à chercher du côté des éditeurs de BD mais des éditeurs multimédia tels qu'Ubisoft ou Electronic Arts. Je le pense aussi. D'autant plus que la BD numérique a sans doute besoin de financements un peu différents de ceux pratiqués dans l'édition. Le modèle est peut-être à chercher du côté de la production (comme dans le jeu vidéo ou le cinéma) et pas de l'édition.

PS: mon pseudo prend une majuscule au "F", qui est l'initiale de mon nom de famille. Le "i" est effectivement arrivé là il y a une douzaine d'années de cela par analogie aux fichiers "gif" (animés ou non" ;).

Mercredi 28 octobre 2009

BD numérique : Bodoi est-il vendu à Aquafadas ?

Sur Facebook, l'ami Christopher Bihoreau (alia Random) relève un peu narquois que Bodoi entame une série de questionnaires sur le marché de la BD numérique avec les réponses d'Aquafadas. Aquafadas dont l'une des représentante (Allison Reber) est également collaboratrice de Bodoi. Bien que j'aie également relevé un intérêt un peu trop appuyé de Bodoi pour Ave! Comics, je ne pense pas que cela soit un si gros problème.

L'intérêt de tous les acteurs de ce marché balbutiant est avant tout que le marché se développe. Pour le moment le gâteau est tout juste assez gros pour servir de goûter à la récré. Ca ne va pas nourrir grand monde si chacun se tire dans les pattes pour le partager. Que Bodoi ait ou non des accointances envers l'un ou l'autre acteur, l'intérêt premier de tout le monde - et de Bodoi en premier - est qu'on parle de toute la BD numérique pour montrer qu'elle mérite qu'on s'y intéresse. Le public reste à conquérir, il y a besoin de tout le monde pour y parvenir.

En revanche, un organe un peu plus indépendant serait un plus pour valoriser les efforts de tous. C'est exactement l'objectif de l'association qui s'apprête à voir le jour dans la continuité du travail mené autour de Webcomics.fr et de l'annuaire des BD en ligne.

A titre personnel, je déplore simplement qu'on se concentre de plus en plus sur une "BD numérique" qui est conçue comme un dérivé de la BD originale. Entre la communication autour d'un tarif inférieur à celui d'un album et le choix affirmé qu'il s'agit d'un produit dérivé, on ne rend pas honneur à la BD. On cherche à gagner un nouveau lectorat en lui vendant une sous-BD... Pas très valorisant pour le lecteur non plus en définitive.

La francophonie est le seul territoire où la BD soit devenue avant tout un objet d'art et de collection, plutôt qu'un fascicule bon marché destiné à être vite lu et vite jeté. Cette "BD numérique" qui prétend compléter la BD papier sans entrer en concurrence est sans doute bien plus dangereuse pour elle car elle la déprécie. Des albums de collection deviennent de petites applications pas chères, qu'on ne craint pas de perdre lorsqu'on changera de téléphone. Je n'appelle pas ça un progrès.

Mieux vaudrait inventer de nouveaux modèles qui rendent enfin possible la production professionnelle d'oeuvres numériques à part entière. Loin de faire concurrence à la BD, cela lui ferait honneur. La BD est un medium né grâce au progrès de la reproductibilité du texte et de l'image... Il est naturel pour elle d'évoluer avec l'arrivée d'une technologie comme Internet. Internet est une opportunité de ressusciter une BD populaire, accessible à tous et partout. Voilà une concurrence qui ne ferait pas de tort à la BD papier, parce qu'elle la valoriserait dans sa matérialité, son prestige tout en démontrant que le medium sur lequel elle repose est vivant et capable de s'adapter à des technologies dont ses inventeurs n'auraient jamais imaginé qu'elles existeraient un jour.

Lundi 21 septembre 2009

La BD numérique vue par Geek magazine

COVER-03.jpgLorsque des médias spécialisés BD m'interrogent sur la bande dessinée numérique, je suis souvent assez atterré par le manque de pertinence des questions soulevées. On reste englué dans les idées préconçues sur le manque de confort de la lecture à l'écran ou encore l'eldorado de la "vraie" édition sur papier ma bonne dame. Lorsqu'un journaliste de ''Geek magazine'' s'y colle, c'est autre chose. Il faut croire qu'avant de s'y connaître en BD, il faut déjà s'y connaître en nouvelles technologies pour bien cerner les problématiques que pose la diffusion électronique de bandes dessinées.

Malheureusement, le papier consacré par Geek Magazine aux e-comics ce bimestre ne bénéficie que de deux pages. C'est heureusement assez pour que David Bianic dresse un portrait pertinent de la situation actuelle. Nous vivons une époque formidable, à la charnière entre l'amateurisme des dernières années, et le professionnalisme dans lequel sont entrés les anglosaxons et les asiatiques avant nous. David Bianic m'a sollicité pour apporter mon modeste éclairage. L'ensemble de ses questions et de mes réponses ne pouvaient être reproduites dans le magazine. Voici rien que pour vous l'interview intégrale de laquelle sont extraites les quelques citations de votre serviteur.

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Samedi 9 mai 2009

Le bonus-malus écologique n'est pas un cadeau pour nos poumons

Honda Jazz.Avec l'arrivée de Merlin et face aux longs trajets auxquels Julie est contrainte en tant qu'enseignante au bas de l'échelle, il nous a fallu nous résoudre à remplacer "Titine" (un Clio de 1993) par un véhicule plus sûr, plus spacieux et plus économe. A la recherche d'une sous-compacte, nous pensions profiter pleinement du bonus-malus écologique. Il a fallu nous rendre rapidement à l'évidence : cette mesure concerne de petits véhicules diesel. Or ces gabarits sont très rarement équipés d'un filtre à particules. Or, comme l'explique cet excellent article de NaturaVox :

un diesel émet des doses massives de PM10 et PM2,5 très nocives pour la santé.

Conséquence : depuis le début de l’année 2009, sur les 8 seuils d’information atteint en Ile-de-France, 7 sont dus aux PM10 et le seuil d’alerte a été atteint une fois, toujours à cause des PM10

En septembre prochain doivent entrer en vigueur de nouvelles normes qui obligeront dans une certaine mesure les constructeurs à réduire les émissions de particules de leurs véhicules. Mais ce n'est qu'en 2014 qu'une norme suffisamment sévère limitera les émissions des nano-particules les plus nocives. Le bonus-malus écologique et la prime à la casse (mise en place par le gouvernement sous prétexte de lutte anti-crise) arrivent donc au moment où les constructeurs doivent écouler leur stock de véhicules qui ne seront bientôt plus conformes. En particulier les constructeurs français, très attachés au diesel et qui ne proposent de filtres à particules que sur les modèles les plus sportifs (et donc les moins économes et les plus chers).

De notre côté, nous avons acheté japonais. C'est le volume de coffre (près de 400L dans le gabarit d'une Clio 3) de la Honda Jazz qui a emporté notre décision... Et tant pis si elle rate de peu les 700€ de prime écologique à cause de 9g de CO2 en trop. Elle au moins ne pourrira pas (autant) les poumons de notre bout-de-chou.

Mardi 30 décembre 2008

le buzz autour de l'iPhone nano cache-t-il un iPhone macro ?

Ces derniers jours, mon lecteur RSS ne désemplit pas de nouveaux messages en provenance de la blogosphère iPhone. Tous relaient cette rumeur persistante : l’annonce imminente de sortie de l’iPhone nano. Comme s’il pouvait y avoir un quelconque intérêt à disposer d’un appareil tactile de cette taille !

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas, en revanche, d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris). Exactement le genre d’objet autour duquel Techcrunch lançait le projet il y a quelques mois de cela.

Je peux me tromper, et je ne suis pas dans la confidence des gens du secteur. Mais j’ai du mal à croire un tel buzz autour de cet iPhone nano dont la taille irait à l’encontre du savant équilibre qui a permis de faire entrer l’accès à Internet dans un téléphone au prix d’une innovation ergonomique révolutionnaire. Ergonomie qui trouverait au contraire toute matière à s’exprimer dans un format moins contraint par la nécessité de téléphoner… Je fais donc le pari que cet iPhone nano cache en réalité un iPhone macro.

Gilles Ratier confond comics et webcomics

Une erreur s’est glissée dans le sacro-saint rapport Ratier de l’année 2008 : le site Webcomics.fr ne s’adresse pas aux “aficionados des super héros”. Cet hébergeur de plus de 200 auteurs de BD en ligne à ce jour (plus de 6000 planches publiées à ce jour) mérite sans doute d’être cité dans ce rapport, mais au chapitre consacré à la bande dessinée numérique dont il est un des fers de lance en francophonie.

Le terme “webcomics” n’a pas grand chose à voir avec l’acception courante du mot “comics”. C’est même un contre-sens que de rapprocher les webcomics des BD de super héros, dans la mesure où historiquement les webcomics se sont justement développés comme une soupape économique et artistique face à la crise traversée par la BD mainstream américaine.

Mardi 27 mai 2008

Dédicace de Fred Boot

Fred Boot m'a fait une gentille dédicace en forme de caricature acide. On peut dire qu'il ne m'a pas raté, lui ! Ceux qui suivent ce blog savent combien Nicolas Sarkozy m'est antipathique... Et ceux qui suivent le blog de Webcomics.fr savent aussi combien j'encourage les auteurs de BD en ligne à produire des planches régulièrement pour que leurs lecteurs se passionnent pour leurs BD. Il faut croire que la conjonction des deux a inspiré Fred.

Produisez plus pour gagner plus (de lecteurs).

Ne manquez pas le webcomic de Fred Boot, ''Shaobaibai''. Il a opéré un changement de concept tout récemment : il propose régulièrement une nouvelle énigme (en couleurs) que les lecteurs peuvent essayer de résoudre en intervenant dans les commentaires. Le début des aventures de Shaobaibai avait été créé en collaboration avec les lecteurs : chacun leur tour proposait la description d'une nouvelle vignette. Ce système d'écriture interactive a rapidement atteint ses limites, voilà pourquoi Fred essaie aujourd'hui un concept plus prometteur.

Lundi 31 mars 2008

Dijiko, Webamag, Webcomics.fr... L'hébergement de BD en ligne en plein boom

Après Webcomics.fr et Webamag, un nouveau site se propose d'héberger des bandes dessinées en ligne : Dijiko. Le moins qu'on puisse dire, c'est que depuis l'an dernier la bande dessinée en ligne semble enfin s'éveiller sur le web francophone. Voilà qui fait plaisir lorsque, comme moi, on s'intéresse à la question depuis 8 ans (Abdel-INN.com existe depuis avril 2000[1]) !

Notes

[1] En réalité Abdel-INN.com existe depuis 2002, mais il a succédé à l'annuaire "BD en ligne" ouvert deux ans plus tôt.

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Vendredi 22 février 2008

Partenariat pour l'auto-édition de BD sur le web et sur papier

Comme je l'avais annoncé, Webcomics.fr et TheBookEdition ont signé un partenariat : les auteurs de BD pourront d'autant plus facilement s'auto-éditer à la fois sur Internet et sur papier.

J'ai consacré une bonne partie de ma courte semaine de congés à boucler les démarches de montage du dossier que nous présenterons fin mars devant un jury départemental. Notre objectif : acquérir une crédibilité "institutionnelle" et financer l'hébergement de Webcomics.fr pour l'année à venir. Il va de soi que cela s'appuiera sur d'autres partenariats tel que celui que nous venons de signer, et sur une participation accrue à des festivals et des rencontres autour de la bande dessinée.

Mardi 8 janvier 2008

Internet intéresse Sarkozy... Pour financer la Sarko-TV

Au cours d'une conférence de presse consternante(*), notre président a parlé d'Internet... Ou plutôt de télévision. Sous couvert de neutralité du service public, il s'apprête à faire un cadeau en or aux chaines privées, tout en allant chercher dans les secteurs innovants les moyens de cette réforme. Et tout ça pour achever de mettre à sa botte la télévision publique.

« Réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques » de télévision. « Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revu, profondément, et que l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaines publiques qui pourraient être financées par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile ».

Cela semble noble de vouloir affranchir la télévision publique des contraintes de rentabilité. Mais...

Les marchés ne s'y sont pas trompés, puisque les titres en bourse de TF1 et de M6 ont immédiatement grimpé de 6 à 11% (source : AFP). Comprenez par là que les investisseurs ont immédiatement saisi que la part du gâteau publicitaire abandonné par les chaines publiques allait bénéficier aux chaines privées... Et que ce ne serait pas la "taxation accrues des recettes publicitaires des chaines privées" qui mettrait leurs profits en péril. Bref, voilà un beau cadeau du président à son ami Bouygues.

Et puis il y a cette "taxe infinitésimale"... Aussi "infinitésimale" soit-elle, elle consiste tout de même à financer un média passé d'âge sur le dos de médias émergeants. Pour la téléphonie mobile je ne dis pas... Mais Internet ! On dira ce qu'on voudra, Internet reste le terrain du contenu gratuit et désintéressé. Malgré ça, Internet devrait servir de vache à lait à l'audiovisuel public. Certes cela sera sans doute prélevé auprès des fournisseurs d'accès... Mais cela sera reporté sur les abonnés. Et je n'admets pas que nos abonnements Internet servent à payer la télévision, alors qu'ils n'ont jamais servi à rétribuer les milliers de gens qui font qu'Internet est truffé d'oeuvres et de contenus désintéressés, libres et originaux.

Enfin, ce nouveau cahier des charges que le président appelle de ses voeux ne sera-t-il pas un moyen de transformer le service public en "Sarko-TV" comme il l'a fait pour le site Internet de l'Elysée ?

(*) Ce n'est pas moi qui le dit, mais Renaud Pila de TF1, comme quoi, même les journalistes de la chaine la plus pro-Sarkozy du PAF semblent se lasser :

« Le premier "bulletin" de l'AFP n'est tombé à qu'à 11h44. Dans le jargon journalistique, cela indique une information de la plus haute importance. La dépêche annonce la fin des 35 heures pour 2008. Interrogé sur cette question par un journaliste, Nicolas Sarkozy venait tout simplement de répondre : "pour dire les choses comme je les pense, oui." Il aura en effet fallu attendre près de deux heures pour qu'une info en matière de politique économique et sociale tombe, par un simple "oui", sans emphase ni moult explications. »

Mercredi 12 décembre 2007

Le législateur a décidé de taxer les fournisseurs de contenus audiovisuels

Webcomic.fr - comme bien d'autres sites - base une partie de son modèle de rentabilité futur sur la diffusion de contenus gratuits associé à des affichages publicitaires. Or il faut s'attendre à ce que l'État vienne nous réclamer une taxe sur les revenus tirés de l'affichage de publicités autour des vidéos de nos painchats.

C'est l'association des services Internet communautaires qui a révélé l'affaire. Selon ses termes :

l'amendement au projet de loi de finances rectificatives pour 2007 voté le 6 décembre dernier par l'Assemblée Nationale et institue une taxe sur les recettes publicitaires de tout site internet diffusant des « œuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels ». (...)

Je suis allé rechercher pour vous l'amendement en question, ce qu'aucun canal d'information que j'ai pu consulter n'avait pris la peine de faire. Il s'agit de l'amendement 91, présenté par Mme des Esgaulx (UMP) et M. Chartier (UMP), daté du 4 décembre. Cet amendement a été adopté.

Grâce à lui, l'État percevra une taxe de 2% sur les revenus publicitaire perçus par "toute personne établie en France qui met à disposition du public un service offrant l'accès à titre onéreux ou gratuit à des œuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels sur demande individuelle formulée par un procédé de communication électronique.". Cette taxe fonctionnera comme la TVA, un peu à l'image de ce qui existe vis-à-vis de la télévision pour financer le cinéma.

Autrement dit la priorité des députés UMP (majoritaires à l'Assemblée Nationale) est de faire vivre le cinéma aux crochets de la création économique ou artistique en ligne, aussi fragile soit-elle. Non content d'hypothéquer la réussite des quelques sociétés françaises qui ont su rivaliser avec des mastodontes tels que Youtube, nos élus semblent ignorer totalement l'impact que cela aura sur les nouvelles formes de création artistique qui balbutient encore sur Internet. La guerre des génération semble trouver là un nouvel exemple inattendu. Plutôt que de soutenir des activités nouvelles et prometteuses, on va une fois encore favoriser des ancêtres qui ont pourtant toute la maturité nécessaire (y compris financière) pour aborder la révolution numérique. Si les industries musicale ou cinématographique ne sont pas capables d'évoluer avec leur temps, qu'on laisse au moins les industries de demain prendre leur envol. Ras le bol de ces combats d'arrière-garde !

Dimanche 11 novembre 2007

Webcomics.fr recherche des partenaires économiques

En 10 mois Webcomics.fr a bien grandi1. Nous comptons présenter courant 2008 un dossier Défi Jeunes, dont vous pourriez être les premiers partenaires !

Pierre et Cathy de Kelblog sont arrivés à point nommé : nous avons répondu présent à leur concours qui consiste à présenter un projet Internet en vidéo, sur 2 minutes maximum. Le billet vient de paraitre sur Kelblog. C'est un excellent exercice, et une occasion de faire découvrir Webcomics.fr aux lecteurs de Kelblog, dont certains pourront peut-être nous aider d'une manière ou d'une autre.

Maintenant que cette vidéo existe, autant la faire partager. N'hésitez pas à nous contacter si elle vous donne des idées sur des opportunités de partenariat. Vous pouvez aussi diffuser la vidéo autour de vous : votre famille, vos amis ou vos collègues connaissent peut-être eux-même des gens qui seraient partant pour soutenir la professionnalisation de la création francophone de bande dessinée sur Internet. Pensez-y…

Mardi 23 octobre 2007

Amiando : billetterie en ligne facile

disclaimer Avec amiando: invitez en toute simplicité, tel est le pitch de la nouvelle annonce que me confie ebuzzing. Derrière un site plutôt pêchu, porté par une esthétique "web 2.0", se cache un nouveau service en ligne. "Encore un", diront les esprits chagrins... Pour ma part je ne connaissais pas encore ce type de service : il s'agit d'un site qui permet à n'importe qui (particulier, professionnel, association...) de créer et de gérer facilement une billeterie en ligne pour un évènement physique. Amiando se réserve seulement 5% à 7,5% de commission sur les billets (suivant que l'on souhaite autoriser ou non le paiement par carte bancaire), et n'exige aucun frais de mise en oeuvre. Les billets peuvent même être imprimés et envoyés par la poste (2,90€ en sus pour l'acheteur).

Nous n'en aurons pas un usage immédiat pour Webcomics.fr, puisque nous ne sommes pas encore en mesure d'organiser des évènements qui nécessiteraient une billetterie. D'ailleurs nous sommes plutôt adeptes de la gratuité. Mais le service est réellement bien présenté, le site s'avère très pédagogique... Cela devrait être bienvenu pour toutes les associations qui n'avaient jusque là aucun moyen simple de vendre des billets en ligne et de planifier un évènement avec les outils numériques d'aujourd'hui. Les groupes de musique qui tablent sur la diffusion libre et gratuite de leur musique par Internet afin d'attirer les gens dans leurs concerts devraient en tirer également un bénéfice immédiat !

Bref, sans avoir testé, je suis plutôt heureux de voir que des petits frenchies peuvent encore créer des choses sur Internet sans s'expatrier à l'étranger ou copier des recettes éculées.

 

Lundi 15 octobre 2007

Vive le coton biologique !

t-shirt Webcomics.frNous ne nous en sommes pas vantés, pourtant à Webcomics.fr nous nous efforçons - à notre niveau - de prendre en compte l'environnement et l'écologie dans les choix que nous faisons.

C'est ainsi que, lorsqu'il a fallu faire imprimer des t-shirts aux couleurs du site pour nous rendre sur des festivals, nous nous sommes tournés vers des produits en coton biologique. Le coût est certes plus élevé (près de 25€ le t-shirt !), mais il nous a paru important de prendre d'emblée cette orientation. Nous croyons en effet qu'on ne peut plus attendre que les pouvoirs publics ou que le marché fassent ce qu'il faut pour encourager les produits verts. Si nous voulons que ces produits deviennent plus abordables que ceux qui polluent, nous sommes tous responsables de les acheter dès aujourd'hui au prix fort au détriment des autres.

Ce qui est vrai pour un petit projet devrait l'être aussi pour de grosses enseignes et pour nos institutions. Il est grand temps que les organismes publics imposent des normes environnementales lorsqu'ils établissent des marchés, même si cela n'est pas simple et s'avère coûteux (j'en sais quelquechose, puisque je travaille pour une université) ! Mais les enseignes privées pourraient également montrer l'exemple : combien d'entre elles consomment encore des sacs plastiques publicitaires ; font fabriquer des vêtements et des gadgets à moindres frais, voués à finir à la poubelle ; ou se dotent de véhicules plus polluants que nécessaire ?

Allez, un petit effort, ne tuons pas la planète bleue !

Lundi 6 août 2007

Connaissez-vous Phiip de Lapin.org ?

Julie,Phiip et JiF à Lille.Profitant d'un petit séjour à Roubaix, Julie et moi avons rencontré Phiip, le créateur de la BD Lapin et du portail Lapin.org.

De l'eau a coulé sous les ponts depuis que j'avais interviewé Phiip, aujourd'hui Lapin.org publie une dizaine de webcomics d'humour absurde. Le portail s'est construit une véritable ligne éditoriale, une audience de plusieurs milliers de visiteurs quotidiens. Les éditions Lapin (qui éditent sur papier les webcomics de Lapin.org) ont bouclé une première année d'exercice et poursuivent leur développement.

Aux 3 Brasseurs à Lille, autour de quelques plats typiques du "Chnord", nous avons bien entendu parlé de webcomics et de futurs partenariats entre Lapin.org, Abdel-INN et Webcomics.fr. Il a aussi été question des synergies qui restent à construire pour fédérer les efforts de tous ceux qui soutiennent et défendent la création de webcomics. Le mythe de l'auteur capable de construire son succès seul de A à Z grâce à Internet est encore très présent... Or les quelques success stories ne doivent pas occulter la myriade de compétences et de métiers nécessaires pour permettre à une oeuvre de trouver son public et à un auteur de vivre de son Art - fût-ce sur Internet.

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