Sur Direct8 l’an dernier, le créateur des éditons Soleil – Mourad Boudjellal – expliquait quelle concurrence représentaient le DVD et les séries américaines pour la bande dessinée. Depuis Soleil table sur l’exploitation du support numérique pour conserver les faveurs des jeunes lecteurs. Dernière tentative en date : Lanfeust Odyssey… Navrant.

Non content de perpétuer l’utilisation de la BD en ligne comme un vulgaire outil marketing, Soleil en fait un produit bas de gamme destiné aux lecteurs qui n’ont pas les moyens d’être regardants sur leur vie privée et la pérennité d’un accès prétendu « illimité ». Le tout en se servant des auteurs comme alibi puisqu’ils ont « piloté eux-mêmes » cette « vision de leur album ».

Benjamin Roure de Bodoi explique la formule :

  • échantillon de 12 planches sur le web : gratuit
  • intégralité durant 7 jours : 2,99€
  • intégralité en illimité : 4.99€
  • album papier : 13,50 €
  • BD numérique pour mobile : à venir

Benjamin nous fait part de ses doutes quant à la pertinence de l’adaptation numérique pour une BD de 66 pages, bien que la lecture des 12 premières semble recueillir son adhésion. Ce qu’il ne dit pas, c’est combien l’album est insipide. Heureusement, Wartmag en fait une vraie critique qui vous ôtera toute envie d’investir quoique ce soit dans cette BD. Pour ma part je n’ai pas tenu plus de quelques vignettes. N’a-t-on rien appris depuis l’adaptation numérique calamiteuse du Déclic de Manara ? A l’époque au moins, on produisait aussi des adaptations qui ne se contentaient pas de transformer une BD en dessin animé du pauvre et cherchaient à faire un peu plus qu’utiliser systématiquement tout le catalogue des transitions (ex: Le Tueur).

Ce que Benjamin ne dit pas non plus, c’est que l’échantillon gratuit de Lanfeust Odyssey exige une inscription préalable. Si Bugmenot et yopmail n’existaient pas je me serais arrêté là. Accepteriez-vous de devoir fournir votre adresse email pour avoir le droit de feuiller un album dans votre librairie ? Soleil semble le croire.

Ajoutons enfin que l’achat d’une version numérique intégrale reste suspendu à la pérennité de la solution proposée. Si le site disparaît, la BD aussi. Or les conditions d’utilisations stipulent :

Dans l’hypothèse où, postérieurement à la date de leur suppression du Site, les Conditions générales de vente resteraient accessibles aux utilisateurs via d’autres sites Internet ou par tout moyen, elles ne seraient plus opposables à MC PRODUCTIONS.

Bien, lorsque le site aura disparu, vous n’aurez aucun recours…

Les données à caractère nominatif (à l’exclusion des données bancaires) concernant l’Utilisateur sont utilisables par les services internes de MC PRODUCTIONS. En outre, MC PRODUCTIONS pourra transférer ces données à toute société de son groupe, ce que l’Utilisateur reconnaît et autorise.

Mieux encore : MC PRODUCTIONS s’autorise à partager vos données personnelles avec d’autres sociétés.

l’Utilisateur paie directement l’accès à la totalité des pages de la BD en ligne, dans le but de les lire librement pendant une durée indéterminée. MC PRODUCTIONS s’engage à maintenir l’accès à la BD pendant au moins 3 ans à compter de la date de commande, sous réserve de compatibilité logicielle et matérielle.

Donc « illimité = indéterminé mais pendant 3 ans minimum quand même ».

Sauf opposition expresse de l’Utilisateur, MC PRODUCTIONS pourra le citer dans ses brochures commerciales, promotionnelles, supports numériques, etc.

En plus ils peuvent vous citer nominativement comme bon leur semble.

Voir aussi :