Julien Baudry publie sur son blog Phylacterium une série d’entretiens avec de jeunes docteurs et doctorants dont la thèse traite de bande dessinée. Il vient de publier trois entretiens touchant plus particulièrement à la bande dessinée numérique.

L’occasion d’un rapide making of des trois années que j’ai consacrées à la préparation de la thèse soutenue en septembre dernier.

Quelques extraits…

Une recherche autour de la notion d’innovation narrative

Face au discours ambiant d’encouragement à l’innovation, je me suis demandé s’il y a lieu de parler d’innovation dans le domaine narratif. Si oui, comment de nouvelles formes narratives naissent-elles ? Comment les auteurs les font-ils naître ? Comment sont-elles adoptées par les lecteurs ? Mon but était d’éclairer la notion d’innovation.

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Les conclusions auxquelles je suis arrivé, dans le cas des exemples très précis auquel je me suis attaché, c’est que si une forme narrative est apparue, a perduré, et a eu une influence sur les récits qui ont suivis, ce n’est pas du fait d’une recherche d’innovation de la part de ses auteurs, mais d’une innovation plus spontanée qui provient d’un assemblage original de cadres de références pré-existants. Je suis tenté de dire que pour une bonne part, les innovations narratives (et peut-être même toute innovation) ne peuvent advenir que si les acteurs parviennent à produire du sens en se basant sur des éléments existants dont le réagencement de manière originale par des auteurs, reconnu par des lecteurs, produits quelque chose de nouveau.

Une ambition de médiation entre le monde de la recherche et le monde de la bande dessinée

J’ai cherché à être un passeur : montrer au monde universitaire ce que pouvait apporter ce type d’objet totalement nouveau, la bande dessinée numérique, et souffler au monde de la bande dessinée des références nouvelles au moment où il me paraissait tourner en rond.

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J’ai beaucoup entendu dans les tables rondes des appels de détresse par rapport à la surproduction, à la situation des auteurs qui se paupérisent… J’ai l’impression qu’on est dans une situation transitoire, avec un monde de la bande dessinée dans lequel les forces conservatrices sont très importantes et qui a perdu ce qui a permis son existence, cette capacité à réagir en direct à ce qui se passe autour de lui, au niveau scientifique, sociétal, technologique… Smolderen explique bien que la bande dessinée naît parce qu’elle a la capacité à traduire la vitesse du monde moderne, de la révolution industrielle. Elle devrait trouver la force de s’émanciper de la technologie qui l’a vue naître : le livre…

En lire plus dans l’entretien intégral…

Voir aussi :