Marre de la TV

Expert en BD en ligne, webcomics et contenus narratifs ; formé aux arts plastiques et aux contenus web ; webmaster à temps plein, webdesigner à temps perdu ; passionné de jeux de société et de films en tous genres ; j'ai mieux à faire que de regarder la télévision, et vous ?

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Jeudi 29 juillet 2010

Partage illégal de BD sur Internet : le témoignage d'un collectionneur

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le petit monde de la BD en ligne est assez éloigné de celui du partage numérique de bandes dessinées imprimées. J'observe avec passion depuis plus de 10 ans la création publiée en ligne par ses auteurs. Depuis tout ce temps je n'avais encore jamais croisé la route de ceux que l'on qualifie vulgairement de "pirates". L'un d'eux a accepté de me parler de son petit monde à lui... Au delà des plateformes qui servent au partage illégal de BD, leurs usagers ont eux aussi beaucoup à nous apprendre, loin des clichés véhiculés par les éditeurs.

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Lundi 19 juillet 2010

Les plateformes de téléchargement illégal ont beaucoup à nous apprendre

Alors que Sébastien Naeco se penche sur le péril de la gratuité numérique, le MOTif publie son tableau de bord sur l'offre (légale et illégale) de livres numériques. Cette étude éclaire la réalité qu'occultent les spectres du piratage et de la gratuité. Ce qui freine le développement du marché du livre numérique, ce sont d'abord les multiples verrous mis en place pour "protéger" les oeuvres. La question n'est pas de savoir s'il faut offrir ou brader les BD numérisées pour ouvrir le marché, mais d'observer et de comprendre les atouts des plateformes illégales afin de proposer des offres concurrentielles.

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Mercredi 7 juillet 2010

Synthèse personnelle des débats de l'université d'été de la bande dessinée

L'université d'été de la bande dessinée, organisée par la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (CIBDI) et le Pôle image Magelis s'est achevée aujourd'hui à Angoulême. Le thème de « trans-média, cross-média, média global, de l'album singulier aux écrans multiples » a été l'occasion de réfléchir autour de l'impact de nos usages numériques sur les différentes disciplines de l'image et du récit.

Si l'on peut regretter des conférences aux allures de catalogues d'expériences (voire de produits), cette photographie des changements en cours fait émerger une problématique centrale : face au changement, chaque discipline doit évoluer pour exister aux côté des autres. Le prisme du cross-média (la convergence de plusieurs médias dans un projet) ou du trans-média (l'interaction de plusieurs médias dans un projet) révèle d'autant mieux ce problème, parce qu'il conduit à envisager chaque média comme un élément indispensable ou accessoire d'une stratégie plus globale.

Les grands groupes se précipitent vers le cross-média et l'oeuvre globale capable d'absorber toutes les autres... Tandis que les auteurs pourraient bien trouver dans le trans-média une nouvelle manière de créer avec légèreté en relation directe avec leur époque et leurs publics.

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Samedi 19 juin 2010

Compte rendu personnel de retour des états généraux de la BD à Lyon

J'étais invité à intervenir aux états généraux de la bande dessinée le 18 juin à Lyon. Un compte rendu officiel sera sans doute publié prochainement. En attendant, voici ce que j'ai retenu des échanges, depuis la tribune des intervenants aux côtés de :

  • Yannick Lejeune, organisateur du Festiblog et éditeur chez Delcourt
  • Grégoire Seguin libraire à Tours et éditeur chez Delcourt
  • Emmanuel de Rengervé, juriste du SNAC
  • Sylvain Ricard, scénariste et membre du comité de pilotage du GABD

Je suis heureux d'avoir pu échanger avec quelques auteurs du public à l'occasion du déjeuner, notamment Jean Dytar (auteur de « Le Sourire des marionnettes ») et Nicolas Bannister, ancien graphonaute de l'Académie Delta (Diablotus).

Rappelons la thématique de cette rencontre : la futurologie. Il s'agissait d'envisager l'avenir de la BD dans 5 ans, lorsque le papier aura définitivement disparu et que les auteurs n'auront plus besoin d'éditeurs... Ou pas ?

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Mercredi 16 juin 2010

Futurologie : la BD doit compter avec les digital natives

L'institut BVA a publié une étude intitulée "comment le digital native voit-il le monde ?". Les "digital natives", ce sont les 18-24 ans d'aujourd'hui et tous ceux qui les suivent : les "nouvelles technologies" ont toujours fait partie de leur vie. C'est un public à considérer avec la plus grande attention pour faire évoluer l'offre culturelle sur support numérique. Dans 5 ans, les digital natives représenteront plus de 30% de la population.

En réponse à mon analyse de l'étude IPSOS sur les publics du livre numérique, Henscher rappelait : le public qui consommera le livre numérique a une dizaine d'années pour le moment. (...) Il y a une génération de mutants qui arrive.. Les Etats Généraux de la BD qui se dérouleront vendredi tourneront justement autour de la futurologie : nous allons tenter de nous faire une image la plus précise possible de ce qui pourrait se passer dans les cinq ans à venir… Dans un tel contexte, la publication de l'étude sur les "individus numériques" tombe à point nommé.

En matière de consommation, l'étude conclut que les 18-24 ans :

  • font passer leur budget numérique avant l'alimentation ou le logement, et y consacrent au moins 100€ par mois ;
  • accordent moins d'importance à la possession et plus au don, la (re)vente d'occasion ou à l'échange, sources de lien social ;
  • comparent systématiquement avant leur achat, pour faire des économies (leur pouvoir d'achat et faible), mais aussi parce que dénicher les "bons plans" est source de reconnaissance sociale.

Les offres actuelles en matière de livres et de BD numérique sont donc aussi déconnectées des attentes des "ditigal natives" que de celles de leurs ainés. On se focalise en vain sur la volonté de donner une valeur à un objet : le discours dominant prétend inculquer aux jeunes l'idée qu'une oeuvre ça n'est pas gratuit. Or, la valeur aux yeux des jeunes a glissé de la possession vers la relation. Pour eux posséder un livre ce n'est pas l'acheter et le ranger dans sa bibliothèque, c'est le découvrir, le lire et le partager. Mais pour pouvoir le faire avec des livres numériques, encore faudrait-il que :

  • des offres d'abonnement permettent l'accès aux catalogues et pas seulement l'achat ou la location au détail ;
  • lors d'un achat, des DRM n'interdisent pas la transmission de l'objet numérique (prêt, don, échange, partage) ;
  • les plateformes de distribution deviennent des espaces de découverte, de recommandation et de partage au lieu d'être des hangars numériques sans âme.

Corry Doctorow ne dit pas autrechose lorsqu'il explique pourquoi il n'achètera pas un iPad :

Prenez par exemple l’application Marvel dédiée à l’iPad (jetez juste un coup d’œil, pas plus). Enfant, j’étais fan de comics, et je le suis resté. Ce qui me plaisait par-dessus tout, c’était de les échanger. Il n’existait pas de medium reposant davantage sur les échanges entre gamins pour constituer son public. Et le marché des bédés d’occasion ! C’était – et c’est encore – tout simplement énorme, et essentiel. Combien de fois ai-je farfouillé dans les caisses de bédés d’occasion dans un immense entrepôt poussiéreux pour retrouver des anciens numéros que j’avais ratés, ou de nouveaux titres pour pas cher (dans ma famille, c’est devenu une sorte de tradition qui se perpétue d’une génération à l’autre – le père de ma mère l’emmenait tous les week-ends avec ses frères et sœurs au Dragon Lady Comics sur Queen Street à Toronto pour troquer leurs vieilles bédés contre des nouvelles).

Qu’ont-ils fait chez Marvel pour « améliorer » leurs bandes dessinées ? Ils vous interdisent de donner, vendre ou louer les vôtres. Bravo l’amélioration. Voilà comment ils ont transformé une expérience de partage exaltante et qui crée du lien, en une activité passive et solitaire, qui isole au lieu de réunir. Bien joué, « Marvsney » (NdT : Contraction de Marvel et Disney, en référence au récent rachat du premier par le second pour 4 milliards de dollars).

Dimanche 6 juin 2010

Comment le livre numérique pourra-t-il séduire les Français ?.. Et la BD numérique aussi

Les résultats d'une étude IPSOS sur les publics du livre numérique sont parus. Au moment où l'iPad déferle sur nos contrées, les Français ne semblent pas encore prêts à troquer leurs livres contre des liseuses numériques. Pourtant deux pistes se dessinent pour parvenir à les séduire. Quant à la bande dessinée, elle est marginalisée et aura d'autant plus d'efforts à fournir pour exister dans le paysage des loisirs numérique.

64% des Français ne se sentent pas intéressé par le livre numérique... Je passe sur les tartes à la crême habituelles qui caracolent en tête des raisons de ne pas lire sur support numérique : les Français sont attachés à l'objet-livre et pensent qu'il est fatigant de lire sur écran. Ces deux rengaines n'ont selon moi plus beaucoup d'avenir avec la déferlante des tablettes et autres liseuses électroniques. La troisième raison invoquée est bien plus éclairante.

Que ce soit pour le public actuel (5% de la population) ou le public potentiel des livres numériques, ceux qui ne se sentent pas intéressés invoquent en troisième lieu "Le fait de ne pas être réellement propriétaire des livres que l'on achète sur certains sites".

Adoptons l'hypothèse que les nouveaux terminaux peuvent se démocratiser et surmonter les vieilles réticences. Pour convaincre le réfractaires, il faudrait alors :

  • soit vendre des livres numériques sans DRM ;
  • soit assumer le fait que l'on ne vend qu'un accès et privilégier des offres d'abonnement.

Et la bande dessinée ?

L'étude IPSOS nous apprend que :

  • Le juste prix d'un album de bande dessinée transposé au format numérique : 6,70€.
  • La bande dessinée n'atteint que la 9e position du top 3 des genres que les français aimeraient lire en format numérique.

A mon sens, cela bat en brèche toutes les stratégies actuelles de vente de BD numérique au détail. Malgré un prix inférieur au prix attendu, les ventes ne décollent pas. Plus que le livre classique, la bande dessinée numérisée souffre de l'aura du livre-objet et de la perte du confort de lecture. Or les offres actuelles ne permettent pas d'être pleinement propriétaire de son achat, sans pour autant proposer d'abonnement attractif. Pas étonnant que les Français ne nourrissent pas d'attente particulière pour lire des BD sur support numérique.

On pourrait s'en satisfaire, si les loisirs numériques dans leur ensemble ne grignotaient pas petit à petit les parts des autres loisirs. La bande dessinée ne peut pas se permettre de négliger le support numérique. Voilà pourquoi il est primordial :

  • de formuler des offres de BD numérisée sur abonnement à moindre coût, pour conserver (voire élargir) le lectorat des livres ;
  • d'encourager la création d'oeuvres numériques originales qui affranchissent la BD numérique de l'assimilation au livre numérique - manifestement peu prometteuse.

Dimanche 9 mai 2010

Devenir auteur de BD numérique : par où commencer ?

Une bulle de BD en forme de nuage.Il y aura toujours des indécrottables pour penser que c'est au numérique de s'adapter au langage de la bande dessinée... Mais pour tous ceux qui savent qu'on ne découvre pas de nouveaux territoires sans s'intéresser aux langues et aux cultures qui y ont cours, je propose un petit challenge :

Raconter une histoire graphique avec pour seuls outils votre navigateur web et une connexion Internet.

C'est un exercice que vous pouvez pratiquer seul ou à plusieurs. Il est accessible à tous : néophytes ou confirmés. Quel que soit votre degré de maîtrise des outils numériques, cette exercice vous apprendra toujours quelque chose. Si vous tentez l'expérience, je suis prêt à vous accompagner. En tous les cas, je m'efforcerai de recenser le résultat de vos expériences, qui pourront peut-être en inspirer d'autres...

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Jeudi 15 avril 2010

manga + vidéo + son + feuilleton + iPhone + web-documentaires = Séoul District

Séoul DistrictAve!comics et Telfrance lancent aujourd'hui Séoul District. Bodoi présentait le projet comme un hybride entre film et BD numérique. Au départ le scénariste Hervé Martin Delpierre comptait simplement réaliser un documentaire sur la réalisation de la BD par son dessinateur Park Hong Jin (à voir ce soir sur Arte). Au final, il a tourné en vidéo certaines scènes de la fiction. Les séquences filmées font partie intégrante de la BD numérique finale. J'ai pu découvrir le premier épisode. Verdict : de bonnes idées, quelques maladresses et finalement rien de vraiment révolutionnaire. A vouloir trop en faire, Séoul district déçoit.

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Lundi 5 avril 2010

Conflit et perspectives pour la BD numérique

L'appel du numérique a dépassé les 1000 signataires. Forts de cette mobilisation, les représentants du groupe des auteurs de bande dessinée" du SNAC (syndicat national des auteurs compositeurs) ont rencontré le PDG de Média Participations. Le compte-rendu de cette rencontre avec Claude de Saint Vincent a été mis en ligne hier. La voie de la concertation entre auteurs et éditeurs de BD est loin d'être acquise. Ce conflit me semble révélateur de plusieurs éléments importants pour l'avenir :

  • le GABD-SNAC a réussi à mobiliser une profession très individualiste, il se positionne comme un interlocuteur incontournable ;
  • la bande dessinée numérique a généré des attentes de plus en plus fortes ces derniers mois, il faudra surmonter des désillusions tout aussi fortes avant de bâtir un marché durable ;
  • Média Participation mise sur une maîtrise de toute la chaine de production numérique, malgré l'existence de sous-traitants potentiels ;

De manière générale, auteurs et éditeurs méconnaissent le support numérique. Les désillusions à venir n'en seront que plus fortes. Les leçons de ces désillusions seront d'autant plus cruciales. Le conflit actuel entre auteurs et éditeurs ne doit pas masquer un enjeu bien plus large : la place de la bande dessinée et de l'image dessinée dans les loisirs numériques.

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Vendredi 19 février 2010

L'email est le premier vecteur de diffusion de contenu mobile

Usages de l'Internet mobile en France en novembre 2009.Ces derniers mois les prestataires d'applications de lecture de BD sur mobile ont poussé comme des champignons. Les chiffres des usages Internet mobiles sont pourtant là pour tempérer les ardeurs. Tous appareils confondus, l'email est le troisième usage mobile derrière le SMS et la photo : cela fait de lui le premier usage d'Internet mobile.

En novembre 2009, 4% des possesseurs de mobile jouaient sur leur téléphone et à peine 29% des possesseurs d'un iPhone. Les jeux ont beau être le type d'application de divertissement le plus prisé de l'appstore, ils attirent moins nettement moins d'usage que la navigation web (83%) ou le mail (78%). La navigation web et le mail sont des usages standards qui ne nécessitent aucun coûteux développement en direction d'une plateforme propriétaire. Hormis l'effet de mode, on se demande quelle mouche a piqué le secteur de la bande dessinée pour miser sa stratégie numérique quasi-exclusivement sur l'appstore.

Un site web un tant soit peu optimisé peut diffuser des planches de BD sans distinction de terminaux. Malgré le "splitering" du web opéré méthodiquement par les fabricants de terminaux mobiles, le web est un standard qui dépasse les clivages imposés par les terminaux. Voilà une excellente raison d'en finir avec l'obsession de l'iPhone. Seul bémol pour la diffusion de BD sur mobile : la navigation web mobile est surtout tournée vers la recherche d'information immédiate. Pour se divertir, on préfère de loin surfer sur un netbook ou n'importe quel terminal doté d'un écran plus vaste.

C'est là qu'interviennent l'email et les réseaux sociaux, parfaitement adaptés au besoin d'immédiateté et de temps réel que l'usager en situation de mobilité. Facebook et la messagerie électronique sont les successeurs naturels de l'antique SMS qu'ils tendent à remplacer chez les possesseur de smartphones pour peu que leurs correspondants soient aussi équipés (ce qui sera bientôt la norme). C'est pourquoi les usages mobiles tendent à réhabiliter l'intérêt des newsletters, dans la mesure où le commun des mortels n'a toujours pas acquis l'usage des flux RSS. Le "push" revient en force sur mobile. Exemple concret : la newslettre Lapin vous sert votre strip quotidien dès sa parution directement dans votre mobile. Ne manque qu'un lien pour encourager la rediffusion sur Facebook, elle-même reliée à un module d'abonnement optimisé pour mobile... Et vous avez une BD numérique virale en phase avec les usages mobiles actuels.

Mercredi 27 janvier 2010

iPad = iPod touch macro, je l'avais prédit :)

Il y a deux ans, alors que tout le monde prédisait l'annonce imminente d'un "iPhone nano" j'envisageais au contraire la sortie d'une tablette tactile :

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris).

Mieux vaut tard que jamais, ce soir Steve Jobs a enfin daigné réaliser ma prédiction. L'iPad n'est ni plus ni moins qu'un grand iPod touch de 10 pouces. Les implications pour la bande dessinée numérique sont majeures :

  • oubliée la lecture de BD dans un format timbre-poste au moyen d'artifices de mise en scène étrangers au récit original ;
  • place à la possibilité de parcourir confortablement du bout du doigt des planches de BD numérisées ;
  • place surtout à une ergonomie nouvelle du surf sur Internet qui favorise le développement d'une véritable offre de BD en ligne de création.

Mercredi 16 décembre 2009

Les terminaux pour lire de la BD importent peu : tout passera par le web

Sébastien Naeco signe un panorama des nouveaux terminaux susceptibles de permettre la lecture de bande dessinée. Force est de constater que cela part dans tous les sens. Faute de standards technologiques, il n'est pas étonnant qu'auteurs et éditeurs se montrent très prudents (d'aucuns diraient timorés). Et pourtant, un standard existe à travers le web en tant que mode de diffusion.

Rappelons que la BD interactive est née sur CD-rom, mais qu'elle s'est empressée de migrer sur le web. Le web qui a donné naissance aux BD en ligne, blogs BD et autres webcomics d'outre-atlantique. Face à cette production, à son histoire et à ses succès, la "BD numérique" (je préfèrerais dire "numérisée") que l'on s'efforce aujourd'hui de nous vendre sur iPhone fait pâle figure en dépits de ses levées de fonds astronomiques. Quand on pense que l'iPhone est l'objet-nomade qui a popularisé le web mobile (33% du trafic web mobile modial, et près de 50% dans les pays occidentaux), on a peine à croire que les acteurs professionnels puisse se tourner vers l'Appstore et sa censure pour diffuser de la bande dessinée. Avant l'iPhone on s'échinait à concevoir des sites pour mobile, aujourd'hui le web tout entier est accessible aux mobiles.

Les terminaux nomades tendent tous vers une connexion à Internet : Wifi, EDGE ou 3G. Certes, les débits sont plus modestes que ceux d'une connexion haut débit domestique. Mais la bande dessinée a l'avantage d'être assez peu gourmande en bande passante par rapport à la vidéo ou la musique. D'ici quelques années la donne aura changé : le très haut débit mobile est synonyme d'une concurrence écrasante de l'image animée et de la musique. J'ai souvent expliqué combien le succès des webcomics anglosaxons avait été favorisé par le marasme économique que traversait le marché traditionnel au moment même où Internet s'est démocratisé aux Etats Unis. Deux autres facteurs doivent être pris en compte : les Américains ont adopté Internet une demi-douzaine d'années plus tôt que les Français, tandis qu'ils ont bénéficié plus tardivement du développement du haut-débit, peu aisé à déployer sur un grand territoire (la France est d'ailleurs toujours en avance). Dans ces conditions, des contenus peu gourmands en bande passante tels que les webcomics ont eu plus de temps pour s'installer dans le paysage avec une rentabilité favorisée par des coûts d'hébergement nettement inférieurs aux autres formes de divertissement en ligne (jeu, musique, vidéo).

Le web mobile fait figure de seconde chance pour la bande dessinée francophone. C'est une chance qu'il ne faudrait pas laisser passer en dilapidant nos efforts et nos moyens dans des solutions timides et éphémères. Baser sa stratégie sur des terminaux dont l'espérance de vie ne dépasse pas quelques années est une terrible erreur. Aujourd'hui, des pages persos vieilles de plus de 10 ans peuvent encore être parcourues par les internautes, quelle application iPhone pourra en dire autant ?

Lundi 21 septembre 2009

La BD numérique vue par Geek magazine

COVER-03.jpgLorsque des médias spécialisés BD m'interrogent sur la bande dessinée numérique, je suis souvent assez atterré par le manque de pertinence des questions soulevées. On reste englué dans les idées préconçues sur le manque de confort de la lecture à l'écran ou encore l'eldorado de la "vraie" édition sur papier ma bonne dame. Lorsqu'un journaliste de ''Geek magazine'' s'y colle, c'est autre chose. Il faut croire qu'avant de s'y connaître en BD, il faut déjà s'y connaître en nouvelles technologies pour bien cerner les problématiques que pose la diffusion électronique de bandes dessinées.

Malheureusement, le papier consacré par Geek Magazine aux e-comics ce bimestre ne bénéficie que de deux pages. C'est heureusement assez pour que David Bianic dresse un portrait pertinent de la situation actuelle. Nous vivons une époque formidable, à la charnière entre l'amateurisme des dernières années, et le professionnalisme dans lequel sont entrés les anglosaxons et les asiatiques avant nous. David Bianic m'a sollicité pour apporter mon modeste éclairage. L'ensemble de ses questions et de mes réponses ne pouvaient être reproduites dans le magazine. Voici rien que pour vous l'interview intégrale de laquelle sont extraites les quelques citations de votre serviteur.

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Mercredi 31 décembre 2008

iPhone macro peut-être pas, mais l'iPod touch macro arrive

Révélation ce matin du côté de Techcrunch : Apple devrait lancer un iPod touch de 7 à 9 pouces à l’automne 2009. Je ne croyais pas si bien dire en prédisant hier soir que les rumeurs autour d’un iPod nano cachaient l’arrivée d’un appareil de plus grande taille (et non de plus petite).

Manque tout de même la connexion 3G à cet appareil, sans laquelle l’Internet mobile est tributaire de la couverture Wifi.

Mardi 30 décembre 2008

le buzz autour de l'iPhone nano cache-t-il un iPhone macro ?

Ces derniers jours, mon lecteur RSS ne désemplit pas de nouveaux messages en provenance de la blogosphère iPhone. Tous relaient cette rumeur persistante : l’annonce imminente de sortie de l’iPhone nano. Comme s’il pouvait y avoir un quelconque intérêt à disposer d’un appareil tactile de cette taille !

Une tablette de taille A5 ou A4 dotée d’une ergonomie aussi efficace que celle de l’iPhone ne manquerait pas, en revanche, d’emporter l’adhésion des foules. Certes les “eReaders” ont une autonomie époustouflante grâce à la technologie de l’encre électronique. Mais ces terminaux pourront difficilement rivaliser avec une tablette couleurs dont le taux de rafraichissement permet (entre autres) de naviguer sur Internet ou de regarder des vidéos, en plus de lire des textes ou des BD (avec plus de 16 niveaux de gris). Exactement le genre d’objet autour duquel Techcrunch lançait le projet il y a quelques mois de cela.

Je peux me tromper, et je ne suis pas dans la confidence des gens du secteur. Mais j’ai du mal à croire un tel buzz autour de cet iPhone nano dont la taille irait à l’encontre du savant équilibre qui a permis de faire entrer l’accès à Internet dans un téléphone au prix d’une innovation ergonomique révolutionnaire. Ergonomie qui trouverait au contraire toute matière à s’exprimer dans un format moins contraint par la nécessité de téléphoner… Je fais donc le pari que cet iPhone nano cache en réalité un iPhone macro.

Mardi 2 septembre 2008

Google communique en BD en ligne

S’il manquait une preuve que la bande dessinée en ligne a le vent en poupe, Google nous la sert sur un plateau. Pour promouvoir et présenter leur navigateur Internet, les petits gars de Mountain View ont fait appel à Scott Mc Cloud. Chrome (c’est le nom de la nouvelle bête noire d’Internet Explorer) est expliqué en long en large et en travers sous la forme d’une BD à lire gratuitement en ligne.

Je ne me suis pas trop attardé sur ce que valait Chrome. L’arrivée d’un nouveau navigateur web - a priori révolutionnaire - est pour moi bien moins intéressante que le mode de communication choisi. Lorsqu’on sait que Google possède Youtube et tous les moyens nécessaires pour diffuser largement un buzz en vidéo, le fait qu’ils aient opté pour la BD est vraiment notoire.

Quelques bémols toutefois sur le mode de publication : il n’est pas possible de retrouver une planche sans cliquer frénétiquement pour y parvenir. L’interface de Google ne permet en effet qu’une navigation en suivante/précédente. Pire, il n’y a qu’une seule adresse et pas une adresse différente pour chaque planche : pas moyen de faire un lien vers une en particulier. Enfin, Scott Mc Cloud a produit une BD manifestement formatée pour le papier, dommage de la part du fervent défenseur de la “toile infinie”.

La prochaine fois on les invitera sur Webcomics.fr pour publier dans un cadre vraiment approprié :p… D’autant que la licence de diffusion est une Creative Commons : lorsqu’il s’agit de diffuser une BD en ligne Google semble donc faire les mêmes choix que nous. Plutôt flatteur !

Mercredi 27 août 2008

Lire des BD papier est mauvais pour les yeux

Je commence à être las de cette idée reçue suivant laquelle “lire des BD en ligne fait mal aux yeux”. Des millions de gens travaillent comme moi à temps plein devant un écran, et y passent même une bonne partie de leurs loisirs sans avoir pour autant les yeux explosés. Alors pourquoi lire des BD sur ce support serait-il plus néfaste ? Et puisqu’il faut comparer écran et support papier, n’oublions pas que tout porte à croire que la lecture favorise la myopie…

Je me suis penché un peu là dessus et je retiens qu’on a d’une part un facteur avéré d’une pathologie occulaire (la lecture de livres), et de l’autre un catalyseur de symptômes non durables (le travail sur écran).

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Dimanche 3 août 2008

Ce blog a basculé sous Dotclear 2

Pour fêter la sortie officielle de Dotclear 2.0 le 1er août, Marre de la télé se modernise et adopte la nouvelle gestion du meilleur moteur de blog de la francophonie. J’ai bricolé un bandeau sur le pouce pour aller avec le template proposé par défaut avec Dotclear… En attendant d’avoir le temps et l’inspiration pour réaliser un nouveau design.

Malgré les vacances, le blog est tombé un peu en sommeil… Les choses devraient reprendre, là aussi, dès que l’inspiration sera revenue.

Lundi 14 avril 2008

JPG livret print pour imprimer facilement ses BD

On me signale un petit logiciel gratuit créé par Vincent Le Garrec : JPG livret print. Ce logiciel ne paie pas de mine, il ne fait qu'une seule chose, mais il la fait bien (et facilement). Il ordonne des images pour les imprimer recto/verso sous forme de livret agrafé. C'est tout bête, mais je suis sûr que beaucoup d'auteurs amateurs ont du s'arracher les cheveux à maquetter leurs fanzines et leurs auto-éditions.

Le soucis que ne résout pas JPG livret print, c'est le fonctionnement de l'imprimante elle-même. Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai toujours un mal fou à savoir sur quelle face et dans quelle sens ma feuille sera imprimée !

... Bon, lorsqu'on publie en ligne sur Webcomics.fr on peut du même coup auto-éditer son bouquin avec une qualité professionnelle avec TheBookEdition. Qui dit mieux ?

Jeudi 3 avril 2008

L'émergence de nouveaux supports de lecture

Voici la suite du travail mené par Flore Tilly autour de la bande dessinée et d'Internet. Après avoir traité de la BD en ligne et de la bande dessinée interactive, et des blogs BD, Flore Tilly clôt son tour d'horizon des manifestations créatives de la bande dessinée sur Internet par l’émergence de nouveaux supports de lecture.

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