Une bulle de BD en forme de nuage.Il y aura toujours des indécrottables pour penser que c’est au numérique de s’adapter au langage de la bande dessinée… Mais pour tous ceux qui savent qu’on ne découvre pas de nouveaux territoires sans s’intéresser aux langues et aux cultures qui y ont cours, je propose un petit challenge :

Raconter une histoire graphique avec pour seuls outils votre navigateur web et une connexion Internet.

C’est un exercice que vous pouvez pratiquer seul ou à plusieurs. Il est accessible à tous : néophytes ou confirmés. Quel que soit votre degré de maîtrise des outils numériques, cette exercice vous apprendra toujours quelque chose. Si vous tentez l’expérience, je suis prêt à vous accompagner. En tous les cas, je m’efforcerai de recenser le résultat de vos expériences, qui pourront peut-être en inspirer d’autres…

Si le nombre de planches de BD publiées sur le web est en explosion (plus de 22 000 rien que sur Webcomics.fr) Il faut bien reconnaître que rares sont les auteurs de BD numérique. Le verrou est connu : les langages du numérique ne sont pas innés. Le challenge que je vous propose est l’occasion d’apprendre ou de perfectionner votre pratique du langage numérique.

Un navigateur web pour seul outil ?

Concrètement, il suffit d’allumer un ordinateur connecté à Internet, d’ouvrir le navigateur web et de vous mettre en quête de sites pour :

  1. trouver, modifier ou créer des images en ligne (dans le respect du droit d’auteur !) ;
  2. publier ces images sur le web de sorte à raconter une histoire.

Si des périphériques sont connectés à votre ordinateur, vous pouvez bien sur les utiliser (tablette graphique, souris, webcam, micro, …) dès lors que vous le faites uniquement à travers le navigateur web. Entendez par là qu’il est exclu de dessiner sur papier ou même dans un logiciel tel que Photoshop.

Si vous disposez d’un smartphone ordiphone, vous pouvez essayer cette variante :

Raconter une histoire graphique sur le web avec pour seul outil un téléphone portable.

Vous pouvez donc utiliser toutes les applications mobiles que vous voulez, à condition de ne jamais recourir à un ordinateur.

Pourquoi un tel exercice ?

Parce qu’avant de réaliser un album de BD, n’importe qui sait qu’il faut crobarder, griffonner, storyboarder… Bref, projeter sur le papier la forme future de l’album. Pourquoi, au moment de créer une BD numérique, les auteurs continuent-ils de se projeter sur le papier, au lieu de le faire sur l’écran ? Pas étonnant que le résultat ressemble la plupart du temps à une suite d’images jetées sur le web comme on y jette ses photos de vacances… Je suis dur : les galeries de photos de vacances reposent souvent sur des moyens narratifs plus originaux que la plupart des bandes dessinée en ligne !

Que les choses soient claires : il n’y a pas d’intégrisme dans mon propos. La BD numérique de demain s’appuiera sans aucun doute sur bien d’autres outils que ceux qu’offre le web… Mais la plupart des auteurs maîtrisent déjà les outils sur lesquels repose la bande dessinée qu’il connaissent. Et la plupart ne maîtriseront jamais les nouveaux outils qui tournent autour de la programmation informatique. Ces auteurs gagneraient beaucoup à se concentrer sur les outils qu’ils ne connaissent pas encore, mais qui sont à leur portée : ceux que le web a à leur offrir.

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