Marre de la TV

Expert en BD en ligne, webcomics et contenus narratifs ; formé aux arts plastiques et aux contenus web ; webmaster à temps plein, webdesigner à temps perdu ; passionné de jeux de société et de films en tous genres ; j'ai mieux à faire que de regarder la télévision, et vous ?

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Dimanche 6 juin 2010

Comment le livre numérique pourra-t-il séduire les Français ?.. Et la BD numérique aussi

Les résultats d'une étude IPSOS sur les publics du livre numérique sont parus. Au moment où l'iPad déferle sur nos contrées, les Français ne semblent pas encore prêts à troquer leurs livres contre des liseuses numériques. Pourtant deux pistes se dessinent pour parvenir à les séduire. Quant à la bande dessinée, elle est marginalisée et aura d'autant plus d'efforts à fournir pour exister dans le paysage des loisirs numérique.

64% des Français ne se sentent pas intéressé par le livre numérique... Je passe sur les tartes à la crême habituelles qui caracolent en tête des raisons de ne pas lire sur support numérique : les Français sont attachés à l'objet-livre et pensent qu'il est fatigant de lire sur écran. Ces deux rengaines n'ont selon moi plus beaucoup d'avenir avec la déferlante des tablettes et autres liseuses électroniques. La troisième raison invoquée est bien plus éclairante.

Que ce soit pour le public actuel (5% de la population) ou le public potentiel des livres numériques, ceux qui ne se sentent pas intéressés invoquent en troisième lieu "Le fait de ne pas être réellement propriétaire des livres que l'on achète sur certains sites".

Adoptons l'hypothèse que les nouveaux terminaux peuvent se démocratiser et surmonter les vieilles réticences. Pour convaincre le réfractaires, il faudrait alors :

  • soit vendre des livres numériques sans DRM ;
  • soit assumer le fait que l'on ne vend qu'un accès et privilégier des offres d'abonnement.

Et la bande dessinée ?

L'étude IPSOS nous apprend que :

  • Le juste prix d'un album de bande dessinée transposé au format numérique : 6,70€.
  • La bande dessinée n'atteint que la 9e position du top 3 des genres que les français aimeraient lire en format numérique.

A mon sens, cela bat en brèche toutes les stratégies actuelles de vente de BD numérique au détail. Malgré un prix inférieur au prix attendu, les ventes ne décollent pas. Plus que le livre classique, la bande dessinée numérisée souffre de l'aura du livre-objet et de la perte du confort de lecture. Or les offres actuelles ne permettent pas d'être pleinement propriétaire de son achat, sans pour autant proposer d'abonnement attractif. Pas étonnant que les Français ne nourrissent pas d'attente particulière pour lire des BD sur support numérique.

On pourrait s'en satisfaire, si les loisirs numériques dans leur ensemble ne grignotaient pas petit à petit les parts des autres loisirs. La bande dessinée ne peut pas se permettre de négliger le support numérique. Voilà pourquoi il est primordial :

  • de formuler des offres de BD numérisée sur abonnement à moindre coût, pour conserver (voire élargir) le lectorat des livres ;
  • d'encourager la création d'oeuvres numériques originales qui affranchissent la BD numérique de l'assimilation au livre numérique - manifestement peu prometteuse.

Samedi 13 février 2010

Flattr pour un nouveau modèle de rentabilité de la création artistique

Flattr permettra à chacun de nous de dédier la somme de son choix à la rétribution des artistes. Pas question de redistribuer les sommes sur la base de l'audience des oeuvres comme le fait la SACEM dans le secteur musical. Avec Flattr, nous pourrons identifier les oeuvres que nous avons aimées de la même manière que nous partageons de bonnes adresses sur les réseau sociaux : un simple clic sur un compteur Flattr suffira. Une rétribution qualitative plutôt que quantitative !

Flattr est peut-être la solution de rémunération qui manquait aux auteurs de bande dessinée en ligne. Nos voisins anglosaxons ont développé le marché du webcomics autour du modèle de l'auto-édition, ils seront sans doute les premiers intéressés par cette nouvelle solution de monétisation. Mais les francophones pourraient bien y trouver leur compte, eux qui rechignent à embrasser le modèle publicitaire ou à publier gratuitement durant plusieurs années pour constituer l'audience indispensable à la réussite sur le web.

Quid des éditeurs ? Bien que Flattr s'adresse d'abord aux artistes, rien n'interdit d'envisager que l'éditeur continue de jouer son rôle d'intermédiaire. A lui d'offrir aux auteurs un service convaincant : production, apport technique, promotion, gestion administrative, ... La liste est longue des compétences qu'un auteur peut préférer déléguer. L'éditeur pourrait se saisir d'un outil tel que Flattr, percevoir l'argent et le redistribuer aux auteurs en fonction du contrat qui les lie.

Pour aller plus loin, j'imagine fort bien que des collectifs d'édition en ligne décident de mettre en commun les fruits de leurs publication pour les redistribuer suivant d'autres modalités. Flattr peut permettre de recueillir de l'argent sur une identité éditoriale partagée... Avant de redistribuer cet argent en fonction d'autres critères tels que l'investissement de chacun, le soutien à des projets en démarrage ou même l'audience.

Ce modèle du mécénat devrait également apparaître dans le domaine de l'info en ligne, à l'initiative de Rue89. Kachingle propose un service similaire pour rétribuer les sites web que l'on apprécie.

L'originalité de Flattr, c'est que ce service est lancé par les fondateurs de The Pirate Bay. The Pirate Bay est un célèbre moteur de recherche de fichiers .torrent : des fichiers destinés au téléchargement en P2P et notamment au partage (légal ou non) de films et de musiques. Ses fondateurs ont de la suite dans les idées : après avoir contribué à libérer radicalement la diffusion numérique des oeuvres (quitte à bousculer les lois en place), ils ont décidé de mettre en application la licence globale. Pendant que les gouvernements et leur sordide traité Acta préfèrent servir les industries culturelles que les artistes et leur public, les "pirates" mettent en place une solution pour que les artistes soient rétribués directement par leur public.

Dimanche 22 juillet 2007

La Wii plus forte que la TV

Encore une victoire des nouveaux médias face à la télévision. Cela se passe au Japon, l'adoption de la console Wii de Nintendo y est telle que les Japonais boudent la télévision : à l'heure du prime time seuls 9% de nos amis nippons ont daigné s'asseoir devant leur petit écran la semaine dernière.

(via 2803)